Les pêches de bruno

Un récapitulatif de mes diverses sorties de pêche en rivière ou en mer.

15 juin 2009

La première Fario à la mouche 2009

    « Un petit coup de main ? Merci ! », j'en ai bien besoin, j'ai décidé ce matin d'aller pêcher le matin à la cuillère et l'après-midi à la mouche, double technique signifie double équipement, autant vous dire que les bras de Céline ne sont pas en trop pour m'aider à descendre ces trois étages.

    Le programme de la journée consiste à débuter le matin, sur la Vis à la cuillère puis de monter l'après-midi sur l'Hérault dans sa partie haute afin de sortir le fouet de son hibernation.


    09H00, comme d'habitude ( s'il n'y a pas un intrus...), je débute par le parcours magique. Le lancer en main je m'approche lentement de la rivière, « SCHOUFFFF ! » un premier gobage vient me souhaiter la bienvenue. Une Fario glisse tranquillement sur les galets juste devant mes yeux, je lance ma cuillère blanche à points rouges sur ses talons, demi-tour fulgurant pour voir quel est cet objet qui perturbe son territoire, elle la regarde quelques secondes puis s'éloigne avec un mépris qui me laisse sur ma faim. « SCHOUFFFF ! », deuxième gobage cette fois un peu plus haut, je me dis alors que les centaines de mouches bleues qui me tournaient autour pendant que je m'équipais à la voiture n'étaient pas là par hasard, ni du au fait que j'aurais malencontreusement écrasé ce que vous savez, mais plutôt car le temps est orageux ceux qui les rend très collantes.

    J'observe sur la berge opposée une truite en  train de moucher. Je tente ma chance et pose délicatement ma cuillère quelques centimètres devant elle, la fuite est rapide, « elle n'en voulait pas ! »me pensais-je, mais alors que je la suis encore des yeux, voilà que je ressens une tension dans le fil, je ferre sèchement, une belle truite se débat au bout de mon leurre, la deuxième que je n'avais su repérer gît maintenant dans ma main. C'est une belle Fario de 27cm, il n'est que 09h30, tout semble vouloir alors me sourire.

    Je prospecte le reste du parcours mais assez rapidement car tout ces gobages m'ont mis l'eau à la bouche, je ne pense plus qu'à une chose c'est faire tournoyer ma soie au dessus de ma tête.

    11H00, j'ai déjà fini le parcours, je me dépêche de foncer vers Ganges pour acheter des sandwichs et si possible de l'hydro-spray ( bombe qui permet de faire flotter plus facilement la mouche sèche). Aucun problème pour dénicher à manger au Super U du coin, je file alors vers le détaillant de pêche, le rideau en fer baissé fait fondre mon enthousiasme, le papier collé dessus où il est inscrit « Fermé du 14 au 21 Juin » l'anéanti.

    12H00, installé à l'ombre d'un arbre, bercé par le chant de l'Hérault, je scrute la surface de la rivière à la recherche d'un gobage même furtif. Je suis au-dessus de Valleraugue, je vais pêcher cette portion pour la première fois, ce coin vient de mettre soumis par Tit qui l'a découvert quelques jours plus tôt lors d'une sortie pêche riche de deux belles truites. Au vu des photos qu'il m'a fait parvenir, j'avais décidé de la prospecter à la mouche, les coins pour le fouet étant plus que rares dans ce département.

    12H30, je vaporise le peu de spray qu'il me reste sur la mouche de mai de couleur blanche qui équipe mon fouet, les premiers posés sont très correctes pour quelqu'un qui n' a plus pêché depuis presque un an et qui vient juste de changer de soie. Vu que je n'ai repéré aucun gobage, je décide de pêcher l'eau, sous la cascade qui marque le début du parcours je repère enfin un mouchage, malgré plusieurs passages très précis la belle se fait désirer. Les sedges ont l'air légion par ici, je peux en voir voler par ci par là plusieurs de tailles et couleurs différentes,je décide donc d'en monter un roux. Celui-ci n'a pas plus de succès, je change encore une fois et monte cette fois un sedge noir aux ailes vertes, le spray qui crache sur ma mouche s'éteint tout d'un coup, celui-ci en est couvert mais je ne pourrai plus changer de mouche. Celle-ci non plus n'a pas l'effet escompté, tant pis je laisse cette truite à ses activités et je remonte la rivière en déposant ma mouche dans chaque veine d'eau.

    Je n'ai pas la réussite dont je rêvais, les truites se font discrètes, j'en aperçois quelques unes qui fuit à mon arrivée mais aucune ne monte sur ma mouche. Alors que je pénètre dans l'eau pour la première fois de la journée,« Tiens mes orteils deviennent tout frais !», j'ai soudain un éclair de lucidité, ma cuissarde gauche était, il est vrai, trouée et je n'avais pas trouvé le temps de la réparer... Comme si le droit était soudain pris de jalousie, je le sens lui aussi se rafraichir soudainement, il ne me reste plus qu'à rustiner les deux de retour à la maison. C'est donc les pieds mouillés que je vais pêcher le reste de l'après-midi, je suis en train de pêcher un courant un peu plus profond et lent que les autres, ma mouche progresse de trente à quarante centimètres à chaque lancer, je la regarde flotter dans la veine d'eau et soudain disparaître au milieu d'un léger bouillonnement, la soie et la queue de rat se tendent, la belle est au bout, je la bride assez facilement grâce à sa faible taille. Elle mesure 20cm, c'est la première de l'année à la mouche alors malgré sa taille je suis ravi. Je vais réussir à en faire monter une autre un peu plus haut mais avec moins de réussite.

    14H30, je trouve un chemin pour accéder sur la route, je l'emprunte car ne connaissant pas du tout le coin j'ai peur de m'aventurer trop haut et de devoir faire un trop long parcours avant de pouvoir remonter. En marchant sur la route pour revenir à la voiture je me dis qu'il sera intéressant d'y pêcher de nouveau lors d'un coup du soir.

    Comme il me reste encore du temps avant de rentrer, je décide de redescendre l'Hérault bien plus bas vers St Julien de la Nef où j'ai repéré quelques temps plus tôt un trou très important qui pourrait abriter une très grosse truite qui aurait été emmenée lors d'une crue. Les premiers lancers sont ponctués d'attaques de Cabot plus ou moins gros. Je repère une très grosse pierre immergée dans un lent et très profond courant, je pose la cuillère à sa base et commence à ramener lorsque je ressens une très violente charge sur celle-ci, je ferre sèchement, le combat débute par un départ fulgurant dans le sens du courant, je me concentre pour garder le fil tendu, je ne m'enflamme pas trop car je me dis que ce n'est peut-être qu'un très gros Chevesne très courant par ici, j'arrive à brider le poisson finalement assez rapidement, il se rapproche de moi... un Barbeau de près d'un kilo gît sur les galets entre mes pieds. Je ne ferai plus d'autres prises.


    16H00, il est temps de rentrer, la journée fut agréable avec une belle prise le matin à la cuillère et enfin ma première Fario de l'année à la mouche. Vivement la prochaine sortie ! 

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08 juin 2009

Une pêche sportive !!!

    Comme d'habitude, pour mes parties de pêche, je pars de la maison vers 07h45, ce matin le temps est gris, la météo n'annonce rien de bon mais pas de grosses pluies. Je n'ai pas trouvé les imperméables légers que je réserve pour la pêche, c'est pourquoi je charge le gros imperméable d'hiver dans le coffre au cas où...

    Je retrouve Chris chez lui à l'heure convenu, il ne voulait pas se lever trop tôt car il commence demain les matinées ( levé 03h00 ), nous en plaisantons en nous disant que si Tit nous avait accompagné, il aurait fallu se lever au moins à 04h00. Aujourd'hui nous prenons la route de la Gagnière, rivière que connait bien Chris sur laquelle il pêche souvent seul ou accompagné de son père. Il me l'avait déjà fait pêcher l'année dernière à la même époque ( 20 mai ), les jours qui avaient précédés furent pluvieux c'est pourquoi nous avions trouvé une rivière très haute, le résultat ne fut pas mémorable avec seulement quelques petites au compteur, surtout pour Chris car mon cas fut bien plus piètre encore avec seulement une petite sur la fin du parcours. Étrangement ce ne fut pas le souvenir de cette pêche qui est resté gravé dans ma mémoire, mais plutôt la phénoménale randonnée qui permet d'accéder à la rivière.

    09H30, nous voici arrivés sur la langue de chemin qui sert de parking, la place est déjà prise par un Belge, heureusement ce n'est pas un pêcheur, seulement un habitant du hameau. Garés à ses côtés, nous sortons notre attirail de la voiture, la température est un peu fraîche ( 15°), le temps est gris mais les nuages courent bien haut dans le ciel et ne sont pas très menaçants, je ne crois pas utile de me charger du gros imperméable et décide donc de ne prendre qu'une petite veste de survêtement pour faire face à la fraicheur matinale.

    09H45, nous commençons notre raid-aventure qui nous mènera à la rivière, Chris prend les devants sur une allure canon qui dénote son goût pour les marathons. Je peine a suivre le rythme imposé, au bout de quinze minutes, la veste de survêtement me semble bien en trop tellement je transpire. Le rythme ne faiblit pas, voilà vingt minutes que nous marchons, je commence a être distancé, heureusement le site et la vue son grandioses, j'en profite pour regarder les paysages qui s'offrent à moi et oublier un peu ainsi la fatigue qui me gagne. Nous arrivons enfin au troisième petit ruisseau qui alimente la Gagnière, c'est par là que nous descendons vertigineusement vers la rivière qui coule à environ deux cents mètres plus bas.

    10H15, nous sommes enfin au bord de l'eau, le niveau de la rivière est très bas, l'eau est claire, elle s'écoule d'un débit très lent, la caractéristique topographique provoque une alternance de vasques plus ou moins profondes, entrecoupées de petits courants dont la profondeur n'excède pas les quinze à vingt centimètres.

    Nous pêchons maintenant depuis un quart d'heure à peine lorsque tout à coup le temps devient très sombre, quelques gouttes perforent la surface et soudain, sans avoir le temps de sortir de l'eau, une violente averse s'abat sur nous, nous courrons nous mettre à l'abri sous le premier arbre bien feuillu que nous trouvons. Je suis déjà bien mouillé et la journée ne fait que commencer. Alors que je peste de ne pas avoir pris mon imperméable, Chris me suggère d'enlever la veste de survêtement afin d'avoir quelque chose de sec à me mettre dessus plus tard. La suggestion est bonne , me voilà donc en débardeur sous la pluie, qui s'est maintenant calmée.

    Sur le premier trou, en fin de lancer alors que la cuillère arrive presque à mes pieds une truitelle vient taper dedans mais sans s'accrocher. Je relance aussitôt en tête de vasque là où le courant bouillonne et la profondeur atteint bien les un mètre, premier tour de manivelle, l'attaque est franche et soudaine, la cuillère est stoppée nette dans sa course, je ferre mais il est déjà trop tard, elle s'est décrochée celle-là aussi. Rien à voir avec la première, cette truite était surement belle tant l'arrêt fut brutal.

    Nous pêchons ainsi de façon alterné de vasques en vasques, le temps est bien couvert et la pluie fait souvent des apparitions éclairs.

    12H15, Chris attaque une vasque un peu plus longue et profonde que d'habitude, sa cuillère jaune fait l'unanimité dans ce lieu, sur trois lancers il attrape trois truitelles, incroyable ! Les prises ont l'air d'être alterné au fil des pluies, nous remarquons que pour chaque petites éclaircies, les attaques reprennent.

    Il est temps de manger un morceau, même si le petit encas pris pendant la grosse averse du matin nous à permis de tenir jusque là sans fringale, cette fois-ci l'heure du gros casse-croute a sonner. Nous attaquons par les pizzas que nous avons achetés sur la route chez une boulangère qui s'en souvient surement encore. En effet lorsqu'elle m'annonce le prix, dix euros et cinq centimes ( 2 pizzas, 2 roulés à la viande, 2 croissants, 1 pain au chocolat et une baguette), je lui tends mon billet de vingt euros et dans un élan de générosité lui dis : « ne vous embêtez pas pour les cinq centimes, rendez moi juste dix euros ! ». A peine ma phrase finit, je me rends compte de l'absurdité, les cinq centimes sont pour elle et non pour moi, heureusement la boulangère est agréable et prends tout ceci sur le ton de la plaisanterie, Chris ne donne pas sa part au chien et c'est ainsi que je me fait allumé bien amicalement.

    13H00, nous reprenons la pêche, le temps ne s'est toujours pas amélioré, un léger vent fait même son apparition, j'en profite pour me changer.

    « CHKRAKKK !!! », alors que Chris est en train de pêcher, nous entendons subitement un bruit énorme dans les arbres juste devant nous, l'arbre plie et craque sous le poids de quelque chose de très lourd, j'essaie d'apercevoir rapidement l'intrus mais mis à part une grosse masse sombre je ne distingue rien d'autre. Le calme et le silence sont revenu j'ai beau me plier, m'avancer, je ne vois plus rien... Nous pensons de suite à des sangliers très nombreux dans la région.

    Nous continuons notre pêche et les résultats du matin se répètent, beaucoup de truitelles qui suivent ou tapent dans la cuillère mais rien d'autre. Nous sommes presque arrivé sur la fin du parcours, la dernière vasque intéressante est devant nos yeux, Chris me propose bien gentiment de la pêcher, sûrement un peu déçu du résultat de notre journée, il voudrait que je puisse sortir un poisson maillé avant de terminer. Je m'applique à la peigner du mieux possible, je sens ici encore deux petites attaques, mon lancer sur le courant qui alimente ce trou est victorieux, malheureusement c'est encore une truitelle de 19cm qui repose dans ma main.

    Le chemin pour remonter au hameau est juste devant nous, il est 14h20, nous hésitons à l'emprunter et pêchons deux ou trois vasques de plus avec toujours les mêmes résultats.


    Cette fois nous remontons le chemin, il est très pentu, j'ai déjà les jambes lourdes et ce dernier effort me coupe le souffle. Comme si de rien n'était, Chris monte lui à une vitesse incroyable, il doit même faire des pauses pour m'attendre, je me rends compte ici qu'il est grand temps de reprendre un peu les footings. Cette journée aura un goût mitigé, le temps nous a jouer un vilain tour, heureusement le fait de pêcher à deux nous aura permis de discuter et plaisanter et le caractère très sauvage du coin laisse quand même un très bon souvenir malgré la bredouille....

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02 juin 2009

Le passage du relais ?

    « Pep's irait bien sur la Vis demain, tu y vas toi ? », voilà le sms qui à tout déclenché, reçu le dans la soirée du 01 Juin il promet une agréable sortie pêche pour le lendemain.


    « Dis donc ! Ça sentirait pas un peu l'essence ? », Céline vient de démarrer le scooter et l'essence coule par terre, cela nous est déjà arrivé et le garagiste nous avait dit que ce n'était pas grave qu'il s'agissait juste d'un reflux d'essence lors du démarrage. Céline part donc comme ça jusqu'au travail et moi je prends la route de la Vis.

    08H10 je prends des nouvelles du scooter par téléphone, il ne coule plus et c'est donc avec l'esprit tranquille que j'arrive sur le lieu de rendez-vous où Pep's m'attend dans la voiture. Il est presque 09h00 quand j'aperçois sa voiture, je n'ai pas le temps de me garer car Pep's a déjà démarré,  il s'élance vers la sortie avec un petit salut gestuel qui me fait dire que l'impatience le gagne.

    Il ne nous faut pas plus d'un quart d'heure pour arriver sur le premier parcours, encore au volant de la voiture je râle car j'aperçois une voiture déjà garé sur le terre-plein, immatriculé dans le 31 je me dis qu'il reste une chance pour que ce ne soit qu'un campeur, malheureusement après une inspection rapide de l'intérieure de la voiture le doute n'est plus permis c'est bien un pêcheur qui à pris quartier sur mon lieu de prédilection.

    Nous nous équipons quand même mais c'est sans grande conviction que nous effectuons nos premiers lancers. Ils ne sont d'ailleurs pas du tout fructueux, j'ai beau inspecter la rivière je ne vois pas le moindre poisson dehors. Après 15 minutes de pêche, je décide de remonter la rivière afin de trouver ce pêcheur, savoir où il en est du parcours et savoir à quoi il pêche.

    J'entends tout à coup un bruit de portière, je me précipite vers les voitures et je tombe nez à nez avec le toulousain canne en main. Je l'aborde avec la question fatidique, « alors ça a mordu ? », la réponse ne se fait point attendre et c'est dans un long monologue qu'il me fait part de sa partie de pêche. Je vais, en quelques minutes, tout savoir sur sa pêche ainsi que sur une bonne partie de sa vie... quel tchatcheur ! Il pêche donc au ver et a pris une truite de 25cm, aujourd'hui il est seul car son collègue pêcheur n'a point daigné l'accompagner ce matin à cause de la bredouille effectuée la veille à la cuillère sur ce même parcours. Il est ici en vacances et ne connait pas cette rivière, il a beaucoup de mal à trouver des parcours tant les rives sont bordées de propriétés privées et de pêches gardées. Je l'aiguille donc sur un parcours plus en amont, avec Pep's nous faisons de même et le dépassons en voiture quelques kilomètres plus loin.

    Nous voici au Grenouillet, il est encore très tôt, à peine 10h00 c'est pourquoi je décide de commencer le parcours plus bas que d'habitude. Je me souviens être descendu là une fois et si mes souvenirs sont bons il y avait quelques jolis courants. Le chemin est très propre ce qui souligne un passage régulier de pêcheurs, nous l'empruntons et redescendons la rivière ainsi sur plusieurs mètres, il longe la rivière et nous pouvons observer un mélange de trous et de courants plus ou moins profonds qui semblent intéressants. Arrêtés sur un trou, nous sommes un peu triste de voir que les truites ne sont pas dehors, en effet il n'y a pour l'instant aucune activité et c'est pourquoi nous décidons de continuer à descendre la rivière. Alors que je souligne a Pep's le fait que le chemin commence à devenir très encombré, j'entends un craquement de branches... « té ! vous êtes là vous ! »s'exclame le toulousain qui sort d'on ne sait où. Je n'en crois pas mes yeux, les siens sont interrogateurs, plantés au milieu d'un visage marqué de rides ils semblent se demander quel accueil  va leur être réservés. Accompagné de Pep's je me socialise, c'est pourquoi je reste courtois et préfère emmener le padré plus haut sur le parcours et laisser le bas à cet acolyte plutôt pot de colle. Il a dû nous suivre dès qu'on l'a dépassé afin de connaître notre destination...

    Au niveau du chemin qui remonte à la voiture, nous décidons de nous mettre enfin à pêcher, nous avons laissé suffisamment de parcours à notre poisson pilote pour enfin taquiner la truite tranquillement. Il ne me faut pas plus de 15 minutes pour ferrer mon premier poisson dans un courant lent et profond d'une soixantaine de centimètres. La belle mesure 25cm et je me dis qu'à 11h00 il était bien temps de toucher un poisson. Pep's situé un peu plus haut m'a aperçu et doit être un peu plus motivé après cette capture. Je sens bien que sa motivation réside surtout dans la pêche à la mouche et il attend l'après midi avec impatience. Pendant qu'il tue le temps au lancer tout en admirant cette magnifique rivière, je sors mon deuxième poisson dans un gros trou, au ras d'un bloc rocheux à l'ombre d'un figuier dont les fruits encore verts flottent sur la surface de l'eau. Elle a les mêmes mensurations que la première et rejoint sa congénère dans ma musette.

    Je le rejoins un peu plus haut, nous observons quelques truites postées mais aucune ne mouche pour l'instant. Nous progressons vers l'amont, alors que nous surplombons la rivière à un endroit où les courants jouent à caresser les flancs des blocs rocheux, j'entends une voix qui m'irrite les tympans et qui s'exprime en ces termes « ben il n'y en a pas de grosses dans cette rivière ! ». Le pêcheur rose nous a rattrapé, il commence un long monologue de jérémiades sur l'état de la rivière, la grosseur des truites, les accès impraticables et je vous en passe. Ma Vis semble vouloir lui répondre à sa façon, une truite d'au moins 40cm redescend la rivière et passe sous notre nez comme pour le narguer, dès fois qu'il ne l'ai pas vu je m'empresse de lui indiquer sa trajectoire. Comme ma sociabilité touche à sa fin j'en profite pour lui recommander aussi la sienne à savoir de rebrousser chemin pour récupérer un chemin bien plus bas qui remonte aux voitures. « quoi ? » ah oui j'ai oublié le petit chemin qui est juste au dessus de nous et qui donne accès directement sur la route, sûrement un banal oubli...

    Maintenant débarrassé de cet encombrant pêcheur, nous prenons le temps d'observer la rivière sur ces fins de plats qui nous semblent propices aux premiers gobages. « tu l'as vu ? », excité et heureux de voir enfin un mouchage qui je suis sûr va remettre un peu de baume au cœur à Pep's je lui indique l'endroit exact ainsi que le second puis le troisième etc etc.... Ils les avaient aussi bien vu que moi mais il était déjà dans l'observation et la recherche de la mouche exacte. Nous nous penchons sur le sujet mais malgré les nombreux mouchages nous ne pouvons savoir sur quoi elles montent, nous penchons pour des émergentes tant la surface semble vide de tout éphémère.

    Il est 12h30, je signale à Pep's que nous ferions mieux d'aller manger afin de pouvoir rapidement repartir avec le fouet. Attablé à l'ombre de grands sapins, il doit bien faire 28°, nous reprenons des forces à coups de sandwichs accompagnés d'un délicieux vin rouge.

    Sur les coups de 13h15, nous reprenons le chemin de la rivière, je suis toujours équipé de mon lancer tandis que Pep's a enfin pu sortir sa canne à mouche. Redescendus au tout début du parcours, je laisse ce courant profond, assez lent qui borde l'énorme bloc rocheux planté au milieu de la rivière, au moucheur. J'en profite pour aller découvrir un peu plus bas vu que le chemin continu encore. Je pêche maintenant depuis cinq minutes de très beaux courants profonds d'une quarantaine de centimètres, ce coin est magnifique, je ne suis plus qu'à quelques mètres en aval de Pep's, lors d'un énième lancer, je ressens ce coup de foudre fatal dans le poignet qui unit la truite et le pêcheur pour le meilleur et pour le pire ( le meilleur étant bien sûr réservé au pêcheur tandis que la truite ne peut se contenter que du pire ). Le combat est intéressant car la belle se sert très bien du courant, mon lancer commence à ressembler à un arc et j'aperçois Pep's qui se dit « celle-là elle doit être belle ». Je sors gagnant de ce combat bien déséquilibré, la Fario de 28cm gît sur les galets, il est 13h45 environ je me dis que ma journée est bien réussie et qu'il faudrait une ou deux belles moucheuses au compteur de Pep's pour faire de cette journée une réussite totale.

    Je le rejoins, je lui montre ce joli poisson et me concentre maintenant plus sur d'éventuels mouchages que sur ma pêche. Nous remontons la rivière, Pep's met quelques coups de fouet par ci par là, surtout où la végétation le lui permet, mais sans aucun résultat. Il faut attendre le coin du matin où nous avions repéré plusieurs truites en postes pour enfin voir des gobages. Alors que le padré descend en aval de ceux-ci, perché sur le chemin à l'abri derrière des arbustes j'observe la truite en poste qui gobe régulièrement. Toujours impossible de détecter l'éphémère que prend cette truite, Pep's essaie avec une première mouche, plusieurs passages au-dessus de sa tête plus tard, nous comprenons qu'elle ne veut pas de ce type là. Deuxième essai, le même scénario ce reproduit....troisième essai, le même scénario encore une fois ! Elle commence à nous plaire celle-là ! Pep's décide de monter un sedge roux, mouche qui d'habitude décide même les plus récalcitrantes... Le sedge se pose délicatement quelques centimètres en amont de sa tête, de mon poste de guet je peux presque distinguer le regard de la truite se poser sur le sedge qui descend le courant, elle bouge, monte vers la surface, au moment de la saisir elle nous fait finalement faux bond  et reprend son poste. « Elle est montée et l'a refusée ! », je ne tiens plus en place, voir ce spectacle est vraiment excitant, alors que j'essaie de contrôler mes émotions le scénario se répète encore quatre ou cinq fois. Pep's, toujours aussi calme, pense avoir la mouche adéquate. « Je vais lui mettre une Peute ! » ( dans l'argot du moucheur, une Peute est un éphémère mort qui retombe sur l'eau avec les ailes à plats et qui flotte dans la pellicule d'eau juste sous la surface ). Les deux premiers posés sont trop courts, le troisième est parfait, la mouche se rapproche de la belle, j'aperçois la truite monter rapidement et saisir enfin la Peute. « Schouffff ! », le ferrage vient de faire chanter la soie sur la surface de l'eau, le mou qui s'en suit prouve que celui-ci est raté, la tête entre mes mains je m'exclame « puta... ! Les boules ! » ( oui dans ces moments là, la poésie est rarement de rigueur ), nous l'avions enfin leurré... Elle a regagné sa cache, je suis sûrement tout autant si ce n'est plus déçu que Pep's qui est en train de me rejoindre. Nous essayons de trouver d'autres coins pour le fouet, mais mis à part une toute petite portion sur la fin du parcours, ceux-ci sont absents. Il est 16h45 quand nous faisons demi-tour, alors que nous marchons sur la route en nous refaisant verbalement un peu le fil de la journée, je propose à Pep's d'aller voir si sa truite n'est pas revenue au poste. Il ne faut pas lui dire deux fois, nous voilà postés dans les mêmes conditions que précédemment, la truite est bien là et elle gobe toujours, plusieurs passages ne déclenchent rien mais tout à coup, allez savoir pourquoi, elle se rejette violemment sur la mouche...deuxième raté, c'est ce qui arrive malheureusement souvent quand on sait qu'elle va monter, un ferrage trop tôt et la mouche lui est arrachée de la gueule...cette fois c'est fini la truite reprend sa cache et nous ne la verrons plus.


    Verdict de la journée, un trois à zéro à marquer dans les annales, ce n'était encore jamais arrivé mais avec beaucoup d'humilité je n'en fais cas car le contraire lui ne se compte plus dans les deux décennies antérieures de parties de pêches communes. L'élève a peut être dépassé le maître, il était temps vous me direz. Il ne me reste plus, à mon tour cette fois, qu'à faire passer mes connaissances à ma petite puce ( 17 mois, il faudra encore attendre ) car si j'ai bien essayé avec Céline, qui avait des facilités indéniables pour la mouche, le virus est passé et elle s'est concentrée sur du scrap-booking dont elle détient elle aussi des secrets fabuleux...

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28 mai 2009

Pêche et bronzette !

    « SHHHHIOUUUUU!!!! », le réveil vient de sonner et encore couché dans le lit j'écoute les rafales de vent chanter dans les volets de la chambre. Météo France ne s'était donc pas trompé, les rafales doivent bien atteindre de bon matin les 75 km/h, heureusement qu'ils prévoient aussi très peu de vent pas plus de 30 km/h pour le Vigan.

    Comme d'habitude je prends la route de la Vis sur les coups de 08h00, tout au long du chemin j'inspecte les arbres à la recherche d'une accalmie, au niveau de Sauve le vent est déjà moins puissant et il ne fait que faiblir tout au long de la route pour n'être que brise arrivé au bord de l'eau.

 

    Une voiture est stationnée sur le remblais qui sert de parking, après inspection je m'aperçois qu'une tente a été monté sous les arbres non loin du bord de la rivière et que ce n'est qu'un couple de campeur. Je préféré ça, car lors de ma dernière sortie la semaine passée (que je n'ai point conté tant la bredouille et la pauvreté en évènements fût extraordinaire), je n'ai pêché que des parcours qui venait d'être parcourus par d'autres pêcheurs ( pont de l'ascension oblige...). A cette heure là ils n'ont sûrement pas encore fait trop de bruit et mon coin magique doit être encore dans de bonnes dispositions.

    Je m'approche du bord de l'eau et comme pour me réconforter dans mon idée, une belle Fario mouche en plein milieu du léger courant qui s'offre à moi. Malgré plusieurs tentatives ce ne sera pas la première prise de la journée. Je décide de dépasser la tente pour pêcher un peu plus haut, seule madame est réveillée et effectue sa petite toilette matinale en « top-less », c'est vrai que la température est déjà plus que douce et mon débardeur est bien suffisant, gêné par la situation je décide de faire du bruit tout en continuant à avancer, surprise elle enfile un tee-shirt avec hâte et me salut la tête basse.

    Après cet intermède cocasse, je reprends la pêche avec application et fait glisser ma cuillère dans toutes les veines d'eau. Une truitelle vient me souhaiter la bienvenue, elle mesure 18cm à peine et avec douceur je lui permet de regagner son territoire de jeux. Quelques mètres plus haut, sur le gros trou, quelques branches surplombent la rivière, à l'ombre de ce figuier je me dis que c'est un beau poste pour un poisson. Je ne me poserai pas longtemps la question car au premier lancer la cuillère est attaquée brutalement, je sens une belle résistance et comme il n'y a pas de courant à cet endroit c'est qu'elle doit être belle. En effet, elle mesure 27cm et me permet déjà à 10h00 d'éviter la bredouille.

    Le courant suivant est magnifique, par contre il est toujours très difficile de s'en approcher tant l'encombrement des lieux par des gravats sur le sol fait que votre présence est vite détectée. Pour une fois j'arrive à m'approcher sans aucun bruit, le souffle court ( oui la pression est à son comble...), je propulse la cuillère en amont sur la rive opposée, là où de gros cailloux immergés procurent aux truites des caches magnifiques, ma Mepp's blanche à points rouges virevolte entre ceux-ci et soudain... c'est l'attaque! Elle se débat, tourne et retourne sur ma cuillère puis plus rien...elle s'est décrochée, je râle car c'était encore un beau poisson.

    Me voilà sous la chute qui marque la fin du parcours, ici deux truitelles viendront se prendre à mon leurre mais elles n'ont pas encore la majorité pour m'accompagner.

    Je retourne à la voiture, aujourd'hui je suis seul car les solides sont au boulot ( ça ne leur fait pas de mal ) et je n'ai pas proposé au padré de m'accompagner car j'avais dans l'idée de remonter sur un parcours, que je n'ai pas refait depuis l'ouverture, et dont les caractéristiques sont  plus que physiques. Me voilà d'ailleurs rendu, je me gare sur le bas coté en cherchant à mettre la voiture à l'ombre tant la chaleur à 11h00 est déjà exceptionnelle.

    Je descends au bord de l'eau, et quand je dis je descends croyez-moi c'est physique. Me voilà sur le petit pont submersible qui marque le début du parcours. J'aperçois comme tout à l'heure une belle Fario en train de moucher ( je sais c'est l'époque rien d'anormal ), elle détourne son attention de ma cuillère et je pense tout à coup à ma « sauterelle- rapala » qui traine au fond d'une boite. Je ne l'ai encore jamais essayé et je pense que son heure est venue. Premier lancer, elle flotte à la surface s'approche de la truite et...refus magistral... tant pis je retente ainsi ma chance plusieurs fois et c'est le même scénario qui se répète, lassée et sûrement un peu effrayée par ce flot ininterrompu de sauterelles un peu spéciales, elle finit par regagner sa cache.

    Quelques mètres plus haut, la même configuration que lors de ma première prise s'offre à moi, je pose ma cuillère juste sous les branchages et comme tout à l'heure l'attaque est brutale et spontanée, elle tente de gagner le courant mais je la bride pour la laisser sur la bordure, épuisée elle se laisse ramener tranquillement jusqu'à ma main. Celle-ci mesure 30cm et je me dis « qu'elle chance d'avoir une si belle rivière ».

    Me voilà sur les gros bouillons juste au-dessus, perché sur un rocher je me pose la question de savoir pourquoi je n'ai jamais réussi à sortir un poisson de ce coin magnifique. Je ne me la poserai plus jamais car sur le premier lancer, alors que la cuillère, emportée par la force du courant, effectue un demi cercle presque à la surface, une sauvageonne s'en saisit et effectue une chandelle d'anthologie pour retomber dans le courant d'en dessous. J'arrive tant bien que mal à la faire parvenir jusqu'à mon rocher et c'est une Fario de 25cm qui repose dans ma main.

    Je continue mon excursion, sur les lents plats en amont j'observe de nombreuses truites moucher mais je ne râle point tant les postes sont encombrés, même si j'avais pris mon fouet il me serait impossible de les pêcher. J'essaie quand même de les leurrer à la cuillère mais dès que celle-ci perfore la surface, elles foncent se cacher...

    Les postes ont été bouleversés par les crues de l'hiver et j'ai du mal à en reconnaître certains, le chemin aussi à été bouleversé et je dois me plier, ramper, m'égratigner et manger quelques tonnes de toiles d'araignées pour parvenir à y progresser.

    En fin de parcours j'arrive sur un virage que j'affectionne tout particulièrement car même si je n'y ai jamais fait de pêche exceptionnelle, je peux à chaque fois en observer de belles se nourrir dans le courant.

    Ici aussi le poste à été bouleversé et le courant et très puissant, j'ai beaucoup de mal à traverser et coincé au milieu j'aperçois une très belle truite se tenir à quelques mètres à peine en amont. Je décide de la tenter depuis ma position très inconfortable, la cuillère se pose à 50cm en amont de la truite, elle virevolte, frétille de toute sa palette et lorsque la cuillère la dépasse, elle effectue un demi-tour fulgurant pour s'en saisir. Le combat prend mauvaise tournure quand il lui prend l'envie de redescendre la rivière et d'emprunter les bouillons qui s'ensuivent, le frein du moulinet n'est pas bien réglé ( la faute à une casse précédente ) et la truite ne peux pas prendre du fil comme elle aurait dû, la voilà maintenant qui fait du surf sur les vagues le fil tendu dans le courant, je suis en train de me dire que même un débutant aurait mieux fait, je décide alors de la ramener de force sur la minuscule langue de plage qui sépare les deux forts courant. Le demi-tour et très hasardeux, les bottes glissent sur les cailloux poussées par le courant et commencent à se remplir d'eau, le temps m'est compté c'est pourquoi je me lance comme un forcené jusque sur cette langue et pose la truite en force dessus, elle est encore en pleine forme et fait des sauts vertigineux pour regagner la rivière, je me jette dessus en essayant de la bloquer entre mes jambes, malheureusement il est trop tard lorsque je tombe lourdement sur le sol, la belle s'est déjà décroché et j'ai beau regarder hagard entre mes cuissardes il ne reste que du sable et une pauvre cuillère. Pauvre cuillère bien triste qui doit regretter d'avoir si bien travailler pour un si triste résultat, un peu comme un chien qui trouve le gibier, le tient à l'arrêt et dont le chasseur claque deux coups de fusil dans le ciel...

    Ce poisson été magnifique il devait bien mesurer 35cm au moins, en d'autres occasions j'aurai sûrement juré tant que je pouvais mais les trois beaux poissons qui ont précédés me font dire que ma journée est déjà bien remplie et que mon prélèvement est bien suffisant.

    14H30, la faim me tiraille et je prend le chemin du Grenouillet pour manger un bout à l'ombre de ce soleil de plomb.

     15H30 l'estomac bien rempli j'ai beaucoup de mal a reprendre la pêche, je vais essayer quand même quelques coups mais arrivé sur cette plagette qui invite à la bronzette, je pose cuissardes, canne et débardeur pour profiter des caresses du soleil sur ma peau.

 

Voilà il est temps de rentrer, deux autres truitelles seront remisent à l'eau pendant ce parcours effectué comme un touriste.

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14 mai 2009

Qu'elle belle aventure !

    En ce matin du Jeudi 14 mai 2009, deux questions me trottent dans la tête. La première est
« Est-ce que le scooter va démarrer ?» et la seconde «La grosse sera-t-elle au rendez-vous ?».

    Lundi 11 mai notre sortie sur la Vis avec le padré a été court-circuité par une panne de batterie, c'est donc aujourd'hui que nous allons taquiner la truite ensemble, événement qui n'est plus arrivé depuis bien longtemps.

    «VROOM !!» voilà déjà une question qui ne se pose plus, Céline équipée de son casque , suçotant son bonbon à la menthe matinal, vient de démarrer le scooter. Cette fois c'est parti, il est 07h45 et à bord de la voiture, au moment de quitter la maison, plus qu'une seule question ne m'occupe l'esprit...

 

    Le rendez-vous était fixé à 09h00 sur le parking du Super U de Ganges, il n'est que 08h35 lorsque je gare la voiture sur celui-ci. C'est étonnant de voir comment j'arrive a être si en avance à la pêche et à la bourre pour le reste... Pep's ne tarde pas et si tôt le bonjour de passé, nous voilà sur la route de la Vis.

    Il est à peine 09h00 quand nous nous équipons aux abords du coin magique, cuissardes enfilées, ceinture de pêche accrochée à la taille, musette et panier sur l'épaule, nous attrapons nos lancers et nous élançons vers une belle aventure.

    Je laisse à Pep's la primeur du coup, c'est bien la moindre des choses surtout sachant les rendements de ce coin, je me verrai mal sortir une belle devant son nez alors que cette sortie lui est dédiée.

    Les débuts sont un peu compliqués, le poignet semble bien crispé et cette blessure au doigt n'arrange rien mais c'est aussi la faute à un matériel pas très adapté et de longues années de disette à la cuillère.

    «SWIIT, SPLOUF !!» quelle chandelle ! «Tu l'a vu celle-là ?». Oh oui il l'a vu car sa cuillère est déjà en train de passer en plein où la belle vient de nous saluer, deux ou trois passages n'y feront rien, la belle n'est pas décidée à mordre et Pep's la bien compris il continue donc a peigner le coin. Sans résultat, il me laisse la place pour voir si je peux accéder à des postes qu'il n'arrive pas a atteindre. Après quelques lancers, en tombant sur la rive opposée, juste devant une belle pierre blanche immergée, alors que l'on suit des yeux la trajectoire de la cuillère, nous apercevons une très grosse truite suivre ma cuillère à quelques centimètres derrière sur plus de la moitié de la rivière. Malheureusement, à part une toute petite tape sur la cuillère, elle ne l'attaquera pas. J'essaie quelques lancers de plus sur la même trajectoire mais la belle ne daigne pas remontrer le bout de son nez, seule une petite de 18cm à peu près vient se prendre à mon leurre.

    Nous continuons à pêcher chaque coins avec application, alors que je passe devant Pep's pour tenter le poste du dessus, une mère Colvert et ses six petits fuient à mon arrivée, elle leur fait traverser la rivière et longeant la berge opposée,  les amène dans un coin plus sûr à l'abri de ces deux dangereux bipèdes.

    11H00, nous arrivons au niveau de la petite chute qui marque la fin du parcours, Pep's change une nouvelle fois de cuillère, pas du fait d'une casse, qui semble impossible tant les décrochages incroyables ont déjà accompagnés son parcours, mais du fait d'un manque de confiance dans la couleur, la forme ou le poids de son leurre.

    «HOULA ! Celle-la elle est belle!», je viens de piquer une truite dans un contre courant sur le bord, contre courant trompeur car une fois la truite sortie de l'eau je m'aperçois en fait qu'elle atteint à peine les 20cm. Je lance une nouvelle fois juste entre les deux courants, une belle décharge se fait ressentir dans mon poignet, je n'ose plus dire qu'elle est belle mais il me semble quand même que celle-ci est maillée. Elle mesure 25Cm et sa robe est d'un jaune d'or. Me voilà ravi et je me dis qu'il ne faudrait pas plus qu'une truite pour Pep's pour que cette sortie soit réussie.

    Nous revenons vers la voiture et sur le chemin nous décidons avant de repartir de tenter une nouvelle fois la très grosse du départ. Malgré toute mon application sur plusieurs lancers, la belle ne semble plus être là.

    Nous voici sur  le deuxième parcours, je décide de l'amputer de la première partie qui me semble bien trop pénible physiquement pour ses vieilles jambes. Le temps assez clair jusqu'ici commence a s'assombrir, on ressent comme une torpeur de dame nature et cela nous semble vraiment de mauvaise augure. Au vu de l'activité des truites, nous prenons le temps de discuter de précédentes aventures et j'en profite pour lui montrer les coins où j'ai découvert quelques morilles. Nous finissons cette portion sans aucune touche, le temps semble vraiment se désagrégeait au fil des minutes et nous décidons de remonter sur le dernier parcours où quelques tables installées sous de grands sapins nous accueillerons pour manger.

    Il est 12h45, le jambon, le pâté, les œufs, les salades, le pain et le vin ( il y a aussi de l'eau ! Si si promis) sont disposés sur la table et nous nous jetons dessus comme si nous n'avions pas mangé depuis des jours. BROOOMM !, le tonnerre gronde, il semble faire nuit tant le temps c'est couvert subitement et les premières gouttes font leur apparition. Les gouttes de la taille d'une bille qui s'abattent sur notre tête nous font comprendre qu'il est grand temps de tout rentrer dans la voiture pour y finir de manger au sec. Nous avons juste le temps de fermer les portières qu'un violent orage se déchaine.

    Il est 13h30, l'estomac bien rempli je guette par la fenêtre les éclaircies qui s'approchent, il pleut encore mais l'orage est passé, je propose de reprendre la pêche mais Pep's me dit « t'es fou, il pleut encore trop fort !». Je pense en fait que cette pluie n'est pas là pour lui déplaire et qu'il pourrait en elle y trouver une excuse pour plonger tranquillement dans une sieste réparatrice. Oui mais voilà nous ne sommes qu'à quelques mètres du monstre et je ne lui laisse pas la chance de fermer une paupière.

    Les imperméables sur les épaules, nous reprenons la pêche, il pleut toujours mais nous sommes ici bien abrités par de grands sapins magnifiques. Nous ne faisons rien jusqu'au poste fatidique, Pep's y est arrivé en premier sans le savoir et heureusement il ne s'est pas encore trop avancé. «C'est ici !», avant de m'avancer pour voir si elle est en place, je décide d'effectuer un lancer sur la gauche de l'arbre immergé, dans le cas où elle aurait changer de poste... ce serait bête de la faire fuir sans aucun essai. C'est une truitelle qui se saisit de ma cuillère arrivée au niveau de mes pieds.

    Cette fois-ci je n'y tient plus! Le cœur battant, les mains tremblantes, je m'avance lentement vers son poste...«Elle y est !», décrivant l'endroit exact où elle se trouve, je me recule et lui laisse la place pour aller la voir. «Elle est belle effectivement !», nous prenons le temps de la regarder vivre et nous notons qu'elle se nourrit entre deux eaux. Décision est prise de la pêcher à la longue canne avec une mouche noyée. Je garde les lancers et surtout le poste, pendant que Pep's retourne à sa voiture chercher sa canne au toc à fil intérieur et une boite à mouche. Le voilà de retour, reculés sur le petit chemin qui surplombe le poste et abrités derrières les arbustes nous montons la canne. Après réflexions,  nous décidons de mettre une noyée de couleur marron claire et montée sur un hameçon de 16 ou 18, deux petits plombs à une trentaine de centimètres au dessus viennent finir la monture.

    C'est Pep's qui  s'avance, je lui avais réservé celle-là,  tout doucement il dépose la noyée un peu en amont de la truite... un passage, deux passages, trois passages rien le monstre ne bronche pas. Pas la peine d'essayer plus et de risquer de l'effrayer, elle ne veut pas de cette mouche. Nous étudions une nouvelle fois la boite et cette fois-ci nous succombons sur une nymphe plombée marron à tête d'or. Je me charge de faire les nœuds car les yeux du padré ne voient plus aussi bien qu'avant (qu'elle pression ! imaginez que le nœud lâche pendant la bagarre ).

 Pep's se positionne à nouveau et tente de faire passer la nymphe devant la truite, le temps sombre et quelques dixième en moins font qu'il lui est très difficile de suivre sa course. «Aie !», Pep's vient d'accrocher une branchette qui pendouille au dessus du poste, avec délicatesse et sans aucunes brusqueries il réussit à décrocher. Elle n'a pas bougé, d'un geste sûr il dépose à nouveau la nymphe mais cette fois-ci quelques centimètres plus en amont, derrière lui je filme ce grand moment, le monstre effectue un brusque déplacement sur la droite et alors que je pense «elle est en train de fuir», j'entends «Je l'ai !!». Le premier scion de la canne est pliée en deux, «l'épuisette dans mon panier !», j'en laisse tomber la caméra aux pieds, dans les buissons, l'épuisette en main je fais une Chabal par la droite de Pep's, rien ne me résiste, les branches et les arbustes plient et craquent sous mon passage, j'arrive à glisser l'épuisette dans l'eau et le padré la fait descendre à l'intérieure. «Oh put.. qu'elle est belle !», je n'en reviens pas, on l'a eu. Je filme Pep's pour avoir ses impressions à chaud, il ose me faire le blasé alors que je vois bien qu'il jubile à l'intérieur. Elle mesure 43cm et pèse 749g, sa robe est en fait d'un noir et argent magnifique. Les sms sont envoyés pour faire part à tout le monde de notre réussite. J'en reçois à mon tour de félicitations et Tit sature mon portable de sms et d'appels (on en rigole tant on le devine faire des va et vient et bouillir d'impatience de connaître les moindres détails).

    Nous poursuivons le parcours avec plein de bonheur dans les yeux et pour mon cas quelques   grammes en plus dans la musette car c'est moi qui est hérité du monstre (ça pèse dur). Pep's fera sur cette fin de parcours très intéressante sa première truite au lancer et moi encore une petite qui aurai pu servir de vif au monstre tant ses mensurations sont ridicules.

 

    Nous voilà aux voitures, une pomme et un panach' bien frais essaient de nous remettre de nos émotions, nous discutons encore un peu de cette agréable journée avant de prendre le chemin du retour.

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11 mai 2009

Partie remise !

    Ce 11.05.09 aurait du être la date de la première sortie truite avec le "padré". Depuis vendredi nous nous étions entendus pour enfin trouver un jour où nous pourrions taquiner la truite ensemble, ce qui n'est pas arrivé depuis bien longtemps.
    Oui mais voilà, ce matin alors que la voiture est chargée de tout l'attirail et même du casse-croûte, alors qu'il ne me reste qu'a faire un gros bisous à Céline et lui souhaiter une agréable journée, Voilà que le scooter ne veut pas démarrer... batterie à plat, seule solution l'emmener au travail et revenir la chercher et bien sûr pousser le scooter jusqu'au garage ( j'en ai sué croyez-moi, il est sacrément lourd ce scooter ! ). Bref vous l'aurez compris, la sortie est annulée et repoussée à une date ultérieure (qui pourrait bien être jeudi si les conditions sont rassemblées).
    En espérant que le temps sera clément avec nous...

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04 mai 2009

Le monstre de la Vis !

     Ah les vacances... c'est bon ! Après trois jours passés dans le Lot, me voilà de retour dans le Gard et mon dernier jour de repos va être consacré, vous vous en doutez bien, à la pêche à la truite.
   
    Je voulais essayer de pêcher la cèze sur un parcours que m'avait montré Chris mais de peur de ne pas retrouver la route, je décidais de retourner sur la Vis dont la route elle, n'a plus aucun secret pour moi.
    Il est 08h quand je quitte la maison, cette fois-ci je charge les cuissardes en premier pour être sûr de ne pas renouveler la mauvaise aventure de ma dernière sortie... Me voilà arrivé au coin magique, je ne sais pas comment je vais trouver la rivière car les fortes pluies des jours précédents avaient fait monter la Vis à un niveau "impêchable" selon les dires de Tit, qui était venu ici se casser les dents, quelques jours plus tôt.
    Ouf ! si le niveau est encore élevé, l'eau est claire et la rivière donc tout à fait praticable. Il n'est que 09h30 mais la température est très douce et le ciel bien dégagé, le vent du nord souffle très légèrement mais pas assez pour être nuisible. « Oh il neige ! » non pas des flocons bien sûr, car si vous voyez de la neige tomber au mois de Mai dans le Gard, c'est qu'il vous faut consulter. Les "bourres" de peupliers, c'est petites peluches blanches de deux ou trois centimètres, tombent sur l'eau comme lors de giboulées. C'est toujours très embêtant car elles se collent au fil ou au leurre voir les deux et signalent la présence d'un intrus au truite qui n'ont vraiment pas besoin de ça pour aiguiser un peu plus leur méfiance. Une approche discrète est obligatoire, l'eau cristalline et le soleil qui me frappe en plein dos ne permettent aucun relâchement.
    Deux, trois lancers et le premier raté de la journée. Un petit "toc" dans le poignet c'est le bonjour de la première Fario, elle ne risque pas de faire "hurler" le moulinet. Mise au sec j'admire sa robe et prends ses mensurations, elle ne dépasse pas les 18cm et c'est avec douceur qu'elle rejoint ses congénères. L'eau est vraiment très haute et ne facilite vraiment pas la pêche, beaucoup de "coups" sont cassés par ce niveau élevé. Je continue à prospecter sérieusement jusqu'à la fin du parcours, du moins ce que je pensais être la fin car après une bonne observation de la végétation qui borde la rivière, je devine un chemin entre les buis. Il me mène en fait vingt à trente mètres plus haut et se termine sur une petite cascade qui sera magnifique lorsque la Vis aura retrouvé sa "ligne". Une autre petite de 18cm, prise sous cette chute, termine le parcours. C'est donc la première fois que je n'attrape pas de truite maillée dans mon coin magique.
    Il est 11h00 et je me dirige sur Gornies pour pêcher le deuxième parcours. Le temps est en train de changer, les nuages commencent à gagner du terrain sur le ciel bleu et bientôt je ne verrai plus que des nuances de gris et de noir au dessus de ma tête, je sentirai même quelques fines gouttes me titiller le visage. Je me dis que ce brusque changement de temps avec une chute de pression atmosphérique n'annonce rien de bon.
    Effectivement si mis à part une truitelle de mêmes mensurations que les deux premières et deux ratés sont venus émailler la monotonie du parcours, c'est avec désabusement que je reviens vers la voiture pour manger un morceau.
    C'est un peu mentir que de dire ça, car si la pêche a été plus que monotone,la surprise de tomber nez à nez avec une dizaine de belles morilles jaunes a agréablement accompagnée ma sortie.
    Arrivé sur le parking du dernier coin, j'avale rapidement mes sandwichs avec la sensation que la journée va s'améliorer car ici la nature semble m'accueillir à bras ouverts.
    Au bord de l'eau, je prends cinq minutes pour changer de cuillère et observer la rivière. Tout semble assez calme, pas d'activité en surface mais je peux observer deux truites chercher leur nourriture sur le fond. Le soleil commence à ressortir timidement et la température remonte au rythme de ses apparitions. Les grands plats me semblent propices à la prise d'une belle truite.

    En tête d'un, la montée des eaux a créé un double courant, léchant un rocher creux par la droite et la gauche, créant ainsi un remous entre les deux veines. Grâce à un délicat "lancer sous la canne" ma cuillère tombe juste derrière le rocher en plein cœur du remous, je n'ai pas le temps de faire plus d'un tour de manivelle qu'une magnifique Fario s'en saisit, la bataille est rude mais le coin bien dégagé ne lui offre aucune chance de m'échapper. Allongée sur le sable je prends le temps de la photographier et de la mesurer. Elle frôle les 33cm ( après autopsie à la maison je m'aperçois que son estomac est rempli de 3 vairons) et c'est avec satisfaction qu'elle rejoint les morilles dans ma musette.

    Je connais un coin,plus haut, qui pourrait abriter une très grosse, je mis rends donc rapidement. Caché derrière les branches je scrute l'eau. « Oh petiou ! » elle doit bien mesurer 50cm, son dos semble bleu et le ventre orangé, je n'ai jamais vu ça de toute ma carrière de pêcheur, la tête orientée vers la surface elle observe tout ce qui passe. Je décide de tenter ma chance avec la cuillère mais l'endroit est très encombré, des branches et un tronc d'arbre immergés empêchent toute longue récupération.

    Petit lancer discret en balancier, « un, deux, trois ! », « Tchok » en plein dans la branche qui barre le courant perpendiculairement. « Alors là, bravo ! Champion du monde  ! ». Je ne prends pas le risque de tirer de peur de la faire fuir et coupe le nylon entre mes dents. La cuillère se décroche et tombe en papillonnant au fond de l'eau,la vision de cet intrus lui fait prendre le chemin de sa cache. Le problème est que j'ai beau fouiller dans toutes mes boites je n'ai pas de cuillère adaptée. Je choisis le vairon factice car il me permettra dans le cas où elle ne ressorte pas de dandiner devant sa cache. Le nœud n'est pas encore fini que le monstre à déjà repris son poste de chasse. Avec la plus grande discrétion, je ne me trouve qu'à un mètre d'elle (ce qui m'a permis de la filmer un peu), je tente un lancer « sous la main », le vairon tombe juste sur sa droite, elle en prend la direction puis fait un demi tour fulgurant pour rejoindre son antre. Je vais continuer à dandiner pendant une dizaine de minutes mais sans aucun effet. Je fini le parcours avec le vairon mais sans résultat. Il est temps de faire une photo pour immortaliser la sortie. Je prends ensuite le chemin du retour en pensant à ce monstre qui pourrait bien hanter mes nuits pendant quelques temps.

 

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21 avril 2009

Le désert du Luech !

    En ce mardi 21 Avril, jour de repos, la pêche me tendait les bras. Je voulais changer un peu de décors et c'est pourquoi aujourd'hui, à défaut de monter sur Ganges voir et admirer ma chère et tendre Vis, je décide de prendre le chemin de Chamborigaud pour redécouvrir le Luech.
    Après trois jours de belles pluies, ce matin, le soleil est resplendissant,le ciel d'un bleu azur et seule ombre au tableau, un léger vent du nord se fait déjà ressentir. Il n'est que 07h30 et Eole n'est qu'à demi réveillé ce qui me fait craindre une journée très ventée.
    "Qu'elle heure tu dis ?!" me hurle Céline délicatement dans l'oreille. Hou là on est en retard pour amener la "puce" chez la nounou.
    07h50, je cours dans les escaliers essayant de suivre le train d'enfer emmené par Céline, la musette sur l'épaule, le manteau à demi enfilé, la canne le casse-croûte et la ceinture à leurres tous emmêlés, dans les bras.
    Un dernier bisous, je viens de tout déposer dans la voiture comme j'ai pu et me voilà enfin sur la route.
    08h20, un frisson me traverse, je viens de me rendre compte que dans la précipitation que j'ai laissé les cuissardes au garage. Trop tôt dans la saison pour pêcher les jambes du pantalon retroussées et trop tard pour faire demi tour. En regardant les arbres se plier sous les coups de boutoir du vent, je me dis que cette journée commence finalement bien mal. Heureusement les amis sont là pour vous réconforter dans ces moments difficiles et les petits "sms" d'encouragements tel "attention de ne pas te congeler les testic.." vous font reprendre courage...

    Il est 09h30, la température est agréable, le thermomètre affiche 15°c quand je me gare aux abords de la rivière. Le vent ici est tellement fort, que ma "casquette de roumain" comme l'appelle certains ne veut pas rester sur ma tête.
    Le niveau de la rivière est haut mais correcte, je craignais une rivière en crue tant les derniers jours ont été accompagné d'orages violents. L'eau est claire et on aperçoit facilement les galets qui couvrent le lit.
    Je commence à peigner les différents courants qui s'offrent à moi et ce magnifique trou qui reste jusqu'à aujourd'hui infructueux. Les courants, plats, trous et remous s'enchaînent sans la moindre attaque et il est déjà 11h45 quand un peu désabusé, je m'arrête manger sous le pont, où à ma dernière visite ici avec Tit, j'avais ferré cette magnifique Fario. Pendant cette pause, j'observe une ou deux éclosions de mouche de Mai et je me dis qu'il sera bientôt temps de sortir mon fouet de sa torpeur hivernale. Le ventre bien rempli, je me décide à reprendre la pêche, motivé et sûr de pouvoir enfin "toucher" une truite.
    12h30, ça y est, enfin une truitelle se pique à ma cuillère mais je ne crains pas la casse tant ses mensurations sont minimes. Elle se décroche avant même d'arriver jusqu'à ma main et c'est aussi bien, car elle ne devait pas dépasser les 15cm...
    Ouah ! qu'elle attaque ! je suis très surpris, tant aux vu des résultats, j'en été venu à observer la nature qui m'entoure plus qu'à être concentrer sur mes lancers. Je devine un éclair blanc sous la surface, il file dans le courant puis rend de suite les armes, je n'ai plus qu'à le ramener tranquillement jusqu'au bord pour m'apercevoir à mon grand désarroi que la belle truite que je pensais avoir ferré n'est autre qu'un pauvre chevesne... Les épaules et la mâchoire m'en tombent, décidément ce n'est pas mon jour.
    Je continue quand même de remonter la rivière car je veux découvrir à quoi elle ressemble, plus haut, sur des parcours que je n'ai jamais atteint.
    14h00, je décroche, sur un grand plat, une truite qui devait faire à vu de nez 18 ou 19cm. Plus rien ensuite jusqu'à 14h30, heure à laquelle, las de prospecter avec autant d'assiduité la rivière pour aussi peu de résultats, je reprends le chemin du retour.
    Il est 15h00, quand assis sur le capot de la voiture, "sifflant" ma bouteille d'eau à grosse gorgée je me refais le film de la journée...

    Il va falloir maintenant choisir pour les prochaines sorties entre la mouche, le lancer ou alors les carnassiers, quel dilemme... enfin, si tous mes maux se résument à ça, la vie sera bien douce.

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16 avril 2009

Et l'orage gronda !!

    Un petit coup du soir ? en tout bien tout honneur bien sûr ! Pour ceux qui ont cru à autre chose, "dehors!"... ils se sont trompés de blog.
    En fait il est 15h15 quand je me trouve au bord au bord de la Vis, sur mon nouveau parcours "magique", où la semaine dernière les truites ne juraient que par ma cuillère.
    Oui c'est un peu tôt pour un coup du soir je sais, mais la fièvre "OM" me rappelle dans ma tanière pour le match de coupe d'Europe, alors appelons ça si vous voulez un coup d'après midi. La matinée fût occultée par de mauvaises prévisions météorologiques dont la véracité fût une fois de plus absente...
    Après plusieurs jours pluvieux, la rivière est en crue, l'eau est saumâtre et le débit très impressionnant à la limite du "pêchable" en ce qui concerne la technique de la cuillère. Le temps ne s'est guère amélioré et l'orage se camoufle derrière la barrière montagneuse qui jouxte la vallée par le nord.
    Je tente quand même ma chance sur les bordures et là où le courant n'est pas infranchissable pour ma Mepp's jaune à points rouges. Les premiers lancers sont sans effets et il est très difficile de guider la cuillère sur les bordures immergées et encombrées de branchages.
    J'arrive sur le trou, qui n'est plus, tant l'eau est montée, et il se crée maintenant un léger courant lent et très profond qui pourrait être propice, me dis-je, à la sortie de quelques belles. Après trois ou quatre lancers, au moment où mon attention est moindre, je ressens un accrochage sur la cuillère... je ferre ! pas de réaction, je tends un peu le fil, est là ! prend à ma cuillère la folle envie de remonter le courant. Oui vous l'avez deviné elle est bien aidée par la Fario qui l'accompagne d'un tendre mais douloureux baiser.
    36cm ! le record de cette saison, seulement pour l'instant, j'espère. Elle est assez fine pour une truite de cette taille,capturée plus tard dans la saison, quand elle aurait écumée les vairons et autres casières de la rivière, elle aurait été bien plus impressionnante. Je vous l'accorde, je fais un peu le difficile...
    Je continue le parcours, toujours sur le même trou mais un peu plus haut, je décroche une petite Fario sur une chandelle mémorable pendant laquelle elle me salue de sa caudale avant de rejoindre les profondeurs de la Vis.
    Une belle morille jaune marque la fin du parcours et me voilà déjà au volant pour essayer rapidement le deuxième et dernier parcours que m'autorise la "fièvre".
    Ce grand et large plat qui s'offre à moi en ce début de parcours, me semble tout à fait convenir au circonstances présentes. Mon premier lancer ne fait que confirmer mon jugement, le choc dans le poignet dénote l'attaque d'une belle truite, mais malheureusement elle se décrochera aussitôt, obligeant mes lèvres à retenir quelques mots qui pourraient choquer même les oreilles d'un charretier.
    Ce plat est devenu presque interminable avec la crue, quelques minutes plus tard après plusieurs lancers infructueux, le même choc dans le poignet pour le même résultat, procure à mes lèvres un effort insurmontable pour retenir toute ma frustration.
    BRRRROOOUMMMMMBRRRROOOUMMMMM !! Dieu n'apprécie guère les jurons c'est bien connu, seulement je l'aurai cru plus clément a pardonner. A voir le volume d'eau qui s'abat sur ma tête, j'ai dû dépasser "les bornes des limites".
    TCCHHRRAAAAKTCCHHRRAAAAK !! Cette fois c'est le déluge, me voilà au beau milieu du parcours sans imperméable ni casquette restés dans la voiture bien au sec...
    Tant pis je continue un peu, au moins jusqu'au premier accès qui me permettra de rejoindre le chemin qui mène à la voiture. Sans résultats, mouillé jusqu'au os, je regagne la voiture alors que l'orage s'éloigne. On le sait tous, avant l'orage c'est très bon, pendant l'orage ça ne vaut rien et après l'orage c'est le meilleur, oui mais voilà, vous oubliez la "fièvre" et je suis donc enfin au sec sur le chemin du retour.

   

Posté par bilboc30 à 18:06 - Pêche de la truite - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 avril 2009

Fini bredouille...bien venu abondance !

    Pas de réveil ce matin, j'ai le plaisir de me réveiller tranquillement à 06h15 déjeuner avec ma petite femme et assister au lever de ma "puce" de 15 mois, ce qui est toujours un grand moment et qui vaut largement de perdre quelques heures de pêche.

    Il est 07h45 quand je prends la route de la pêche, je voulais essayer l'Homol et le Luech après ces quelques pluies mais le fait de savoir que les morilles étaient sorties m'avait fait prendre le chemin de la Vis où l'année dernière j'avais eu le plaisir d'en découvrir quelques unes sur les bords de la rivière.
    Mauvaise surprise, lorsque j'arrive à mon coin du pont submersible, un pêcheur est en train de s'équiper pour descendre sur mon parcours. Je décide de monter un peu plus haut et tant pis si le parcours sera réduit. Il doit être 09h30 lorsque j'aperçois enfin la rivière, l'eau est montée et le débit m'impressionne je l'ai rarement vu aussi haute. Je me dis que c'est peut-être un bon présage vu que mes deux dernières bredouilles ici même s'étaient déroulées avec un niveau bien moins élevé et qui descendait encore.
    Je prospecte ce joli trou où malheureusement il est très rare de "toucher" un poisson, ma cuillère virevolte entre les pierres et surfe sur les différentes veines d'eau sans résultats. Aujourd'hui je décide d'alterner les techniques, je passerai de la cuillère au vairon en plastique selon la configuration de la rivière. J'attaque le courant du dessus, j'ai du mal a traverser tant le courant est fort, pourtant il n'y a que là pour passer, enfin arrivé sur l'autre rive je propulse ma cuillère en tête du courant qui lèche ce bloc de pierre installé au cœur  de la rivière. Deux tours de manivelle et le choc dans le poignet qu'on attend tous, elle n'est pas bien grosse pensais-je et le fait de l'avoir attrapée en descendant le courant ne fait qu'accentuer cette sensation,mais une fois au sec je la mesure et agréablement surpris je lis 23cm.

    La bredouille est évitée, mais la journée ne fait que commencer... Il aura donc fallut attendre ma troisième sortie sur la Vis pour enfin en prendre une. J'observe ce pool juste au dessus du pont submersible où Christophe avait pris sa première truite de la saison et où j'avais moi-même échappé une belle au vairon artificiel lors de ma dernière visite. Plusieurs truites sont dehors et je les vois foncer sur les graviers qui couvrent le lit, elles recherchent les petites bêtes du fond, je me demande si elles répondront au doux appel de ma cuillère. Après plusieurs passages infructueux j'ai la réponse à ma question et je décide de monter un vairon à fin de savoir s'il aurait plus de succès...ce ne sera pas le cas, elle fuient aussi sur son passage.

    Quelques courants plus tard je rencontre un pêcheur avec son fils qui redescend la rivière en pêchant au ver. Après un bref entretien de courtoisie avec celui-ci je décide de quitter les lieux pour un autre parcours car ils viennent de pêcher tout le haut du parcours.

    J'arrive donc à ce parcours où l'année dernière j'avais trouvé quelques morilles. En descendant sur les bords je récupère quelques asperges sauvages qui se dressent devant moi. Sur cette portion de rivière je peux observer régulièrement les truites moucher, cette journée ne déroge pas à la règle et elles sont encore quelques quatre ou cinq a gober à tue-tête.

     Le temps est en train de changer, jusqu'ici le soleil était largement dominant mais avec une vitesse extraordinaire et bien aidés par ce vent du sud-est qui se lève les nuages, font leur arrivée. Il fait maintenant bien maussade et je crains même que la pluie vienne s'inviter.

    Attention !!! mais où ai-je la tête ? ou plutôt les pieds dans ce cas précis, j'ai failli écraser ma première morille, elle est plantée là en plein milieu du chemin, dans le sable fière mais pas bien grosse. Comme bien souvent elle est accompagnée de consœurs, et sur les quelques mètres qui suivent j'en découvrirais une dizaine. Voilà qui a de quoi me ravir et c'est avec grande une motivation que je reprends la pêche.

    Est-ce possible ? premier lancer et une truitelle qui vient me dire bonjour. Avec ses 18 petits centimètres je lui autorise à rejoindre les profondeurs de la rivière. Il ne me faudra pas attendre bien longtemps avant de prendre mon deuxième poisson maillé, en effet sur la fin du parcours juste avant la cascade je prends une belle truite de 26 cm toujours à la cuillère jaune à points noirs. Au pied de la cascade entre deux nuages je décide de casser la croûte et de faire une belle photo pour immortaliser cette agréable journée que je pense à tort presque terminée.

    Il n'est que 14h30 quand je reviens à la voiture, je me pose la question de savoir si j'essaie un autre parcours que je connais ou si je prospecte en voiture les bords de la rivière pour essayer de trouver de nouveaux coins. Le deuxième choix me parait le plus intéressant, je prends donc la voiture et redescendant la route le long de la rivière sur quelques kilomètres j'aperçois un passage pour accéder à la rivière.

    En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, me voilà ré-équiper et je m'approche tranquillement de la rivière. La configuration est très intéressante, plusieurs beaux courants entre-coupés de trous, tout ce qu'il faut pour ravir les truites. D'ailleurs pour m'accueillir un beau gobage fait son apparition à la surface sur la rive opposée.

    Je lance ma  cuillère, une jaune à point rouge cette fois-ci ayant perdu l'autre, en fin de parcours précédent, dès le premiers tour de manivelle je ferre un très beau poisson et c'est une mémère de 31cm qui vient s'échouer sur la rive. OUAH ! quel accueil ! Bon ne perdons pas trop de temps, je relance aussitôt quelques 30cm plus bas au pied du rocher immergé. Pas possible !! je ferre à nouveau une autre Fario de la même taille exactement. Deux lancers et deux magnifiques Fario, quel ratio pour un parcours que je ne connaissais même pas quelques minutes plus tôt.

    Les SMS envoyés, à mon "chou" et à mes parents pour les faire saliver faut bien l'avouer, et quelques réponses plus tard du genre " tu pêches dans une pisciculture !" ou " c'est des lâchées !", oui c'est vrai je l'ai bien cherché, je passe au courant du dessus. Vous allez pas me croire, premier lancer et mon poignet prend encore une nouvelle "décharge", elle dévale le courant et se sert de la force de celui-ci pour me faire passer des sueurs froides mais ce n'est pas leur jour c'est bien le mien et ce magnifique poisson de 32cm fini aussi dans ma main.

    Quoi qu'est-ce que je fais ? oui je regarde tous les arbres qui m'entourent mais pas par amour inconsidéré de la nature mais plus pour voir s'il n'y aurait pas marqué sur une pancarte "réserve" tellement je n'en reviens pas de ce qui m'arrive. Rien de tout ça ! me voilà rassuré et je peux reprendre ma pêche. Plus rien ensuite sur les vingt prochaines minutes de pêche et l'heure du retour a sonné.

    En vue de la voiture j'aperçois un homme recroquevillé vers le sol il à l'air de chercher quelque chose par terre presque au pied de ma voiture. Il ramasse une chose que je ne peux distinguer de l'endroit où je me trouve. Je m'approche tranquillement faisant mine de ne pas l'avoir vu et celui-ci m'apercevant se relève avec hâte et change vite d'endroit. Il m'interpelle pour me demander si j'avais fait du poisson, "ouais une petite !" lui répondis-je. Je sais, c'est pas très beau de mentir mais je sais que si je lui avais demandé s'il cherchait des morilles il m'aurait répondu "pas fou gars ! y en a pas par ici !". Bien pressé de prendre la fuite en voiture il ne m'en demande pas plus et je le vois s'éloigner sur la route qui retourne au village. Une fois assez loin je me dirige vers l'endroit où je l'avais aperçu et mon instinct ne m'avait pas trompé car s'il ne reste aucune morilles, leur pieds fraichement coupés me crèvent les yeux.

    Allez en route pour la maison ! même si l'envie de faire partager ma journée aux "solides" me démange je me retiens de leur envoyer un SMS et me délecte à l'idée de les torturer sur le récit et les photos de mon blog.

Posté par bilboc30 à 20:59 - Pêche de la truite - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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