05 avril 2011
28 et 34, qu'est-ce que c'est ?
Comme à mon habitude, je prends la route de la pêche après avoir préalablement amené ma louloute à l'école. Il est donc déjà 08h45 lorsque la route s'ouvre devant moi. Ils annoncent une belle journée ensoleillée avec des températures estivales, un peu de vent sur Nîmes mais presque rien du côté du Vigan.
10H00, me voici garé au coin magique, aucun signe de pêcheurs à la ronde, un léger sourire se devine sur mes lèvres. Je suis équipé de mon lancer fétiche lui même armé d'une cuillère blanche à points rouges. Le choix du blanc est dicté par le temps très ensoleillé qu'il fait ici, la température est encore un peu fraîche, 09°c, c'est pourquoi j'enfile en plus de mon tee-shirt, un léger polo. Le premier courant qui marque le début du parcours, coin très fructueux d'habitude, se termine sans aucune attaque. Je m'inquiète de ce piètre commencement mais garde espoir quand même. Le deuxième courant est lui un tout petit peu plus rentable, puisque une truitelle d'une quinzaine de centimètres vient me passer le bonjour.
11H20, les courants ce sont enchaînés sans résultat, pas l'ombre d'une truite à l'horizon. Je regagne la voiture avec l'esprit un peu sombre car une telle déroute sur ce parcours est plus qu'inhabituelle.
11H30, le parcours du Grenouillet semble libre, aucune voiture garée sur le petit parking à pique-nique, ni sur les accotements tout le long de celui-ci, tout au moins sur sa partie aval. Que dois-je faire, manger tout de suite et faire le parcours d'une traite ou bien faire la partie aval, manger, puis finir par l'amont ? La décision est prise de commencer à pêcher la partie basse de ce parcours avant le casse-croûte.
Le niveau de l'eau est un peu plus bas que lors de mes précédentes sorties, mais il reste tout de même un peu trop haut encore à mon goût. Comme pour le coin magique ce matin, les courants s’enchaînent mais les truites elles, restent cachées.
Après un casse-croûte bien mérité, je reprends le chemin de la rivière. Les quelques nuages qui avaient fait leur apparitions une heure plus tôt se sont maintenant volatilisés et la température devient tout à coup très élevée. Il fait au moins vingt-cinq degrés à l'ombre, le soleil devient brûlant, je cherche les coins ombragés pour ne pas cuire sur place.
14H00, un peu désabusé j’envoie un texto expressif à Céline, « ca sent la bredouille encore aujourd'hui !! ». En effet, même si je viens d'apercevoir le premier poisson de la journée, se poster et.............fuir à mon arrivée, il n'en reste pas moins que les attaques sont toujours aux abonnées absentes. Il existe sur cette rivière des postes fabuleux où je n'arrive jamais à toucher un poisson et d'autres, tout aussi magnifiques, où les résultats eux sont exceptionnels. Me voici d'ailleurs devant un de ces fabuleux postes qui regorgent de truites.
J'ai tendance, depuis quelques minutes, à pêcher trop rapidement les postes à cause d'une certaine lassitude qui m’envahis. « Bruno ! C'est ces jours là qu'on voit la différence entre un bon pêcheur et un autre !». Ceux sont les mots qui résonnent dans ma tête avant de prospecter ce courant. Il est vrai que les jours où les poissons sont dehors et mordeurs, il est facile pour n'importe quel pêcheur de faire du poisson. Par contre, des jours comme aujourd'hui, seul les bons pêcheurs savent sortir leur épingle du jeu. Je ne suis resté que trop longtemps dans la mauvaise catégorie, c'est pourquoi je m'applique plus que jamais sur mes premiers lancers. Malheureusement ces derniers restent aussi improductifs que les autres.
14H15, il me reste quand même à prospecter ce petit courant qui serpente entre deux gros rochers. Ma cuillère passe avec précision à l'arrière du premier, quand tout à coup je vois surgir de sous le second une très belle Fario qui se jette sur ma cuillère en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire. Le poisson est ferré, la lutte est de courte durée car elle s'est saisie de mon leurre à quelques mètres de mes pieds. Elle mesure vingt-huit centimètres, sa robe est noire et argentée, je ne me languis pas de la contempler tellement je pensais revenir aujourd'hui, comme la semaine dernière, bredouille.
Fier de mon exploit et d'avoir, peut-être, basculé pour toujours dans le bon panier des pêcheurs, je continue mon parcours qui touche quand même presque à sa fin. J'en profite pour regarder ça et là si une morille ne sortirai pas le bout de son nez. Il est encore trop tôt ici pour le moment.
14H30, je suis au niveau du courant qui permis à Pep's il y a deux ans de sortir un très beau poisson de quarante-deux centimètres. Je le prospecte en commençant par le bas, le niveau de l'eau est ici encore un peu haut mais la force du courant n'est pas impressionnante et laisse tout le loisir au poisson de se poster au cœur de celui-ci, simplement protégé par un rocher. Je lance ma cuillère trois quart amont, récupère de manière a ce que celle-ci ne descende pas trop vite le courant mais n'accroche pas non plus le fond. C'est un savant dosage que tout pêcheur à la cuillère doit savoir exécuter s'il veut faire un jour de belles prises. Je la devine virevolter sur ce fond caillouteux, la voilà maintenant qui disparaît dans un trouble crée par des contres-courants...... « TSSSS !! » c'est le bruit du fil dans le moulinet, qui tiré violemment par l'autre bout, essaie désespérément de s'enfuir. La canne s'arc-boute de manière impressionnante, j'aperçois la truite se tourner, s'enrouler et des donner des coups de tête rageurs sur ma cuillère. La bagarre est cette fois-ci bien plus compliquée tant le poisson est beau et la distance plus importante. Les gouttes de sueurs perlent sur mes tempes et ce n'est pas dû seulement à la température estivale, je bous de peur d'échapper cette truite. Heureusement la fin tourne en ma faveur, la voilà posée sur l'herbe à coté de ma canne, elle mesure trente quatre centimètres et pour elle aussi sa robe est noire et argentée.
15H00, je suis revenu à la voiture, la fin du parcours me facilitant la tâche de prendre la décision de rentrer. « 28 et 34 qu'est-ce que c'est ? », c'est par ce texto que je nargue mes compères restés au travail. Les réponses fusent et éclairent de sourires mon visage, je ne peux toutes les publier de peur d'offusquer quelques âmes sensibles. C'est en tout cas sur ces espiègleries que je prends la route du retour.
24 mars 2011
Un anniversiare de pêche réussit !
Voici venu le jour de l'ouverture..........enfin mon ouverture, car l'officielle, elle, était à la date du 12 Mars. Le coup du matin, à l'aurore, comme le préconise certains ( je ne citerai pas de nom ) ce ne sera pas pour moi aujourd'hui, car premièrement je ne m'en sens pas le courage et deuxièmement je dois amener ma fille à l'école.
Il est déjà 08h50 lorsque le moteur de la voiture démarre enfin. Les kilomètres qui me séparent de la rivière se réduisent, ils semblent toujours trop important c'est pourquoi j'en profite pour établir le planning de la journée dans ma tête.
10H00, la voiture arrive à hauteur du coin magique...........HORREUR !!, il est squatté par deux pêcheurs. Je décide donc de ne pas m'arrêter et de monter sur d'autres coins plus en amont, non sans un certains petit pincement au cœur. Les voitures garées sur les bas côtés non jamais été aussi nombreuses, je commence à m’inquiéter car je n'ai aucune envie de passer ma journée à chercher un coin déserté par les autres pêcheurs.
10H05, le coin du grenouillet, le plus facile d'accès pourtant, m’accueille à bras ouverts. Aucun pêcheur ne semble avoir fait le choix de ce parcours et cela me ravit.
Le temps est magnifique, le soleil brille dans un ciel bleu immaculé, le vent est totalement absent et la température est des plus clémente avec un 10°c. L'équipement est enfilé avec hâte, je descends déjà le long de la rivière sur ce petit chemin boisée si féerique.
Je n'aurais jamais imaginé la rivière si haute, son débit est très impressionnant, en plus sa couleur blanchâtre m'inquiète beaucoup et je me demande même si elle est pêchable. « Tant pis ! de toute façon maintenant que je suis là je vais tenter ma chance » me dis je à haute voix comme pour me persuader.
Les bordures à l'abri du courant, me semblent être les coins propices pour débusquer une truite aujourd'hui. Je commence d'ailleurs à prospecter les petits remous qui se créent juste devant moi. L'eau étant si claire et le temps si ensoleillé, j'ai fait le choix d'une cuillère blanche à points rouges. Sans réussite, je décide d'essayer la bordure d'en face. La cuillère file à la vitesse de l'éclair pour atterrir finalement sur le seul arbuste qui pouvait me gêner. Un petit coup sec pour tenter de me dégager et « SPAC ! », la casse. J'aperçois en face la cuillère encore accrochée à la branche, pas très fier d'elle, elle semble se demander se qu'elle fait là.......et moi aussi d'ailleurs.
Tant pis, je coupe un peu de fil qui me semble usé et en rattache une autre. Je continue à remonter la rivière en escaladant les débris emportés par les crues de l'hiver, preuve de la violence de celles-ci. J'ai du mal à reconnaître les coins, d'habitude bien marqués, à cause du niveau de l'eau. Pas de résultats sur ma bordure, je tente ma chance à présent sur la bordure d'en face même si le courant qui nous sépare me semble bien trop violent pour inciter une truite à poursuivre ma cuillère. Celle-ci n'aura pourtant pas le temps de rejoindre mes pieds qu'une truitelle de vingt deux centimètres vient s'accrocher à elle. Voilà une prise, si petite soit-elle, qui me réconforte car elle prouve que la rivière est donc pêchable malgré tout. Photographiée, elle est remise à l'eau avec soin.
10H30, je continue à prospecter ce courant car je n'y ai fait finalement qu'un seul passage. La cuillère commence sa course folle vers l'aval, au moment où elle va pénétrer dans le bouillon du courant voilà que je ressens une violente attaque. « Celle-là elle est belle ! », le moulinet pas très bien serré commence à crier sa souffrance lorsque celle-ci choisit de foncer en plein courant pour tenter de fuir. Rien n'y fait, cette jolie fario gît maintenant à mes pieds, elle mesure vingt huit centimètres, sa robe est jaune et de petits points rouges la décorent. Réjoui, je me tare du fait que « je ne ferai pas brocouille comme on dit dans le bouchonnois ! ». Un peu surpris par ce début de journée prolifique, alors qu'il me semblait que les conditions n'étaient pas vraiment remplies, je décide finalement de peigner la rivière comme si de rien était, faisant abstraction du niveau de l'eau.
10H35, je me fraye un passage entre ces arbustes piquants qui bordent la rivière afin de pouvoir lancer sur la tête de courant, je n'ai que très peu d'espace mais j'arrive quand même tant bien que mal à projeter ma cuillère au ras de la berge opposée. « OH YES ! », une autre belle fario vient de s'en emparer, la bataille est rude car elle choisit la même défense que sa copine, seulement cette fois-ci le frein du moulinet mieux serré me permet de remporter le combat avec plus de facilité. Celle-ci mesure vingt sept centimètres, je suis abasourdi et me réjoui d'envoyer des textos pour partager ma réussite.
Les débuts fracassants font place à un calme plat. Voilà maintenant plus d'une heure que je n'ai pas eu d'autres prises. Le ventre crie famine, je décide donc de regagner la voiture afin de manger.
12H00, la température est de plus en plus agréable, le thermomètre de la voiture affiche d'ailleurs dix sept degrés à l'ombre. Installé comme à mon habitude sur la table en bois, sous les sapins, je me délecte de mes sandwichs et tout autant du cadre magnifique qui m'entoure.
12H30, je ne suis pas venu ici non plus pour rêver toute la journée, je décide donc de repartir à la conquête de la Vis. Cette journée est loin d'être terminée, elle sera encore riche en émotions j'en suis sûr.
12H35, lors de mon second lancer sur un très grand plat, la chance est de nouveau avec moi. L'attaque, une fois encore, est violent et soudaine, la truite bien qu'un tout petit peu plus petite n' a rien a envier à ses congénère au niveau de la défense. Elle mesure vingt-six centimètres, ébahie par tant de réussite j'en oublie de la photographier et repart déjà vers d'autres aventures. Il ne me faudra pas attendre très longtemps pour de nouveau faire preuve d'une insolente réussite.
13H05, quelques courants plus tard, je me trouve au-dessous du gîtes. Ici les courants ont laissé la place à de grands pools et la rivière à gagné quelques mètres en largeur. Des postes de choix pour une journée comme aujourd'hui. D'ailleurs la quatrième truite repose déjà sur les rochers à mes pieds. J'ai du mal à y croire mais la rivière a décider de m'offrir une très belle journée d'anniversaire.
13H30, alors que Tit grogne par textos interposés qu'il ne peut pas faire sa sieste à cause de mes messages incessants de prises de truites, c'est le moment que choisit la plus belle sûrement de la journée pour venir succomber aux charmes de ma cuillère. Malheureusement cette fois-ci c'est elle qui remporte la bataille, elle se décroche après quelques secondes me laissant rêver à ses mensurations.
14H00, quelques mètres plus haut je rencontre un autre pêcheur, celui sûrement dont j'avais déceler les empreintes de cuissardes dans le sable bien plus tôt. Je me demande comment j'ai pu faire autant de prise en passant derrière lui. Il va de par lui-même m'apporter quelques réponses. Tout d'abord il pêche au toc, ce qui ne lui permet pas de pêcher les berges opposées, là où la plupart de mes prises ont succombé. Deuxièmement, malgré un équipement digne des plus grands pêcheurs de magasine, lunettes polarisantes et matériel haut de gamme, il ne maîtrise pas tout à fait la technique, c'est le moins qu'on puisse dire. Je le regarde en effet pêcher depuis quelques minutes et je remarque que sa plombée est loin d'être optimale, sa teigne plutôt que de virevolter sur le fond, se prend pour une surfeuse, rebondissant à la surface sur les vagues de ce courant puissant. Je lui demande s'il à fait du poisson et sa réponse …....« rien ! Pas une touche ! » curieusement ne m'étonnes pas vraiment.
14H15, me voilà déjà à la fin du parcours. Je décide d'immortaliser le résultat de la journée et de rentrer. Il est encore tôt, je pourrais tout à fait prendre la voiture pour essayer d'autres coins mais je pense que le prélèvement est déjà bien suffisant. La saison 2011 aura donc très bien commencé, j'espère que ce ne sera que les prémices d'une saison magnifique.
08 octobre 2010
J'ai vu le Loup !
Une douceur estivale retrouvée et c'est toute ma motivation qui grimpe en flèche, le soleil qui réchauffe ma peau me fait penser qu'il devrait faire bon ce soir en mer pour aller dénicher le Loup. C'est sûr cette fois-ci je ne laisserai pas la flemme m'envahir, le soir venue je prendrai mon costume de pêcheur et la route vers Carnon.
20H30, la maison plonge dans le calme....c'est le moment de se secouer, j'enfile rapidement pantalon, pull et chaussettes, la canne dans son étui et file vers l'aventure.
Je n'ai pas pu faire le montage que je désirai car je suis en rupture de stock d'un peu tous mes leurres en fait....Je voulais monter deux raglous blanc nacrés de petites tailles en potence, je me retrouve en fait avec un rapala et un genre de « twist » couleur vert eau en potence.....rien à voir !
Tout l'équipement est embarqué, la route vers les loups défile déjà sous mes pneus.
22H00, me voici aux abords du canal, j'aperçois le courant rentrer avec vigueur, un sourire peut se lire sur mes lèvres mais je me dis aussi que le coin risque d'être saturé de pêcheurs. Je me gare enfin sur le bord, le coin est désert, seul un pêcheur itinérant tente de sortir son épingle du jeu. Ce n'est jamais bon signe mais en même temps je me souviens que le dernier gros que j'ai pris ici je l'ai ferré alors que tout le monde était à la maison....
Je saute sur l'occasion pour occuper le poste des portes, poste privilégié s'il en est, d'où les plus gros sont toujours sortis. Le courant est très puissant, finalement le rapala est le bienvenue, je le sens travailler au bout de la ligne avec vigueur. La température même ici est très agréable,le pull enfilé à la maison est tout à fait suffisant, la brise marine ne s'est pas levé, je suis bien....
23h00, aucun poisson n'a eu le courage de s'attaquer à mes leurres, il est temps de marcher un peu et de prospecter d'autres postes. Les lancers se succèdent mais sont toujours aussi peu fructueux, le canal semble mort, seul les habitants des appartements en face donne une impression de vie. Un muge saute hors de l'eau, le courant faiblit fortement maintenant je sens une certaine amertume m'envahir, je pense :« encore une sortie et des kilomètres pour rien ».
00h00, une voiture s'approche et se gare doucement à coté de la mienne, la silhouette qui en sort ne m'est pas inconnu... « Qu'est-ce que tu fais là toi ! Qu'est-ce que tu fais là toi, chez moi ! » qu'il me dit ! Je n'en crois, ni mes yeux, ni mes oreilles....Monsieur Christian est là devant moi. Christian, il fût dans un premier temps, un collègue de travail de mon père, puis un ami, c'est devenu aussi mon collègue de travail lorsque j'ai été embauché voilà maintenant bientôt treize ans. Il est devenu à mes yeux beaucoup plus que ça par ses qualités d'homme, c'est lui qui nous à fait découvrir ce coin et cette pêche il y a quelques années maintenant, je ressens une grande émotion au moment de lui serrer la main car cela fait deux ans au moins que je ne l'ai pas vu, la retraite l'éloignant peu à peu... Attention ! c'est ma référence en tant que pêcheur de loup, je ne pourrai pas vous citer toutes les pêches exceptionnelles qu'il a réalisé ici tellement elles sont nombreuses, c'est pourquoi j'écoute toujours avec beaucoup d'attention ses conseils. Le courant est cette fois-ci totalement à l'arrêt, nous en profitons pour bavarder de tout et de rien mais surtout beaucoup de pêche comme de bien en entendu.
00H30, le courant se met à tourner, il sort légèrement maintenant, nous nous rendons aux portes où je reprends la pêche tout en bavardant. Le courant s'accélèrent et la passion grandit en lui, il ne peut s'empêcher de sortir la canne et venir taquiner quelques minutes avec moi. « Ne viens pas m'en faire un dans les pieds » lui lançais-je ! Un petit sourire en guise de réponse prouve bien que c'est là son objectif....le pire, c'est que je sais au fond de moi qu'il en est capable, le bougre !
01H10, nous n'avons toujours rien touché, il décide de rentrer car il a déjà quelques heures de pêche derrière lui sur un autre coin, non loin d'ici, et il est un peu lassé. C'est au moment où il va rentrer dans la voiture que je ressens une légère attaque, je lui fais signe doucement pour ne pas alerter le pêcheur qui est arrivé quelques minutes plus tôt et qui pêche juste à coté. Cela ne suffira pas à le retenir longtemps, c'est sur ces mots qu'il reprend la route.. « tu vas le faire ! »
« SCHAWK !! » « SCHWAK!! », un loup s'en donne à cœur joie quelques part mais je n'arrive pas à le localiser. L'autre pêcheur l'a entendu aussi et se rapproche du coin où on présume qu'il chasse. Oui mais voilà....il ne pêche pas exactement là où il se situe, il ne l'a pas vu et tente sa chance dans la zone. J'ai eu tout le temps d'observer et de le localiser avec précision, le moment est venu d'aller le faire, le pêcheur s'est éloigné du coin pour reprendre ses bases. Je passe derrière lui et commence à lancer avec précision sur le lieu de ses chasses, qui continuent d'ailleurs. Au bout de quelques lancers je propulse maladroitement mon rapala sur les rochers d'en face et en brise la bavette qui le fait travailler....Je décide de monter rapidement un grand raglou bleu et blanc, le choix n'est pas difficile tellement la boite est vide de leurres. Il ne faut pas plus de trois lancers précis pour subir une attaque violente, la canne se plie et le moulinet pleurniche.....si peu, le voilà décroché. La rage qui monte en moi me permettrait je pense, de propulser la canne à des centaines de mètres sans problème, si je ne me retenais pas. C'était un gros poisson dont je ne connaitrais malheureusement jamais les mensurations.... Je tente quand même encore une fois où deux pour ne pas rester la-dessus... Le raglou tombe au ras des rochers, le fil se stoppe avant même d'avoir pu enclencher le moindre tour de manivelle, je pense « Put... j'ai accroché ! ». Je ferre quand même à tout hasard, le rocher se déplace et met même quelques coups de nez....stupeur je ne suis pas accroché mais c'est bien un loup qui pris mon raglou à la tombé, il est d'une taille honorable, le courant puissant rajoute à sa force et je me permet de demander au pêcheur à côté s'il peut me l'épuiser car bien sûr j'ai oublié la mienne dans la voiture. Il fait ceci avec beaucoup d'application et je l'en remercie. C'est un joli Bar de 36cm pour 631 grammes, loin de tout mes records mais attendu depuis si longtemps qu'il me ravit complètement. Ce n'est pas celui qui chassait, l'autopsie du lendemain me le confirmera car il n'avait que des crabes dans l'estomac. Je vais continuer quelques minutes de plus sans résultat, mais l'heure avance, il est dejà 01h45 il est grand temps de rentrer car demain matin il faudra se lever tôt !
Cette soirée, si elle n'a rien d'exceptionnelle, poissoneusement parlant, restera une très belle sortie, d'une part par le poisson attrapé mais surtout par le fait d'avoir permis de renouer le contact avec Christian.
20 septembre 2010
Elle s'est fait désirer...
Aujourd'hui les éléments semblent être en notre faveur, le soleil resplendit, la température douce ce matin devrait être plus qu' agréable cet après-midi et l'eau teintée par les orages des semaines précédentes appelle à la pêche. Si je précise, aujourd'hui, c'est parce que cette sortie en barque était prévu initialement le 07 septembre, mais l'orage et l'alerte rouge de Météo France nous en a empêché, à juste raison d'ailleurs. Qu' à cela ne tienne, nous repoussons la sortie au 16 septembre... les rhino-pharingites nous clouerons à la maison... Voilà pourquoi ce matin un sentiment de soulagement mêlé à de l'excitation, nous accompagne.
Il est 08h15, quand je retrouve Tit au bord du Vidourle sur la commune de Vilettelle. L'endroit est très agréable, je ne connaissais pas ce coin de pêche pourtant sûrement bien réputé à en voir le nombre de pêcheur au « calé » déjà installé.
Nous nous empressons de mettre la barque à l'eau et de charger le matériel à l'intérieur. C'est une vieille barque que le beau-père de Tit lui a cédé après des années de service. La taille n'est pas impressionnante, deux mètres sur un mètre, et avec tous le matériel à l'intérieur chaque déplacement est une aventure. Le montage du petit moteur électrique alimenté par une vieille batterie que l'on pose à même le sol est rudimentaire. Oui mais voilà, à chaque fois que nous embarquons, alors que celle-ci commence à nous porter vers des coins inaccessibles à pied, le bonheur nous envahi et la barque devient à nos yeux la plus belle des alliées.
Nous décidons de remonter la rivière sur quelques centaines de mètres afin, ensuite, de nous laisser dériver lentement vers l'aval en pêchant tous les coins possibles. Une falaise magnifique s'offre à nos yeux, la hauteur et la verticalité de sa paroi nous laisse sans voix. Une arche semble avoir été taillée à l'intérieur. A cet endroit là, la profondeur de la rivière doit être environ de quatre à cinq mètres, ce qui nous semble être un poste intéressant pour les sandres. D'ici nous apercevons une chute d'eau quelques centaines de mètres plus en amont, celle-ci marquera le début du parcours et nous nous y rendons aussi vite que le petit moteur nous le permet. Celui-ci montre quelques signes de faiblesses inquiétants, des ratés que nous attribuons, sûrement, à de faux-contacts.
09H15, les premiers lancers fusent de toutes parts, Tit a monté un spinner-bait alors que je décide de commencer avec une valeur sûre, la cuillère vaironnée. « Regardes, regardes !! » me dit Tit. Lorsque son leurre, en fin de récupération, arrive à la surface nous apercevons de petites perches chasser derrière. Le sérieux devient de mise, quelques minutes plus tard je ferre le premier poisson de la journée, une belle perche qui doit mesurer environ vingt sept ou vingt huit centimètres. Il est 09h39 et la pêche est lancée. Dix minutes plus tard, alors que Tit vient d'échapper deux petites prises, je ferre un nouveau poisson. Cette fois c'est un Black-bass de vingt deux ou vingt trois centimètres qui à succombé à mon leurre.
10H10, alors que je titille Tit sur le fait que le NO-KILL ce n'est pas le fait d'échapper le poisson mais de le remettre à l'eau une fois attrapé, il sort enfin de l'eau sa première prise. Ce n'est pas la taille qui compte (enfin il paraît) et c'est tant mieux car cette perchette avoisine les quinze centimètres.... A peine cinq minutes plus tard le voilà qui remet ça avec un même poisson du même gabarit. Les prises cessent, nous nous laissons alors descendre en aval vers des postes plus marqués. Le moteur nous lâche petit à petit et c'est grâce aux rames que nous les rallions. « CLAC ! PLOUF ! », je sursaute en entendant le bruit, le spectacle de Tit ébahie en voyant sa rame coupée en deux avec une partie flottant en surface derrière la barque me fait attraper un fou rire. Il ne nous reste qu'une seule rame, heureusement le vent est quasiment nul et nous devons prendre de toutes façons la même direction que le courant pour rentrer vers la voiture.
11H10, les postes s'enchainent tous plus beaux les uns que les autres, il nous semble à chaque lancer pouvoir attraper un poisson trophée. « Ça y est !!! » lance Tit, je vois sa canne se plier en deux, le fil tendu semble découper la surface de l'eau de gauche à droite. C'est un lancer court et rigide qui donne la sensation de tenir un monstre à chaque prise. Celle-ci est très belle, c'est un black-bass de trente centimètres, sa défense procure toujours beaucoup de sensations et la mine réjoui de Tit ne fait que confirmer.
11H20, alors que nous sommes postés juste avant la falaise, là où quelques touffes d'herbes surplombent encore la rive, c'est à mon tour de subir une violente attaque. Les deux secousses ressenties dans le poignet me font espérer le meilleur, malheureusement, même si la prise est tout a fait honorable, le black-bass de vingt cinq centimètres environ n'est pas le poisson trophée attendu.
12H30, le ventre réclame une halte sandwich, pause que nous allons lui accorder volontiers puisque les poissons se font rare, que le soleil tape fort sur nos têtes et que de toutes façons il a toujours de le dernier mot. Accroché au flanc de la falaise, l'ombre nous invite à prendre le temps de déguster ces quelques victuailles. Le spectacle est assuré par trois hommes occupés à l'escalader.
13H00, la pêche reprend ses droits, nous testons de
nouveaux leurres. Tit lui pêche avec un poisson nageur
multi-articulé alors que j'équipe ma ligne d'un leurre souple de
style « twist » blanc avec une tête plombé rouge.
J'espère ainsi tenter un joli sandre au pied de cette falaise avec
ces grands fonds qui nous semblent propice à sa présence. Les
minutes passent sans aucunes attaques, le soleil chauffe toujours
plus, les seules chasses de petits black observées une heure
plus tôt,ont disparues. Quatre black-bass et cinq perches pour cette première sortie barque, nous sommes ravis.
14H30, nous décidons de stopper la pêche, la rame doit nous ramener au bord c'est pourquoi nous avons choisi le moment où nous étions au plus proche de la voiture.
Une fois l'équipement rentré dans les voitures, la barque installée dans sa remorque nous prenons cinq minutes pour observer un des postes à caler d'où vient de partir un pêcheur. « Regardes Tit ! », je viens d'apercevoir sur le bord du chemin le fourreau du pêcheur avec toutes ses cannes. Il l'a oublié au bord des herbes par terre. Nous nous demandons qu'elle est la meilleure attitude à avoir, prendre celui-ci et laisser un mot avec nos coordonnées ou bien le laisser sur place en espérant qu'il s'en rendent compte rapidement. Nous optons pour la première solution, Tit vient d'inscrire cette inscription sur un planche « nous avons votre fourreau » suivi de mon numéro de portable. Nous voyons une voiture revenir dans notre direction, c'est le pêcheur tête en l'air qui revient après s'être rendu compte de son erreur. Il nous remercie gracieusement et reprends sa route soulagé. Nous faisons de même, heureux d'avoir passé une agréable journée.
28 juin 2010
Orage d'été....
Qu'elle chaleur ! Le lit n'est en rien reposant tellement on transpire avec ces températures estivales, la pleine lune aidant je n'arrive pas à fermer l'œil de la nuit. Je vois les heures défiler, minuit, une heure, deux heures.... quatre heures, tiens un petit somme ? « y en a marre ! » énervé je me lève, prépare mon café, enfile ma tenue et part à la pêche une heure plus tôt que prévu.
05H50, l'atmosphère du coup du matin est fabuleuse, la fraicheur relative, la luminosité et le silence qui règne au bord de l'eau méritent les quelques heures de sommeil en moins. Je suis déjà positionné devant ce si joli courant afin d' entamer ma journée de pêche. Comme le faisait si bien remarqué Tit la semaine dernière, ce pool est magnifique mais très peu rentable. Une fois encore il ne donne ri... « hé mais si voilà la première truite de la journée ! », alors que je me préparais à passer au-dessus pensant qu'une fois de plus il resterait stérile, une petite truitelle de vingt et un centimètres est venue se saisir de ma cuillère blanche à points rouges. Je pense de suite à Tit qui me dirait s'il était là « tu vois y a que ça de vrai, le coup du matin ! », lui qui en est un fervent adepte.
Le plat du pont submersible est cette fois-ci infertile malgré qu'il soit toujours habité par cinq ou six truitelles baignant tranquillement. Je décide de garder la cuillère jusqu'au premier grand trou, ma tactique aujourd'hui, est d'intervertir le vairon factice et la cuillère, en fonction des coins qui se présentent à moi.
07H00, voici d'ailleurs les premiers profonds, le vairon est déjà monté car précédemment, une racine et ma cuillère sont tombées amoureuses au point de ne plus vouloir se separer. Sur les premiers passages je remarque de beaux poissons se déplacer vers mon vairon mais pour le moment aucune ne daigne l'attaquer. Même si cela peut paraître de bonne augure, je garde mon calme car cela m'est déjà arrivé souvent lors de sorties précédentes mais sans avoir aucunes véritables attaques à la fin. Finalement, pensant que le trou qui abrite la grosse, repérée la semaine dernière, était tout proche je décide de garder mon vairon. C'est avec enthousiasme que je le fait virevolter dans les courants, chuter devant les caches et accélérer avant la berge. Il n'en faut pas plus pour attraper enfin mon premier poisson avec ce leurre, elle mesure vingt deux centimètres, sa robe est jaune, ses points rouges et noirs couvrent ses flancs, elle est magnifique mais trop petite pour m'accompagner.
Une heure plus tard, après sûrement quelques attaques, mais trop furtives pour être sur à cent pour cent, je ne suis toujours pas arrivé au repère de mémère ! Qu'a cela ne tienne, je commence a réellement prendre mon leurre en main, sa nage est de plus en plus réaliste et je prends un plaisir nouveau à l'utiliser. Mon assiduité va être rapidement récompensé, je propulse mon vairon en tête d'un courant lent et assez profond, dans les un mètre de profondeur. Je le fais descendre en prenant soin de le manier comme s'il était blessé, la charge sur celui-ci est violente et sans équivoque, la belle se débat et ma canne à pointe souple m'en fait ressentir chaque détails. Celle-ci mesure trente bons centimètres, le vairon est bien engamé dans la gueule, la possibilité qu'elle se décroche était quasiment nulle.
Une fois photographiée, je reprends la pêche et devine enfin quelques mètres plus haut le fameux trou... Je décide de tenter quand même un passage sur cette tête de courant qui me paraît très intéressante. Le vairon tombe avec précision à l'endroit que je désirais, j'enclenche le pick-up et commence à mouliner... « Mais c'est quoi ce mou dans le fil ? », j'ai beau moulinet à toute vitesse je ne sens aucune résistance comme s'il n'y avait rien en bout de ligne. Ce n'est malheureusement pas qu'une impression, le vairon s'est détaché lors du lancer, sans prévenir son propriétaire. Je ne comprends toujours pas ce qui a pu se passer mais je suis pris d'un grand désarroi en comprenant que je ne pourrai pas pêcher le trou de la grosse, celui-ci étant mon dernier vairon.
Une cuillère jaune à points rouges sera donc mon nouveau leurre pour les prochains heures...ou minutes selon la qualité de mes lancers. Ceux-ci ne doivent pas être trop mauvais car les prises de truitelles vont s'accélérer. J'en compte une demi-douzaine jusqu'à 10h30, heure à laquelle je me trouve au niveau de la plagette qui abritât notre casse-croûte, la semaine dernière avec Tit. Ici encore une petite truitelle vient jusqu'à ma main puis reprends son chemin, sa taille adulte n'étant pas atteint. « Me voilà poète ?....le soleil tape fort ! », s'il est encore trop tôt pour s'arrêter manger, une petite pause ré hydratation s'impose. Juste le temps de boire quelques gorgées, de ma rafraichir les bras et le visage à l'eau fraiche de la Vis, que la pêche reprends ses droits. Quel beau courant, après m'avoir offert cette belle truitelle, le voilà que sur le lancer suivant il daigne encore se fendre d'une truite d'un plus bel âge cette fois. Elle mesure vingt six centimètres, sa défense fût toute à son honneur même si au final c'est l'attaquant qui sortira vainqueur.
Les courants s'enchainent, les prises avec, même si dans l'ensemble elle sont de petites tailles, tout au moins pour cette rivière car sur bien d'autres elles seraient tout à fait à la maille. Ma troisième truite maillée sera prise sur les coups d'onze heures vingt, se sera la dernière à venir à la maison, ne m'autorisant qu'à prélever trois truites par sortie. Il y aura encore deux autres truites maillées de vingt trois centimètres et deux ou trois truitelles jusqu'à la fin du parcours mais toutes auront le droit de regagner leur cache gracieusement.
13H20, je suis arrivé à la fin du parcours et au pied du sentier qui mène à la route. Je prends cinq minutes pour me rafraichir et boire a plus soif sachant la peine qui m'attends pour réussir à gravir ce chemin sinueux dans la montagne. Un nuage gris, qui sort dont ne sait où, vient apporter un semblant de fraîcheur. J'en profites pour attaquer la côte alors que quelques gouttes font même leur apparition. Elles sont très grosses mais bien dispersées, on pourrait les compter tellement cela ressemble à un très lent goutte à goutte. « BRRROUUUM !!! », cette fois l'orage gronde, il est vrai qu'en montagne le temps change rapidement mais là il va battre un record. Alors que dix minutes plus tôt la chaleur était intenable sous un soleil de plomb et un ciel bleu comme l'azur, voilà que le temps devient sombre et que les nuages gris se disputent la primeur avec les noirs. Un coup de vent violent vient marquer le début des hostilités, la pluie s'abat maintenant avec une violence incroyable et le vent, violent lui aussi, vient renforcer cet atmosphère surréaliste. Je ne peux que continuer a avancer à la recherche d'un éventuel abri. Une excroissance rocheuse sera mon refuge pour quelques minutes, juste le temps de filmer le déluge pour preuve, mais voyant que l'accalmie n'est pas prête d'arriver, je me décide à reprendre ma marche forcée et tant pis si je dois être trempé jusqu'au os.
13H45, j'arrive enfin à la voiture, je ne prends le temps que d'enlever ma veste de pêche et mon débardeur imbibés d'eau, puis je saute me mettre à l'abri dans celle-ci. Mes cheveux coulent l'eau comme si je sortais de la douche, d'ailleurs une vieille serviette qui traine sur la plage arrière va me permettre d'atténuer les dégâts.
14H00, descendu quelques kilomètres plus bas, où la pluie n'a même pas fait son apparition, je fini de quitter les cuissardes et autres ceintures. Cette magnifique journée de pêche restera dans les annales de part la particularité de son dénouement.
24 juin 2010
Rien ne sert de courir....
Ce 24 Juin 2010 devait être l'occasion de reformer la fine équipe des pêcheurs à savoir Tit, Chris et moi même. Nous avions décidé de nous retrouver au bord de la Vis pour une sortie pêche à trois, occasion qui ne nous avait plus été donnée depuis le 28 Mars 2008...
Oui mais voilà, il est 22h30 la veille au soir lorsque mon téléphone se met à vibrer. Coup dur, c'est Christophe qui s'est fait une petite contracture au mollet pendant la sieste...EUH le footing pardon ! Il est trop tard pour prévenir Tit qui lui demain matin part pêcher avant nous, juste à l'heure légale et qui donc doit déjà être couché.
05H00, mon réveil me sort d'un profond sommeil, j'ai rendez-vous à 06h30 avec Tit au pont submersible, c'est pourquoi je ne traine pas, tout l'équipement est déjà chargé depuis la veille, il ne me reste plus qu'à boire mon café et prendre le ravitaillement.
06H30, j'arrive au point de rendez-vous, Tit m'attends à côté de sa voiture, son visage est marqué par la surprise lorsqu'il s'aperçoit que je suis seul. Les explications données concernant l'absence de Chris, nous prenons le chemin de la rivière. Tit m'explique que sur le coup du matin, ou plutôt devrai-je dire sur le coup du crépuscule, il a fait une première truite maillée. Il veut me montrer la vidéo de sa prise mais comme celle-ci a été réalisé alors que le soleil n'était même pas levé, je dois me contenter du son tellement la luminosité est nulle. Nous débutons quelques mètres en aval du pont submersible, tactique qui s'avère inefficace.
06H45, positionnés sur le pont, nous lançons nos cuillères au petit bonheur la chance sur ce grand plat, tout en observant plusieurs truitelles qui fuient en nous apercevant. Il ne faut qu'un lancer et quelques tours de manivelle pour ferrer le premier poisson de la journée, elle mesure 22,5 centimètres, comme il lui manque un demi centimètre pour être maillée elle retourne à l'eau couler des jours heureux. Je me dis à ce moment là que la journée risque d'être fructueuse. Il faut pourtant attendre une heure avant de voir le deuxième poisson, c'est une jolie truite de 26 centimètres et c'est Tit qui vient de la piquer.
Il n'est que 07h45 mais le soleil chauffe déjà nos épaules par cette belle journée ensoleillée, le vent est nul et la température qui avoisine les vingts degrés va bientôt monter jusqu'à plus de trente. Les coins magnifiques s'enchainent à défaut des prises, ce qui fait dire à Tit « j'espère que ça va mordre de nouveaux ? ». Je le rassure en lui disant que très souvent les prises se font par séries entrecoupées de moments creux pendant lesquels il semble que les poissons ont déserté la rivière.
09H45, c'est à mon tour de douter, car si Tit a entre temps fait une petite truitelle, je n'ai plus eu aucune attaque, c'est pourquoi il m'entends lui dire, sur un ton un peu dépité « ça fait trois heures que j'ai rien touché ». M'ont elles entendu ?, une chose est sûre cette jolie truite de vingt cinq centimètres vient de prendre ma cuillère, la bagarre est de courte durée et c'est avec soulagement et satisfaction que je la photographie posée sur l'herbe. La pêche continue avec des prises de truitelles non maillées, elles semblent de nouveau être de sortie, d'ailleurs nous voulions faire une pause pour prendre un encas mais toutes ces attaques nous stimulent tellement qu'il en est maintenant hors de question. Tit est cette fois-ci un peu moins en réussite, les prises s'enchainent à une vitesse extraordinaire sur ma cuillère jaune à points rouges alors que plus tôt ce matin c'était lui qui avait du succès avec la même cuillère, mais blanche à points rouges. A tel points d'ailleurs qu'il change pour monter une jaune lui aussi.
10H30, nous voici devant un grand trou, l'eau de la Vis est tellement claire que malgré la profondeur, trois ou quatre mètres, nous pouvons sans effort observer le fond de l'eau. « Tit bé le monstre là ! Là ! Là ! », je suis sous le choc, quasiment sous mes pieds je vient de voir sortir une truite qui doit faire dans les cinquante centimètres et sûrement plus de deux kilos. Tit n'a pas eu le temps de la voir car elle n'a fait qu'une très courte apparition. La cuillère est ici obsolète du fait de la grande profondeur, c'est pourquoi je décide de changer et de monter un vairon factice... « Put...c'est pas vrai ! J'ai oublié ma ceinture à la voiture! », c'est une sorte de sacoche qui s'attache comme une ceinture avec plein de poches où j'ai toutes mes cuillères et autres leurres. Je me souviens tout à coup, dans mon désarroi, que dans une poche de mon gilet j'ai gardé un leurre souple plombé que j'avais trouvé il y a quelques temps au bord de l'eau. Sans grande conviction j' essai de le manier devant sa cache mais malheureusement sur un accrochage sournois il restera au fond de l'eau....A force de rester à observer celle-ci, nous détectons d'autres plus petites truites mais quand même d'une taille tout à fait respectable, elles se promènent sur le fond puis regagnent leur cache tranquillement. Tit essai lui aussi à son tour avec un leurre souple mais même si elles semblent énervées par sa présence, elles ne déclencheront aucune attaque.
11H00, je suis en pleine réussite, les truites sautent sur ma cuillère comme on se jette sur des cadeaux de Noël. Me voici avec trois belles truites maillées, j'en remet encore une à l'eau pourtant maillée elle aussi, d'une taille de vingt trois centimètres, et je n'arrive plus a compter le nombre de truitelles rendues à la rivière gracieusement.
12H00, une petite plage de galets ombragée, sera le lieu idéal pour notre casse-croûte. Si le menu est plus qu' ordinaire, le cadre lui, ne souffre d'aucune comparaison. Le temps magnifique, la température si douce à l'ombre des arbres et il faut bien le dire la fatigue des quelques kilomètres de rivière déjà dans les jambes, nous invitent à prendre le temps d'apprécier cette pause. Puisque on parle des jambes un peu lourdes, il faut que je vous décrive les cuissardes de Tit. Comment vous dire... Caro, sa femme, lui a acheté ces cuissardes pour lui faire plaisir lors d'une brocante, pensant faire une bonne affaire au vu du prix et sachant que celle-ci sont des AIGLES. Oui mais voilà, si la pointure semble bonne, je me demande s'il n'existe pas des cuissardes juniors. En effet celles-ci ne monte pas plus haut qu'à mi-cuisses, je vous laisse imaginer la galère pour évoluer dans l'eau sachant que la profondeur est ici souvent importante. Je ne compte plus le nombre de fois où l'eau est passée par dessus, les remplissant d'une eau glacée comme peut l'être celle de la Vis à tout moment de l'année. D'ailleurs il finira la partie de pêche en ne cherchant même plus à savoir si la profondeur convient ou pas, ce qui m'offrira de franches rigolades en le voyant ainsi évoluer dans l'eau avec des cuissardes submersibles.
12H30, bien reposés et rassasiés, nous reprenons la pêche. Enfin quand je dis reposés c'est un bien grand mot car les jambes sont toujours aussi lourdes, surtout celles de Tit qui doit trainer deux kilos d'eau de plus par cuissardes. La pêche reste fructueuse, nous sortirons encore quelques petites truites sur les prochains coins.
Je laisse Tit passer devant car ma réussite étant un peu insolente, je voudrais bien qu'à son tour la baraka lui revienne. Le voici sur un grand pool très intéressant, la berge très encombrée ne facilite pas le positionnement, d'ailleurs celle de Tit n'est pas du tout académique et ses jambes ne la supporte pas longtemps, c'est pourquoi le voilà assis en tailleur, pêchant comme il peut. « j'en ai une ! » s'exclame t-il ! Je n'en crois pas mes yeux, la canne est effectivement plié en pointe et le vacarme que fait la truite en surface en se débattant ne laisse aucun doute. Tit réussi à la ramener au bord puis à la faire sauter jusqu'entre ses jambes. La situation est des plus cocasse, nous rigolons tellement que Tit n'arrive plus à la mesurer, la truite passe en quelques secondes de vingt quatre à vingt six centimètres.
Cette fois la fin du parcours est là, les jambes déjà plus que sollicitées vont devoir encore une dernière fois fournir un bel effort pour nous ramener à la route qui passe quelques centaines de mètres au dessus. La pente est au minimum, sur les bons morceaux, à trente pour cent, je vous laisse imaginer avec la chaleur ambiante et la fatigue du parcours effectué, l'énergie qu'il va falloir trouver pour grimper à la voiture.
Ce fût une magnifique journée, de celle dont on se souvient longtemps et qu'on voudrait revivre plus souvent. En espérant que la prochaine fois Chris puisse lui aussi participer à l'aventure afin que la réussite soit totale.
10 juin 2010
SOUVENIRS.....SOUVENIRS !
En faisant un peu de rangement dans les papiers de la maison, je viens de tomber sur deux anciennes sorties pêche à la truite dans les Pyrénées orientales retranscrites sur un morceau de feuille. A l'époque nous habitions Cerbère, c'était en 1998, j'ai décidé de vous en faire part...
20 Fevrier 1998
10h00, arrivé au bord du Tech, tout est calme et la rivière semble couler des jours paisibles. L'eau est basse, légèrement teintée, il fait bon, sans vent même si le soleil ne chauffe guère pour l'instant.
Équipé en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, me voilà parti vers ce traditionnel courant qui marque le début de mon parcours. Mon lancer monté de ma cuillère fétiche en main, je commence à prospecter tous ces postes si bien marqués et qui pourtant ne m'ont jamais rien donnés. Cette succession de courant faite avec le plus grand soin, mais totalement infructueuse, me voilà devant ce parcours, tant apprécié, fait de petits courants lents et peu profonds, qui regorge de belles truites. Dernier lancé, sous ces petits buissons qui surplombent l'eau, la cuillère passe admirablement, elle flotte, virevolte, accélère, se retrouve dans mes pieds sans le moindre agréable accident de parcours. « Mais que se passe t-il aujourd'hui ?!! », la lune est bonne, le temps aussi, la température également.....Tant pis, je ne perds pas confiance, il n'est que 10h20 et la rivière me réserve encore de belles caches.
10H30, en voilà une justement, un gros rocher planté dans l'eau dont le courant vient flatter les flancs et caresser le ventre. « Ici il doit y en avoir une belle !» me dis je. Troisième passage, toujours rien... Je décide de passer une nouvelle fois mais plus lentement, la cuillère tombe au ras du rocher, descend fébrilement, semblant narguer l'appétit des truites, soudain une petite secousse dans le poignet, serait-ce dame Fario venue me souhaiter la bienvenue ? Ça vaut le coup de réessayer... Lancé identique, même vitesse de récupération, les yeux rivés sur ma cuillère je suis sa descente vertigineuse, lorsque j'aperçois la belle truite venant mettre un coup de nez sur cet intrus, semblant lui indiquer sa présence indésirable. Qu'à cela ne tienne, elle va y retourner encore plus indésirable. Cette fois c'est bon, l'attaque est franche, mon poignet en tremble encore, c'est un magnifique poisson, elle essaye de regagner sa cache à grands coups de tête, la canne pliée joue bien son rôle pour adoucir ses a coups violents. Après dix minutes d'une lutte sans merci, la voilà allongée sur le sable de la rive. Dame fario est parée de sa plus jolie robe, comment ne pas en tomber amoureux au premier regard.
Déposée dans mon panier sur un lit de feuille humide, je suis prêt pour une journée magnifique. Journée très agréable qui m'offrira la prise d'une autre truite de plus petite taille, ainsi que la visite express d'une bonne dizaine d'autre. Quel dommage que Céline ne soit pas là elle, car elle a du rentrer sur Montpellier pour son entretien de stage à la clinique du parc. Ce n'est que partie remise, en espérant que la prochaine fois elle aura autant de chance que moi.... !!
Printemps 2008
10h00, nous voilà Céline et moi au bord du Tech. Cette fois-ci nous sommes montés plus haut, entre Arles sur Tech et Prats de Mollo. La rivière est très belle, petit ruisseau se faufilant dans un cadre boisé et très accidenté. L'eau est claire et très basse. Du pont nous apercevons trois truites qui tranquillement se baladent dans un calme gobant de temps en temps en surface. Il n'en faut pas plus pour nous faire bouillir le sang, armés de nos cannes à mouche nous voilà partis pour attaquer ce joli parcours inconnu.
Nous contournons le pool en nous camouflant dans la végétation et commençons à pêcher un peu plus bas. Il y a de beaux petits courants, malgré cette eau très basse. Motivés nous faisons passer nos mouches avec la plus grande application, mais même avec tout ce professionnalisme les truites dédaignent monter sur nos artificielles.
Arrivant aux abords de ce fameux pool, nous nous assoyons sur un rocher, fumant une cigarette, afin d'observer leur manège et savoir comment les pêcher.
« Mais que se passe t-il ?, Elles ont disparu ! » Nous avons beau scruter sans fin le fond de l'eau, chaque rocher, rien n'y fait elles ont belle et bien disparu. Nous ont elles vu, entendu ou autre nous n'en savons rien.
Tant pis nous continuons de remonter la rivière, sans laisser passer le moindre courant, la moindre pierre pour toujours le même vain résultat... « Ah si ! » Je viens d'attraper quelque chose, pas de souci ce n'est que mon sandwich car nous sommes remontés manger, il est déjà 13h00. Une fois le ventre plein, nous décidons de redescendre à Arles sur Tech, où les dames Farios nous semblent moins capricieuses.
Céline
décide de continuer à la mouche, moi par contre je prends la
cuillère. Arrivés à moitié de parcours, nous nous retrouvons pour
comparer nos paniers et là surprise !! ils sont aussi vide l'un que
l'autre....Céline commence à s'impatienter et à bouder les
truites, moi aussi d'ailleurs mais je continu irrémédiablement à
faire passer ma cuillère autour de toutes les caches s'offrant à
moi. Alors que la résignation commençait à prendre le dessus, tout
à coup c'est l'attaque, la belle s'est jetée sur ma cuillère, la
bagarre est de courte durée, elle se décroche et gagne la partie.
Enfin le moral remonte un peu. Ce joli rocher immergé sous ces
branches surplombant l'eau doit obligatoirement en abriter une. Ma
cuillère tombe délicatement au pied du rocher, le temps d'effectuer
un tour de manivelle et dame Fario se précipite sur cet intrus.
Cette fois-ci la bagarre tourne à mon avantage, ce poisson vient
délicatement jusqu'à mon panier. Je cours voir Céline pour lui
dire de prendre son lancé pendant qu'elles sont mordeuses.
Elle râle un peu, jalouse de ma prise, mais va quand même chercher
sa canne à cuillère à la voiture hâtivement... si pressée
d'ailleurs qu'elle en redescendra sur les fesses le chemin qui mène
de l'auto à la rivière. Je décide de la suivre un peu afin de lui
glisser quelques tuyaux. Voilà une superbe cache devant nous, je lui
explique comment la travailler. Elle s'exécute aussitôt, passe très
précisément avec beaucoup d'application, il n'en faut pas plus pour
qu'une truite vienne en découdre avec elle. Quel dommage la belle
s'échappe alors qu'elle était presque dans nos pieds. Je sens que
Céline voudrait bien mettre sa canne en kit, mais elle arrive
à prendre sur elle....
Nous ne voulions pas abandonner sur cette mésaventure, c'est pourquoi nous pêchons encore quelques courants, malheureusement les truites, elles, ont décidé que c'était fini pour aujourd'hui.
03 juin 2010
A qui le tour ?
05h10, le réveil n'a même pas eu le temps de sonner, réglé pour 05h15 il est pris de court par mon enthousiasme. Un café vite « sifflé », un casse-croûte emballé avec hâte dans la glacière et me voilà sur la route de la Vis. J'ai rendez-vous avec Christophe à Sauve, ce sera notre première sortie de l'année, lui n'ayant pas pêché la Vis cette saison, nous avons décidé d'en prendre la direction.
06H30, nous arrivons quasiment en même temps au point de rendez-vous, je glisse rapidement mes affaires dans sa voiture, il s'étonne de ne me voir vêtu que d'un débardeur, mais s'il est vrai que la température risque d'être un peu fraiche à la première heure, elle devrait vite devenir insoutenable.
07H10, nous commençons à pêcher un parcours que nous ne faisons que très rarement tant son accès et son retour son physiques. Le risque de trouver un autre pêcheur devant nous est donc minime, c'est l'avantage de ce genre de coin. Nous sommes équipés tous les deux de la même cuillère blanche à points rouges ( technique idiote je vous l'accorde ). Le parcours débute par un plat où nous pouvons déjà observer quelques poissons en promenade. Après quelques lancers infructueux nous décidons de les laisser vaquer à leurs occupations. Christophe vient de repérer un peu plus haut une belle Fario d'une trentaine de centimètres, le voilà qui lui fait passer son leurre plusieurs fois à ses côtés mais sans résultat. Cette situation se répète encore plusieurs fois et nous commençons à douter de leurs bonnes intentions.
07H30, si la fraicheur matinale a quelque peu fait frissonner mes bras, les premiers rayons de soleil ont déjà bien vite fait de me le faire oublier, ce n'est pas Christophe couvert d'un sweat à manches longues qui dira le contraire.
07H50, « si Tit était là il nous dirait que nous sommes arrivés trop tard et que la journée est foutue ! », c'est Christophe qui vient de balancer cette vérité et nous rigolons en imaginant la scène. Je décide de ne pas baisser les bras si tôt. J' ai changé quelques minutes auparavant de cuillère, passant de la blanche à la jaune à points rouges à cause d'une branche qui a décidé de sanctionner mon mauvais lancer. Avec application je peigne ces grosses pierres immergées, ma cuillère glisse lentement entre celles-ci mais sans résultats. Plutôt que de sauter un peu rapidement sur le suivant, je décide de le tenter une nouvelle fois en faisant descendre la cuillère de plus haut. Elle frôle maintenant les galets du fond, en effectuant un arcle de cercle devant une grosse pierre elle provoque l'attaque d'une très grosse truite toute noire, je la tiens une dizaine de secondes puis elle se décroche et regagne sa cache à toute vitesse. Je râle tout ce que je peux en rejoignant Christophe un peu plus haut pour lui expliquer ma mésaventure. Je le retrouve en mauvaise posture, il vient de s'accrocher lui aussi et va perdre à son tour sa cuillère. Alors que je tente une énième fois le même courant, attendant Chris qui remonte sa ligne, l'attaque tant attendue surgit de nulle part, la ligne se tend et malgré le fait que je mouline à contre courant la résistance est très honorable. La belle mesure 28cm, sa robe jaune et ses points rouges vifs en font une beautée.
08H30, Chris pêche quelques mètres plus haut, mais la densité de la végétation ne me permet pas de l'apercevoir, c'est pourquoi lorsque j'entends « BRUNO....BRUNO !!!!! », je me précipite dans sa direction car soit il a un problème sérieux, soit il tient un joli poisson...C'était le deuxième cas, mais j'arrive trop tard, il s'est débrouillé tout seul, en voyant la configuration du coin je comprends qu'il lui sembla difficile de la sortir seul. C'est une jolie truite de 27cm, Chris est ravi car elle fût difficile à ramener tant le courant à cet endroit là est puissant.
Nous continuons a découvrir ce magnifique parcours où se succèdent courants, pools et grands trous très profonds, certains dépassant surement les trois mètres cinquante. Pour bien le pêcher il faudrait alterner la cuillère, pour les courants et les pools, puis le vairon pour les trous afin de prospecter le fond.
10H00, sur un petit courant sans prétention, alors que ma cuillère promène au gré des veines d'eau et que mon esprit est concentré plus sur le paysage que sur la pêche même, une attaque me sort de ma léthargie, le réflexe du ferrage est bon quand même puisqu'il me permet de ramener cette truite de vingt quatre centimètres et demi.
11H00, nous finissons le parcours, deux solutions s'offrent alors à nous, soit nous continuons un peu plus haut sur ce même parcours, soit nous prenons le chemin qui remonte à la route, regagnons la voiture afin d'aller manger au Grenouillet et pêchons ce parcours ci....la deuxième solution sera la bonne. Attablés, Christophe est lui aussi ravi par le cadre qui nous entoure. Nous discutons de choses et d'autres puis je lui explique que le secteur que nous allons pêcher pourrait bien aussi nous réserver de belles surprises... Comme nous avons décidé de ne pas rentrer tard, nous mangeons rapidement et prenons aussitôt le chemin de la rivière. Christophe n'a jamais pêché ce coin c'est pourquoi je lui réserve les meilleurs postes. D'ailleurs le premier ce présente à nous et je lui explique comment l'aborder, l'ayant pêché plusieurs fois cela évite qu'il commette les mêmes erreurs que j'ai pu faire. Mais ce n'est pas un perdreaux du mois d'Août, il réalise des lancers très précis qui lui permettent justement de ferrer un poisson, mais malheureusement, celui-ci ne viendra pas jusque dans nos bras. Je râle intérieurement car je me fais toujours un plaisir particulier a faire attraper un poisson à des collègues qui ne connaissent pas le coin. Tant pis nous voici quelques mètres plus haut, juste en dessous des chambres d'hôtes qui apparemment, aux dires de la patronne, ont été désertées par les pêcheurs. Je sais que ce coin regorge de belles truites, je place donc Chris dans les meilleurs conditions pour le pêcher. « Tu as deux points précis a pêcher, le courant qui passe juste entre ces deux rochers et la bordure de notre côté », c'est sur ces paroles que je lui laisse la place. Il s'avance, légèrement courbé pour ne pas trop se faire remarquer, il tente de propulser sa cuillère entre les deux rochers...problème son doigt tarde un peu trop sur le fil et la cuillère ainsi déviée dans sa course finit finalement par se poser délicatement sur la bordure. « la chance est avec nous ! » me dis-je, malheureusement le fil est passé par dessus une branchette, le temps que Chris commence a enrager de sa maladresse le voilà qui se pli en deux au diapason de sa canne. Je n'ai pas le temps de me poser la question de savoir ce qu'il lui arrive, une truite sublime est en train de s'enrouler autour de son fil, accrochée par le bout des lèvres à sa cuillère, nous nous inquiétons pour la suite du combat. Ni une ni deux, tant pis s'il y a un peu d'eau, le poisson est trop beau pour le rater, voilà que je saute à l'eau car nous sommes perchés au-dessus de la rivière d'une quarantaine de centimètres. Chris arrive à la guider jusqu'à moi et d'un geste sec je la propulse sur la rive, dans les herbes, à ses pieds. Nous la contemplons avec admiration, elle à une robe noire et rayée, elle est bien grasse et pour savoir tout sur elle je sors mon mètre de la poche du gilet.... « 39 centimètres !!! »m'exclame-je !! je lui tape dans la main, je peux deviner dans ses yeux tout le bonheur que lui procure cette prise, c'est pour ressentir ces sensations que j'aime faire attraper du poisson aux autres.
Pour nous la journée de pêche est a classée dans les meilleures sorties, encore sur le coup de l'émotion je pêche le courant suivant. Nos cuillères semblent irrésistibles, après deux ou trois passages voilà qu'une troisième belle Fario vient prendre la pose sur le rocher, elle mesure vingt sept centimètres mais nous ne lui aurions pas donné plus de vingt quatre si nous ne l'avions mesuré, tant la précédente était grosse.
Les assidus de mes sorties auront notés que c'est la deuxième fois maintenant que je fais sortir des poissons sublimes à mes accompagnateurs, à chaque fois d'ailleurs sur ce même parcours, à ce rythme là il me serait plus rentable de laisser passer les trains seul et de faire guide de pêche.
La journée s'achève quelques mètres plus en amont, c'est avec plaisir que nous nous rafraichissons grâce à l'eau de la rivière, tant le soleil aujourd'hui, chauffe sur nos têtes. Je repense à cette truite sur le parcours magique, ce poisson sublime aussi qui m'attends ou attends mon futur binôme...
29 avril 2010
Les pêcheurs préfèrent les grosses....
Une fois n'est pas coutumes, ce matin le réveil sonna à 05h00 et non pas à 07h00. Hier soir, motivé par la très bonne journée passée avec les filles à la ferme enchantée, je me décidais à tenter un coup du matin si cher à Tit.
Ce matin, la maison est encore toute endormie, je bois mon café tranquillement au salon avant de finir de m'équiper.
05h30, me voilà au volant de la voiture, la ville elle aussi somnole encore, c'est avec la plus grande facilité que je la traverse. Le lever du jour est prévue pour 06h34 précisément, je ne suis donc pas pressé et c'est peut-être ce qui sauva ce joli petit renard qui prend le temps de traverser la route juste devant la voiture.
06h20, me voilà garé au coin magique, tiens c'est étrange il n'y a personne aujourd'hui.... « Alors on a du mal a se lever les pêcheurs ? ». Oui je jubile un peu c'est vrai, mais pour une fois que je fais l'effort d'être si tôt au bord de l'eau, un petit fanfaronnage me paraît de circonstance.
« BLLLL, BLLLL !! », ma poche se met à vibrer, plus précisément le téléphone qui est à l'intérieur, c'est un message de Céline se réveillant et qui est toute étonnée de ne pas me trouver à coté d'elle entrain de baver.
06h34, on ne peut être plus à l'heure, les premiers lancers seront très importants car comme souvent ils conditionnent la journée de pêche, tant sur le plan des touches que sur la perte des leurres.
Je n'ai pas besoin d'attendre bien longtemps pour apercevoir ma première truite, au cours du troisième lancer, la belle suit mon leurre jusqu'à mes pieds mais refuse d'y toucher. Deux lancers plus tard, en amont cette fois, première petite attaque, un coup de nez et puis s'en va. Je me dis que ça ne commence pas trop mal et qu'à se rythme là je devrai avoir rapidement mon premier poisson. 07H05, le courant lent qui passe juste sous ces branches d'arbres et qui en effleure les pointes me paraît magnifique, seul ombre au tableau, il me semble à chaque fois magnifique mais je n'y ai jamais rien attrapé. Tant pis je tente une nouvelle fois ma chance, j'ai mis ce matin une cuillère Déca jaune à points rouges, jaune car la luminosité vu l'heure n'est pas encore très forte. La précision est toujours source de réussite, ici encore alors que je m'épate moi-même de mon lancer une touche sèche et brutale vient secouer mon poignet, la belle s'est jetée dessus comme une furie avant que le leurre soit emporté trop loin dans le courant. Elle mesure vingt sept centimètres et arbore une robe d'un jaune témoin de son poste sur lit sablonneux.
La matinée s'annonce belle, le jour se lève allègrement maintenant et laisse apparaitre un ciel bleu magnifique.
07h40, point d'autres attaques pour le moment, me voilà sur le grand plat qui abrite moult truites. Plusieurs lancers sur la partie aval du plat ne donnent rien, j'arpente avec la plus grande discrétion la berge, jusqu'à cette endroit où un bloc rocheux bouche le passage et où un très gros figuier à trouver refuge. Les grosses branches du figuier surplombent la rivière, inutile de vous dire que si vous y accrochait un leurre...c'est perdu. C'est pourquoi je décide de faire un tout petit lancer sous la main d'à peine un mètre tout contre la berge creuse. J'aperçois la cuillère revenir dans ma direction et remonter vers la surface, je pense que la récupération est terminée lorsque je vois surgir je ne sais d'où une truite énorme, elle fait facilement les quarante centimètres, elle fait malheureusement demi-tour avant de s'en saisir juste au moment où la cuillère approche de la surface. Par le passé, et c'est là que l'expérience sert, j'ai remarqué qu'il ne faut pas repasser de suite avec le même leurre sous peine de voir le poisson fuir dans sa cache. De ce fait, je change de leurre, un petit vairon en plastic et monté à grande vitesse. A cause du contre jour je ne peux pas la distinguer, je pêche donc à l'aveuglette, je décide de poser le vairon exactement au même endroit que la cuillère précédemment. Mon cœur bat si fort que je me demande si la truite ne peux pas l'entendre, le vairon virevolte sans encombre mais la belle ne se montre point. Plusieurs passages n'y changeront rien, je dois bien me rendre à l'évidence, ce poisson est parti. Un peu dépité je dois bien le dire, je remonte la cuillère et contourne donc ce bloc rocheux pour monter plus en aval de quelques mètres. Je m'approche du bord sans faire de bruit et observe l'eau, je n'aperçois rien mais ici aussi le contre jour joue contre moi. Je propulse ma cuillère en aval, au ras du gros bloc rocheux que je peux en amont pêcher n'étant plus gêné par le figuier... une goutte de sueur perle sur mon front, elle coule tout doucement sur ma joue puis dans mon cou au diapason de la grosse qui suit de nouveau ma cuillère. D'un revers de queue dédaigneux la belle préfère prendre la fuite cette fois-ci, c'est avec une profonde tristesse que je l'observe s'éloigner et disparaître. « Je sais que tu es là maintenant ! », c'est sur ces paroles d'encouragement que je reprends ma partie de pêche, loin d'être abattu je me dis qu'un jour ou l'autre tout les deux on se reverra...
« AH ! Au fait pour les TIT, Christophe et compagnie, je vois vos yeux qui brillent à l'idée de la ferrer avant moi. Sachez une chose j'ai placé un détecteur de mouvement avec ondes vibratoires dans l'eau pour tout autre pêcheur qui s'approche de MON coin... »
08h30, je viens de finir le parcours, je retourne à la voiture et décide de pêcher le parcours bas du Grenouillet en commençant le plus en aval possible. Je n'ai jamais pêché si bas sur ce parcours, il débute par de grands plat avec un courant très lent voir inexistant. Les poissons se font rare, je n'observe qu'une truitelle se promener sur ces grands fonds, ma cuillère semble perdue dans cette immensité désertique. Je passe rapidement ce coin pour arriver sur les premiers courants, ici la brume peine à se lever faisant malgré les premiers rayons de soleil qui percent à travers les pins.
09h15, alors que j'entends deux hommes discuter bruyamment sur la berge d'en face mais sans les percevoir, je devine un léger courant qui lèche le rocher immergé sur mon coté de rivière. Je tente ma chance, la cuillère descend de quelques centimètres le long de celui-ci puis subit un arrêt brutal, je sens la truite se débattre de toutes ses forces, peine perdue la voilà qui repose sur la mousse à mes pieds. Tout comme la précédente, signe qu'elle commence à sortir plus souvent se poster, elle aussi est jaune avec de jolis petits points rouges parsemés ci et là. Elle mesure vingt six centimètres, je la met rapidement dans ma musette afin de pouvoir continuer la pêche.
10h15, me voilà presque à la voiture, quelques truites ont, depuis suivi ma cuillère mais sans attaque réelles, il me reste ce si joli courant où là encore je n'ai jamais rien ferré... Je le pêche tout de même avec sérieux, bien m'en prends car au bout de quelques lancers alors que je commençais à douter d'y attraper un poisson aujourd'hui, voilà qu'une belle sauvageonne vient se piquer à mon triple. Une troisième Fario de la même taille vient rendre cette matinée tout à fait délicieuse... ( TIT ne t'enflamme pas car les deux autres je les ai attrapé après 09h00, heure à laquelle je pêche déjà même quand je fais ma marmotte !)
11h00, je suis enfin de retour à la voiture, on ne se rends pas compte du trajet que l'on fait en pêchant ... n'ayant pas déjeuné ce matin, j'ai le ventre qui réclame son dû. Je quitte tout mon barda, sort la glacière, m'installe sur la table en bois au milieu de ces magnifiques sapins et casse la croûte en reposant mes jambes...ainsi que le reste du corps.
Ici seul le chant des oiseaux vient contrarier le silence environnant, il me semble que je pourrai rester des heures à écouter et ressentir toute cette flore qui m'entoure, la faune des villes semble bien loin quand on est au cœur de celle de dame nature.
11h45, je reprends la partie de pêche en commençant par le parcours haut du Grenouillet, les truites sont dehors j'en aperçois souvent qui se promènent....elles n'ont tout de même pas l'air d'être en chasse. Je pêche, c'est vrai, avec beaucoup moins d'assiduité que le matin, les courants se suivent et se ressemble tant ils ont l'air déserté par les truites, elles ne sont que dans les grands plats mais fuient à chaque lancers.
L'après-midi sera de courte durée, il est 14h00, vu que les demoiselles semblent réticentes et que le matin fût fructueux, je décide de rentrer à la maison plus tôt. « Non je ne t'oublies pas monstre des profondeurs! »....
22 avril 2010
Pas le bon panier....
Pep's a décidé d'aller pêcher sur la Vis, je me sens donc obligé d'y aller aussi, vous comprenez bien que j'aurai préféré faire le ménage mais bon....
Son réveil sonnera à 06h00 alors que le mien reste réglé sur 07h00 ( « faut bien lui laisser un peu d'avance... »). J'arrive sur les bords de la rivière avec plus d'une heure de retard sur Pep's, c'est pourquoi nous décidons de nous retrouver à midi pour casser la croûte, car si je dois prendre encore demi-heure pour le retrouver il ne me restera pas grand temps pour pêcher.
Je décide de monter directement sur le coin en amont où l'accès est difficile, parcours proscrit pour les jambes à Pep's mais qui garde tout son attrait pour peu qu'on veuille bien se faire mal. Apparemment d'autres courageux se sont levés plus tôt que moi afin de faire le parcours, je grince des dents et décide de monter encore plus en amont sur un parcours dont je connais le chemin pour y accéder mais pas pour en remonter... Me voilà enfin au bord de l'eau il est tout de même plus de 09h30 et je n'ai toujours pas trempé mon fil.
Je débute sur un plat magnifique, la rivière est encore un peu haute mais très pêchable, le soleil resplendit et la température très agréable n'est pas atténuée par ce léger vent du sud. Je ne mets pas longtemps à voir mon premier poisson, lors d'un passage sur la gravière en fond de courant, une ombre surgit de nulle part pour venir suivre ma cuillère, celle-ci la délaisse assez vite et retourne vaquer a ses occupations... Mes lancers sont bien moins précis aujourd'hui et les branches surplombant la rivière sur la bordure opposée peuvent en témoigner. J'arpente ce parcours en le découvrant à moitié tant je l'ai peu pêché, il est très beau aussi mais je n'ai pas du choisir le bon jour pour en faire une sortie mémorable car il est déjà 10h45 et je n'ai vu quasiment aucun autre poisson.
Je me décide à trouver un chemin pour remonter à la voiture et trouve une éclaircie dans la broussaille qui pourrait bien en être un. Je l'emprunte avec crainte car je vois bien qu'il ne sera pas simple et que la route est vraiment très haute au-dessus de moi... Les branches me fouettent le visage, les cailloux roulent sous mes pieds et finissent leurs courses loin derrière moi, mes cuisses commencent à brûler et je cherche vainement mon second souffle. J'aperçois enfin la route, encore un dernier effort, le goudron est sous mes pieds et il était temps car je souffle comme si j'avais parcouru un cent mètres.
Arrivé à la voiture, la bouteille d'eau devient ma meilleure amie et j'ai du mal à m'en séparer, je quitte tout mon équipement sauf les cuissardes et prends la voiture pour redescendre au lieu de rendez-vous. La voiture de Pep's est bien là mais pas lui, normal vu que j'ai presque une heure d'avance, je décide donc de faire deux ou trois lancers à côté des voitures en attendant l'heure. Pas plus de résultat ici si ce n'est une truitelle de quinze centimètres ferrée dans un courant qui aurait mérité plus grosse prise. Je reviens aux voitures et attends Pep's qui ne tarde pas. Le résultat de sa pêche est tout aussi catastrophique que le mien, ce n'est vraiment pas le jour apparemment, c'est pourquoi nous allons prendre notre temps pour manger. Après le repas, nous décidons de tenter notre chance sur le parcours en amont du coin casse-croûte. Si les truites ne sont pas plus mordeuses, elles sont quand même plus présentes, nous en observons quelques-unes se promener et se nourrir. « mais que vois-je ? », trois morilles grises plantées dans le sable me défient du regard. J'appelle Pep's pour les lui montrer, il s'en suit une recherche plus assidu que notre pêche, nous en ramassons une dizaine jusqu'à la fin du parcours.
Nous reprenons les voitures pour aller voir au coin où j'ai souvent trouvé des morilles, les cannes restent dans la voiture puisque de toute façon ici nous n'avons pas le droit de pêcher. Le résultat dépasse de loin mon attente, les morilles ont poussé à grande échelle, fraiches et noires ou jaunes elles se découvrent à chacun de nos pas.
16H40, il est l'heure de rentrer, nous repartons avec plus de cinquante morilles et zéro truite... Oui je sais ce n'était pas vraiment le plan de la journée mais faute de grives...






