01 décembre 2009
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Nous sommes le 01 Décembre 2009, une petite semaine de vacances me tend les bras. Vous vous doutez bien qu'une ou deux sorties au bord de l'eau s'imposeront. Justement, ce matin du premier Décembre, accompagné de Tit, une visite à nos amis carnassiers est prévue.
Il est 08h10 lorsque je quitte la maison, le rendez-vous est fixé à 09h00 chez Tit qui habite un petit village à quelques kilomètres de Nîmes. « Pourquoi partir si tôt alors ? » me direz-vous. Figurez-vous qu'à cet heure là, pour sortir de l'agglomération (voir sortie du 17 Nov 09) les bouchons sont souvent légions. Mais comme de bien entendu, puisque aujourd'hui j'ai prévu, la traversée de Nîmes se fait sans encombres. Ayant pourtant roulé comme un escargot au vu de l'avance qui était la mienne, je me trouve devant chez Tit à 08h45. Je décide de patienter devant chez lui lorsque je le vois débouler en voiture de son allée, amenant ses garçons à l'école.
09H30, nous sommes sur la rivière, le ciel est bien dégagé, la température est assez fraîche, aux alentours des 04°c. Le soleil peine à apparaître derrière la barrière d'arbres qui forme l'horizon. Le décor est magnifique, quelques rayons de soleil illuminent la palette de couleurs offerte par le feuillage automnale. La brume qui flotte au-dessus de la rivière semble encore endormie. Voilà les premiers postes qui s'approchent, Tit me laisse passer devant car c'est le coin où il touche à chaque fois un brocheton, il voudrez bien qu'aujourd'hui ce soit moi...peine perdue ils ne semblent pas être en chasse, je décide de lui laisser finir seul les quelques mètres de parcours qu'il reste et prends la direction du haut de la chute, une bordure que nous n'avons jamais prospectée. Qu'elle bonne initiative, trois lancers plus tard alors que mon leurre effleure la surface de l'eau, un brocheton vient se prendre à la cuillère... de Tit resté sur le parcours du bas. Il mesure 34cm et retourne à l'eau pour nourrir de futures sensations à d'autres pêcheurs qui croiront en lui...jusqu'au bout. Nous arrivons sur les postes du haut, ici le fond est beaucoup plus important. Nous espérons, vue la qualité de ceux-ci, des poissons trophées. Le troisième et dernier poste terminé, nous sommes bien obligé de constater que les poissons ( ni trophées ni pas assez ) ne sont pas actifs.
Nous voici maintenant à Lecques, il est 11h00, la température a sensiblement augmentée, Tit voulait sauter ce coin là mais sur mon insistance, je ne sais pourquoi, nous y voici quand même. Les premiers lancers sont infructueux et quinze minutes plus tard Tit est déjà sur le départ lorsque je lui suggère d'essayer encore un peu vers le pont en amont. Mes initiatives aujourd'hui sont judicieuses...enfin surtout pour Tit car c'est encore lui qui sort cette perchette d'une vingtaine de centimètres. Le voilà ravi car c'est un coin qu'il a déjà souvent prospecté mais sans aucun résultat. Trop petite pour ravir la ménagère dont je tairai le nom ( « salut Caro ! Oups... ») et qui nous passât commande de sept perches et un sandre pour Noël (vidés et sans arrêtes), elle retourne à la rivière. Cette prise nous regonfle le moral mais ne nous avance pas plus sur la commande, « bon on est pas poissonnier non plus, hein ! »...
12h00, le troisième secteur de pêche est à nos pieds. Nous décidons de le scinder en deux parties, le haut tout de suite et le bas une fois le ventre bien rempli. Il est déjà temps de manger tant le parcours du haut se trouve pauvre en prises. Pour moi c'est donc une demi-journée bredouille, alors que je rumine, Tit pour me remonter le moral me dit ironiquement, « t'inquiètes ! Une fois le ventre plein tu vas te rattraper », seul la température glaciale de l'eau le sauva d'un bain forcé.
Une chose est sûre, cet après-midi ne pourra pas être pire que ce matin...pour moi. Le parcours du bas sera tout aussi productif que celui du haut, si ce n'est le fait qu'il me permis de trouver un Rapala flottant imitation perche qui connaitra son heure de gloire.
13H35, le dernier coin situé au niveau du pont Romain est ma dernière chance de sauver la bredouille. Pour continuer dans son désir de me motiver, Tit attrape une belle perche de 25cm sur un de ses tous premiers lancers...à quelques centimètres de moi. Cette fois-ci je me dis « ça ne peux plus durer ! », sur ces mots, avec un brin d'énervement dans les bras, je propulse ma cuillère vaironnée avec une force non contrôlée...les branches du peuplier en face s'en souviennent encore mais avec beaucoup de complaisance acceptent de me le rendre en le laissant glisser jusque dans l'eau. Tout en ramenant celui-ci j'explique à Tit mon désastreux lancer qu'il n'a pu voir en direct occupé qu'il est à décrocher sa perche. « Ca y est ! » c'est d'un crie retenue que j'avertis Tit de ma première prise de la journée, le temps pour lui de sortir l'appareil photo (oui toutes nos prises sont numérisées qu'elle que soit leur taille), c'est une belle perche de la même taille que la sienne et qui sonne la fin de ma bredouille. Il était temps car sinon j'aurai eu les oreilles qui sifflent pendant plusieurs jours à entendre les sarcasmes des solides. Je pense aussi intérieurement « un poisson bien mérité à la vue d'un lancer d'exception, toute en maitrise et touché... ». Comme quoi la pêche n'a pas fini de nous étonner !!
Le vent depuis une heure environ s'est bien levé, il atteint par rafale les 50km/h environ, il nous gène considérablement dans les lancers, équipés que nous sommes de leurres très légers. Je ne cherche pas d'excuses pour expliquer le médiocre lancer qui aura raison de ma cuillère mais très objectivement la précision des posés s'en trouve atténuée. Je cherche donc un nouveau leurre dans ma boite lorsque je sens au fond de la poche du blouson, le Rapala trouvé quelques temps plus tôt. Je décide de l'essayer, le voilà qui gigote au bout de ma ligne, c'est un flottant articulé de 9cm.
14H30, nous décidons d'essayer un nouveau poste très encombré, la chance va cette fois me sourire. Alors que nous testons le coin depuis quelques minutes, Tit repère une chasse juste devant ses pieds, après plusieurs passages infructueux il me dit « vient tenter avec ton Rapala ! », seulement voilà la pression que je ressens à ce moment dans mon poignet me signifie qu'une belle prise vient de succomber à mon nouveau leurre. C'est une très belle perche de 30cm, bien grasse, elle prouve si besoin était que ce leurre est efficace.
Le reste du temps ne sera pas productif, vers 16h00 nous faisons quelques lancers aux pieds des piles du pont Romain, mais il est trop tard le froid et la nuit arrive à grands pas et les poissons se sont calés.
17 novembre 2009
Découverte....
La saison de pêche à la truite était terminée depuis déjà deux longs mois. En ce mardi 17 Novembre, ciel gris mais température plus que clémente, je me décidais enfin à reprendre le chemin de la rivière accompagné de Tit. Cette fois-ci ce n'était pas la belle Fario que nous allions pêcher mais les carnassiers. Tit avait réussi à me motiver quelques jours plus tôt, le récit de sa précédente sortie riche en poissons avait fini de me mettre des fourmis dans les poignets.
09H00, me voici enfin arrivé chez Tit, les bouchons de l'agglomération Nîmoise n'ont pas eu raison de moi mais ont tout de même réussi a me mettre en retard. Tit revient de la boulangerie avec le pain et les chocolatines, les affaires chargées avec hâte dans sa voiture nous prenons impatiemment la direction du repaire de Sieur Esox and Co.
Je ne sais pas où nous allons, Tit doit me faire découvrir de nouveaux coins sur le Vidourle, en amont de ceux que nous avons l'habitude de pêcher. Le chemin étroit, défoncé et boueux qu'il emprunte maintenant me fais dire que nous sommes presque arrivé et surtout qu'il valait mieux avoir pris sa vieille 106 plutôt que ma Corsa qui sort à peine du carrossier...
09h50, nous voilà au bord de l'eau, la rivière fait à peine deux mètres de large et si la profondeur atteint les 50cms se sera bien le maximum. Nous pêchons à peine depuis quinze minutes lorsque je vois un brocheton suivre ma cuillère ( palette blanche et verte avec une imitation de perchette en plastique) puis s'arrêter net et se caler en plein milieu du petit plat. Tit s'approche et le repère, je lui dis d'essayer avec sa cuillère blanche à points rouges. Premier passage...la cuillère glisse rapidement dans sa direction, l'attaque est fulgurante, il se débat comme un beau diable mais fini tout de même dans la main de Tit pour la photo.
11H20, nous sommes postés sur le rebord de la chute d'eau, en amont la rivière cette fois-ci devient beaucoup plus large ( 5 à 6m ) et la profondeur doit avoisiner les 3 mètres sur les fosses. « c'est ici le poste à perches que je te disais !», c'est avec ces mots que Tit me rappelle sa dernière sortie où il attrapât ici plusieurs perchettes. Il ne me faut pas plus que trois ou quatre lancers pour accrocher une belle perche de 26cm, une taille tout à fait honorable pour ce poisson sur cette rivière.
Demi-heure de pêche plus tard, les compteurs sont toujours bloqués à 1 poisson chacun, même si Tit à fait suivre deux autres brochetons qui ne l'ont pas attaqué. Tit décide d'aller sur un autre coin du côté de Lesques, coin que je ne connais pas là non plus. Le poste est très beau, il permet de pêcher en aval et en amont d'une retenue, ceux qui procure une diversité des postes très intéressantes. Malheureusement, alors qu'ici Tit et Christophe ont eu déjà fait plusieurs fois de jolis poissons nous, nous ne ferons aucun résultat.
13H00, nous venons d'arriver à un troisième coin, ici encore la rivière nous offre des postes variés et de choix. Tit vient d'effectuer quelques lancers lorsqu'il sort sa première perche de la journée, elle doit faire un petite vingtaine de centimètres, après la traditionnelle photo, elle est remise à l'eau pour y couler d'autres jours heureux.
« GROUROU !! GROUROU !! », non ce n'est pas un cri animal (quoi que ?), juste nos ventres qui réclament une pause repas.
14H00, nous sommes cette fois plus en aval mais toujours sur le même coin, la rivière est ici large de deux mètres avec une profondeur d'un mètre, son lit est recouvert de grandes pierres plates qui forment des genres d'escaliers propices à de fabuleuses caches. Il nous faudra quand même attendre quarante minutes pour que Tit attrape de nouveau une perchette du même calibre.
15H30, nous avons une fois de plus changé de coin, nous sommes cette fois-ci au niveau du pont romain. Ce secteur je le connais pour l'avoir déjà pêché avec les solides mais aussi seul très souvent depuis l'autre berge. Les feuilles mortes recouvrent presque entièrement la surface de l'eau, seul le léger courant central à permis de dégager une partie pêchable. C'est donc dans ce bras de rivière que je propulse ma cuillère. La voilà presque à mes pieds lorsque je ressens une soudaine et très vive attaque, la bagarre ne dure pas car le poisson à été piqué sur le bord et se retrouve déjà le flanc couché sur la plagette. C'est un petit Black-bass d'une vingtaine de centimètres, nous voilà très étonnés car nous pensions qu'à cette époque il était quasiment impossible d'en toucher un...notre surprise sera encore plus grande quand dans les minutes qui suivent Tit prendra lui aussi deux autres Black-bass de la même taille.
16H30, une belle perche de 27cm vient se prendre à mon leurre, nous sommes admiratif devant la robe de ce poisson. Il est vrai que la robe verdâtre zébrée de noir et accompagnée de nageoires orangées donne à ce poisson toute sa splendeur.
16H50, il est temps de rentrer à la maison plein de bons souvenirs dans la tête et en photos. Le résultat de notre sortie est tout à fait correcte avec un bon nombre de prises qui se caractérise par 1 brocheton ( 36cm ), 4 Black-bass d'une vingtaine de centimètres chacun et de 4 perches dont deux avoisinant les 26cm chacune.
18 septembre 2009
Les trois coups ont sonné...
Ce vendredi 18 Septembre, je savais que ce serait sûrement la dernière sortie possible pour aller taquiner la truite, aussi depuis quelques jours je ne cesse de prendre connaissance de la météo. Malheureusement les prévisions ne sont pas bonnes du tout, orages violents, voilà ce qui m'inquiète grandement car si cela s'avère vrai je serai obligé de laisser la voiture à Céline et serai donc bloqué à la maison.
« tu vas à la pêche ? » ceux sont les premiers mots de Céline pour me réveiller, je bondis du lit pour apercevoir le temps par la fenêtre....les gouttes tombent irrémédiablement sur le sol, la violence avec laquelle elles lèchent la vitre m'ôte tout espoir.
Il est l'heure de réveiller ma puce, agréable moment qui atténue un peu mon désespoir, le biberon de lait vite descendu on passe à l'habillage enfin pour Eva et Céline car moi du coup j'ai bien le temps d'y penser...
08h00, les filles sont parties, abattu je décide de me recoucher et plonge dans un sommeil profond jusqu'à 11h00...cela faisait bien longtemps que je n'avais pas dormi autant. « Que vois-je ???!!! », la pluie s'est interrompue et quelques éclaircies fleurissent par-ci par-là. Je regarde mon téléphone portable et un SMS de Céline me demande si je veux aller à la pêche. Si c'est le cas je dois charger mes affaires dans le scooter, monter à son travail et récupérer ainsi la voiture.
11H30, je suis devant le boulot de Céline et nous échangeons nos moyens de transport, malheureusement je me rends compte que j'ai oublié l'imperméable, il est impossible de partir sans avec une journée pareille. Je décide donc de retourner à la maison et de rester manger avec les filles, je décollerai vers 14h00.
15H15, me voici enfin au bord de la Vis au coin magique, le temps est très instable avec quelques gouttes puis des éclaircies. L'eau est très basse et claire, les galets sont recouverts d'herbes vertes dues à l'eutrophisation (réchauffement de la température de l'eau). Après seulement deux lancers, le temps me rappelle qu'il fallait absolument s'équiper d'un imper. Malgré celui-ci, la violence de l'averse étant si forte, je dois m'abriter sous les arbres. Cela ne dure que quelques secondes et maintenant le soleil refait une apparition. La rivière se pare même d'une écharpe de brume qui envouterai le plus blasé des pêcheurs. J'en profite pour envoyer un texto à Céline pour lui dire que je suis bien arrivé ( et oui c'est une femme...) ainsi qu'aux solides pour leur faire part de ma dernière sortie.
15H30, pour la der. ce ne sera pas une bredouille, en effet dans un profond à l'abri du courant, ombragé par un très gros figuier dont les branches retombent juste au dessus de l'eau, je pique ma première truite de la journée, elle vient de succomber à ma Mepp's jaune à points rouges, elle mesure 28cm, longue mais filiforme j'en conclu qu'il est bien temps pour les truites de prendre des forces afin de passer l'hiver qui arrive à grands pas. Je finis le parcours magique sans aucunes autres attaques et décide de monter sur le parcours du Grenouillet.
16H30, je redescends la rivière pour arriver au début du parcours, j'ai beau inspecter la rivière je n'observe aucun poisson dehors. Je commence la pêche motivé tout de même par cette première prise qui suffit à mon bonheur. 17H00, dans le même style de coin que lors de ma première prise, figuier compris, j'échappe un joli poisson qui devait avoir les mêmes mensurations que la première.
17H30, dans un grand plat très découvert avec une très grande pierre plate immergée, caché derrière de grandes ronces et de hauts orties j'observe une belle Fario en attente, la tête orientée vers l'amont en quête de nourriture. Après avoir bien étudié le plan d'action, j'effectue un lancer qui me permet de ramener la cuillère jaune à points noirs (et oui l'autre sert de décoration à un brave chêne) juste en queue de la pierre, au moment où celle-ci la frôle, la truite fait un demi-tour et vient taper légèrement dans le leurre mais sans se piquer. Le deuxième lancer subit presque le même scénario si ce n'est que le final est cette fois-ci à mon avantage. Elle mesure 27,5cm, encore un joli poisson, cette sortie est déjà une réussite.
Je continue à pêcher la rivière en remontant, j'arrive au niveau de la maison aux tables d'hôtes, ici la rivière serpente entre de gros blocs rocheux avec une profondeur d'un mètre, un coin à grosses vous vous en doutez. Lors de mon deuxième lancer je subit une légère attaque d'une truite dont la taille n'affolera aucun pêcheur. Deux ou trois lancers plus tard, alors que je fais valser ma cuillère entre les blocs rocheux je sens une belle résistance au bout de la canne, entrainée par le courant elle me surprend par sa défense agressive, elle se met à tourner indéfiniment sur elle même afin de se décrocher, sentant qu'elle risque d'arriver bientôt à ses fins je me permet de la brider rapidement et la sors de l'eau énergiquement. Au vue de sa belle défense j'aurai espéré un poisson plus gros, elle ne fait que 25,5cm mais sa robe est très belle, noire et zébrée, elle m'émerveille.
Il me reste encore demi-heure de pêche, je suis bientôt à la fin du parcours, je m'attarde donc un peu plus sur chaque courant. Le coup du soir est en train de retomber, mais les petites sont toujours dehors, en l'espace de demi-heure j'en remet trois à l'eau et en décroche autant.
19H00, il est temps de plier bagages, dire au revoir à cette belle rivière est très difficile, la mélancolie me guette, j'espère que la saison prochaine sera aussi belle. Les carnassiers et les loups seront j'espère au rendez-vous afin d'atténuer mon chagrin...
27 juillet 2009
à Lolo...
Ah les vacances ! Non pas les miennes mais celles du frérot, le Parisien en congés dans notre belle région ne pouvait résister à l'envie de promener sa mouche sur les courants de ma magnifique Vis, rendez-vous était pris pour ce lundi après-midi, un coup du soir qui sera c'est sûr des plus agréable.
L'heure du rassemblement est prévu pour 15h00 sur le parking du Super U de Ganges, comme à mon habitude je suis là dix minutes avant, Lolo ne tarde pas et après s'être garé à côté de moi nous commençons à charger son équipement dans ma voiture. Rien n'a été oublié et il vaut mieux car le parcours que nous avons choisi ne permettra pas un retour à la voiture pendant la partie de pêche.
Ce parcours ce situe dans le cirque de Navacelles, le petit chemin que nous empruntons pour nous rapprocher un peu de la rivière ressemble plus à un sentier pour bourricots qu'à une route, les cailloux hurlent de douleurs sous le poids de la voiture et certains s'enfuient à toutes jambes, la seconde est souvent trop rapide, la première au pas suffit largement si on ne veut pas trop faire de dégâts...
Nous voici enfin garé sur un accotement qui permet de ne pas boucher le chemin à d'éventuels passages de camions de pompiers, ici la végétation est très touffues, la vrai garrigue où seul règne en maître les sangliers.
Nous empruntons le chemin qui descend à la rivière, la descente doit bien durer dix minutes si mes souvenirs sont bons, nous l'apercevons en contre-bas elle semble si petite mais si belle que rien ne peut maintenant nous arrêter, pas même une erreur de direction au départ qui nous fait perdre quelques minutes.
16H20, la douce chanson de l'eau qui se délasse en coulant des jours heureux dans ce coin perdu de la nature, s'offre à nos oreilles, elle est là devant nous, belle comme un diamant dans son écrin, émerveillés par ce spectacle nous la regardons quelques minutes sans oser la toucher comme pour ne pas la déranger. Lolo monte sa canne à mouche, pendant ce temps j'observe la rivière à la recherche d'un gobage, comme ceux-ci sont pour l'instant absents, j'en profite pour lancer quelques coups de cuillère par-ci par-là.
Après une demi-heure de pêche sans résultats, sachant que les meilleurs postes à mouche se situent bien plus en amont, nous décidons de remonter la rivière assez rapidement en ne pêchant que les coins les plus propices.
18H00, nous arrivons sur un petit parcours d'une trentaine de mètre, à l'ombre, à cet endroit les galets sont recouverts d'une mousse noire qui n'a rien à voir avec les herbes vertes que l'on peut rencontrer quelques fois et qui sont dues à l'eutrophisation. Nous observons quelques truites postées en quêtent de nourriture, elles ne mouchent pas mais semble prendre leurs repas dans la couche supérieure de l'eau, Lolo décide de monter une mouche noyée pour la première fois de sa longue carrière de pêcheur à la mouche...sèche. Les premiers poissons ne semblent pas plus intéressés que ça, nous voyons enfin le premier gobage mais malgré une observation très précise nous sommes dans l'incapacité de savoir sur quoi elle monte. Ils nous semblent qu'elle prend aussi sous la surface, la mouche noyé devrait être parfaite.
Les deux ou trois premiers lancers sont trop court, décalé et en hauteur sur la rive je peux apercevoir la truite en action, je guide ainsi Lolo pour ses posés, sur le premier passage parfait la belle ne se fait pas prier, après un demi tour rapide elle se jette sur la mouche, le ferrage semble bon pourtant après quelques coups de nez elle se détache et file dans sa cache nous laissant tout penaud mais tout de même remotivés par cette première semi-prise.
Nous continuons à pêcher avec un peu plus de concentration et de motivation, ici les coups à mouche sont plus réguliers, Lolo peut donc s'en donner à cœur joie. Cette sortie avec Lolo est pour moi un pur moment de bonheur, ils sont malheureusement trop rares du fait de notre éloignement géographique, comme à chaque fois dans ces moments là je préfère en profiter pleinement en regardant, photographiant et filmant, j'en laisse un peu la pêche de côté et me contente de quelques lancers clairsemés comme pour ne pas en gâcher une seconde.
19H15, nous arrivons au lagon, nom que je donne à une résurgence pour la couleur de son eau dont le bleu de début de saison est exceptionnel. Nous nous sommes assis sur une plagette qui nous permet d'observer tout en mangeant un coin qui nous semble parfait pour la mouche et un éventuel coup du soir fructueux. Les sandwichs sont avalés rapidement, nous pensons tous les deux qu'une truite prends sous la surface juste en face de nous, nous avons vu plusieurs fois comme un tout petit gobage accompagné d'un petit éclair blanc et toujours au même endroit. Finissant notre repas, nous établissons le plan d'action pour l'attaquer sans être vu et se trouver dans la meilleure position possible pour fouetter.
Lolo, dissimulé derrière un bloc rocheux, commence à effectuer ses premiers lancers d'approches. Il passe plusieurs fois précisément sur le poste, pourtant aucune attaque n'est à noter, enfin après un énième lancer plus décalé sur la droite celui-là, la belle surgit et gobe la mouche, le ferrage ne se fait pas attendre, je filme la soie se tendre et la canne plier, Lolo reste très calme, je me demande une seconde pourquoi il ne la bride pas plus afin de la fatiguer rapidement, mais me souvient aussitôt que ce fou de la finesse pêche en 10 centièmes... Photographiée, mesurée, la belle Fario est autorisée par Lolo à regagner son antre pour donner au moins une fois de plus à un autre pêcheur le plaisir de la leurrer et de la sentir au bout du fil. Elle mesurait 27,5cm, un très beau poisson, je sens Lolo plus que ravît et à mon tour j'exulte intérieurement en sachant que notre sortie est déjà une réussite et qu'elle restera pour le frérot, à coup sûr, un très bon souvenir pour lui aussi.
Nous n'avons pas le temps de nous extasier trop sur cette prise car je peux déjà observer un autre poisson en poste, calée en surface, positionnée dans la veine d'eau qui lèche la falaise d'en face elle semble attendre impatiemment la noyée que nous lui présentons déjà. Oui mais voilà, quelques herbes et une ronce qui ont poussées inopinément sur la roche gènent considérablement le posé. Lolo est obligé de faire descendre sa mouche quelques centimètres sur la droite de la truite. Elle se déplacera deux fois tout de même pour venir la prendre, mais par manque d'expérience sur cette technique, Lolo ferre les deux fois un peu trop tôt sûrement, vexée et apeurée elle rejoint sa cache sans mot dire.
Il me propose de tenter ma chance dans le trou qui, plus en amont, semble être effectivement un bon poste pour ma cuillère. Deux ou trois lancers suffiront à déclencher une attaque, je tiens la belle quelques secondes juste le temps de l'apercevoir presque dans mes pieds puis celle-ci se décroche et va rejoindre sa copine pour sûrement discuter de leur mésaventure commune.
La fin du parcours est déjà là, il est maintenant 21h00 et nous arpentons le chemin du retour qui au début tout au moins n'est pas un parcours de santé. Heureusement aujourd'hui nous avions choisi de ne pas nous encombrer de cuissardes mais juste de chaussons de pêche, choix judicieux et nos jambes nous en félicitent.
21H20, nous arrivons à la voiture. « Oh put... ! » m'exclame-je, je viens d'apercevoir le pneu arrière gauche crevé. La voiture garé en dénivellation et sur un sol meuble ne va pas nous faciliter le travail. Comme c'est la première fois que je dois changer une roue sur cette voiture, je me rends compte assez rapidement que je n'en connais pas tous les secrets. Entre les caches roues et les caches boulons il nous faut déjà dix bonnes minutes pour comprendre. La suite n'est pas plus brillante car mon crik s'enfonce lamentablement dans le sol et ne permet pas de soulever assez la voiture pour enfiler la roue de secours. Une grosse pierre plate vient à notre aide, placé sous le crik elle lui autorise à décupler ses forces, la roue est enfin placée et c'est sous la lumière de ma lampe torche que les derniers boulons sont remis.
Un petit épisode épicé qui vient se rajouter à notre belle sortie et qui, s'il en était encore besoin, nous assure de n'être pas prêt d'oublier celle-ci de si tôt.
08 juillet 2009
L'été...la Mer !
Les températures très élevées de ces derniers jours ont atténuées mes envies de sorties truites car comme tout le monde le sait, si ce n'est à l'aube ou bien lors d'un coup du soir bien senti, les prises de Fario sont rarissimes avec ces conditions atmosphériques. C'est pourquoi j'ai décidé d'inviter Chris à une sortie pêche au loup le soir du 08 Juin 2009.
Il est 21h00 sonnante quand Chris arrive au pied de mon domicile, je descends lui ouvrir le garage de la résidence afin qu'il puisse garer sa voiture en toute sécurité à mon emplacement. Nous en profitons pour charger ses cannes et sac à victuailles dans ma voiture. Je me rends compte que je viens d'oublier ma veste de survêtement, qui pourrait m'être bien utile la nuit au bord de la mer, une petite halte en voiture sous le balcon, d'où nous salut Céline, et l'erreur est effacée.
Il est 21h35 quand nous nous garons au bord du canal de Carnon, je jubile car le courant est bien là, il rentre avec une force moyenne mais très intéressante pour notre technique. Je vais ce soir éduquer Chris à la pêche du loup au Rapala et Raglou ( Poisson en balsa et petit leurre souple imitant un petit poisson de mer). Cette technique est passionnante, elle se rapproche bien évidemment de la pêche au Rapala en rivière mais connaît quelques variantes du fait de la nature du coin pêché. En effet, ici, si le courant est absent ou très faible la technique devient inopérante, vous comprenez sûrement mieux pourquoi j'étais si excité de voir ce beau rentrant (courant qui va de la mer vers les étangs) en arrivant.
Il est 21h45, installés sur un bateau amarré au bord, nous effectuons nos premiers lancers. Nos montages sont des plus simples, un Rapala en queue et quarante centimètres au dessus monté en potence un Raglou bleu. Les premiers lancers ne sont pas très précis, Chris lui n'a jamais pêché avec cette canne que je lui ai préparé et pour mon compte les deux ans de disette sur cette technique m'ont quelque peu rouillés les poignets.
Mon poste préféré, les portes (lieu ou lors des gros coup de mer les agents du port ferme ce qui ressemble à une écluse), vient de se libérer. J'invite Chris à nous y rendre sans plus tarder car le coin ne reste jamais longtemps inoccupé. Les portes forment un petit étranglement qui augmente la puissance du courant, les Bars se regroupent souvent ici pour chasser les petits vifs en mal de puissance pour passer l'obstacle. Dans le canal où nous pêchons, les bordures sont occupées sur tout leurres longueurs par des bateaux amarrés, les lancers doivent être précis car les accrochages nécessitent de faire le tour par le pont situés à quelques pas afin de regagner la rive opposée. Comme si l'explication verbale à Chris ne suffisait pas, je m'accroche aussitôt à un panneau de signalisation maritime et remplace mon explication en démonstration.
Peu de pêcheurs sont présents (ce qui n'est jamais bon signe ici), quelques un arpentent le ponton en amont et deux autres s'installent en face de nous en pêchant au calé. Nous ne ressentons pour l'instant aucune attaque, je décide donc de laisser Chris aux portes et me dirige sur le bateau amarré plus bas où nous avions commencé la pêche.
La nuit est maintenant tombé, le coin du bateau est lui baigné dans une faible lumière jaune propulsé péniblement par les lampadaires du parking, il est toutefois possible de distinguer quelques fois en surface les loups chasser. Mais aujourd'hui les conditions sont exceptionnelles, pas exceptionnellement bonnes malheureusement mais tellement rare du fait de la clarté de l'eau. Penché par dessus le bord, je scrute le fond de l'eau, la profondeur ici n'excède pas 1,50m, je peux distinguer en quelques minutes plusieurs bancs de poissons et même un joli Bar redescendre le courant en zigzaguant.
Mais ici aussi les poissons se font rare, après demi-heure de pêche sans aucune attaque je rejoint les portes et Chris par la même occasion, qui lui non plus n'a rien senti. Chris me propose de se délecter d'un bon Panaché accompagné d'une barre de céréales, nous en profitons pour échanger sur la pêche et le boulot.
A son tour il décide de tenter sa chance sur le bateau, intrigué par mon récit sur ce que j'ai pu observer.
De retour après vingt bonnes minutes, il me raconte à son tour qu'il a pu observer de nombreux poissons ainsi qu'un Bar qui devait dépasser le kilo.
Cette fois ci nous sommes tout seul, nous gagnons le ponton pour tenter notre chance un peu plus en amont en essayant de poser les leurres devant ou entre les portes au niveau de la sortie. Lors d'un de ses premiers lancers, Chris accroche son leurre au pied de la porte. Le voilà en train de faire le tour, arrivé sur les lieux il tente de décrocher en se penchant en avant, je me marre d'avance en imaginant une chute, qui n'aurait rien de dangereuse, mais dont le récit pourrait bien faire rire toute une région.
Mais le meilleur reste à venir, alors qu'il vient de réussir à décrocher grâce à un balai récupéré sur un bateau mis en cale sèche sur le parking, voilà qu'une patrouille de police passe à ses côtés. Ils l'ont aperçu fouiller dans le bateau, redescendre ses manches tout en essayant de regagner le chemin du retour qui passe sous des pins et qui donne vraiment l'impression de tenter de s'éclipser. La voiture de police s'arrête au niveau du bateau et après un coup d'œil rapide dans celui-ci l'agent décide d'interpeller Chris pour lui demander qu'est-ce qu'il trafique ici ? Heureusement après une brève explication l'agent comprend qu'effectivement il n'y avait là aucun délit. Le voilà revenu, j'ai vraiment du mal à m'arrêter de rire, je me dis que si je n'avais pas oublié la caméra j'aurai pu filmer ce grand moment comique.
Le courant est maintenant tombé, il rentre encore à peine mais il est quasiment impossible de pêcher. Nous faisons donc une pause imposé, il est 01h30 du matin et je m'impatiente de voir le courant tourner.
02H00, Chris travaillant le lendemain nous décidons de rentrer, le courant commence à sortir et je pense que si nous avions pu rester un peu plus le résultat aurait certainement était différent tant le moment du tournant est remarquable. Ce n'est que partie remise et je pense que Tit devrait faire partie de l'équipe la prochaine fois.
15 juin 2009
La première Fario à la mouche 2009
« Un petit coup de main ? Merci ! », j'en ai bien besoin, j'ai décidé ce matin d'aller pêcher le matin à la cuillère et l'après-midi à la mouche, double technique signifie double équipement, autant vous dire que les bras de Céline ne sont pas en trop pour m'aider à descendre ces trois étages.
Le programme de la journée consiste à débuter le matin, sur la Vis à la cuillère puis de monter l'après-midi sur l'Hérault dans sa partie haute afin de sortir le fouet de son hibernation.
09H00, comme d'habitude ( s'il n'y a pas un intrus...), je débute par le parcours magique. Le lancer en main je m'approche lentement de la rivière, « SCHOUFFFF ! » un premier gobage vient me souhaiter la bienvenue. Une Fario glisse tranquillement sur les galets juste devant mes yeux, je lance ma cuillère blanche à points rouges sur ses talons, demi-tour fulgurant pour voir quel est cet objet qui perturbe son territoire, elle la regarde quelques secondes puis s'éloigne avec un mépris qui me laisse sur ma faim. « SCHOUFFFF ! », deuxième gobage cette fois un peu plus haut, je me dis alors que les centaines de mouches bleues qui me tournaient autour pendant que je m'équipais à la voiture n'étaient pas là par hasard, ni du au fait que j'aurais malencontreusement écrasé ce que vous savez, mais plutôt car le temps est orageux ceux qui les rend très collantes.
J'observe sur la berge opposée une truite en train de moucher. Je tente ma chance et pose délicatement ma cuillère quelques centimètres devant elle, la fuite est rapide, « elle n'en voulait pas ! »me pensais-je, mais alors que je la suis encore des yeux, voilà que je ressens une tension dans le fil, je ferre sèchement, une belle truite se débat au bout de mon leurre, la deuxième que je n'avais su repérer gît maintenant dans ma main. C'est une belle Fario de 27cm, il n'est que 09h30, tout semble vouloir alors me sourire.
Je prospecte le reste du parcours mais assez rapidement car tout ces gobages m'ont mis l'eau à la bouche, je ne pense plus qu'à une chose c'est faire tournoyer ma soie au dessus de ma tête.
11H00, j'ai déjà fini le parcours, je me dépêche de foncer vers Ganges pour acheter des sandwichs et si possible de l'hydro-spray ( bombe qui permet de faire flotter plus facilement la mouche sèche). Aucun problème pour dénicher à manger au Super U du coin, je file alors vers le détaillant de pêche, le rideau en fer baissé fait fondre mon enthousiasme, le papier collé dessus où il est inscrit « Fermé du 14 au 21 Juin » l'anéanti.
12H00, installé à l'ombre d'un arbre, bercé par le chant de l'Hérault, je scrute la surface de la rivière à la recherche d'un gobage même furtif. Je suis au-dessus de Valleraugue, je vais pêcher cette portion pour la première fois, ce coin vient de mettre soumis par Tit qui l'a découvert quelques jours plus tôt lors d'une sortie pêche riche de deux belles truites. Au vu des photos qu'il m'a fait parvenir, j'avais décidé de la prospecter à la mouche, les coins pour le fouet étant plus que rares dans ce département.
12H30, je vaporise le peu de spray qu'il me reste sur la mouche de mai de couleur blanche qui équipe mon fouet, les premiers posés sont très correctes pour quelqu'un qui n' a plus pêché depuis presque un an et qui vient juste de changer de soie. Vu que je n'ai repéré aucun gobage, je décide de pêcher l'eau, sous la cascade qui marque le début du parcours je repère enfin un mouchage, malgré plusieurs passages très précis la belle se fait désirer. Les sedges ont l'air légion par ici, je peux en voir voler par ci par là plusieurs de tailles et couleurs différentes,je décide donc d'en monter un roux. Celui-ci n'a pas plus de succès, je change encore une fois et monte cette fois un sedge noir aux ailes vertes, le spray qui crache sur ma mouche s'éteint tout d'un coup, celui-ci en est couvert mais je ne pourrai plus changer de mouche. Celle-ci non plus n'a pas l'effet escompté, tant pis je laisse cette truite à ses activités et je remonte la rivière en déposant ma mouche dans chaque veine d'eau.
Je n'ai pas la réussite dont je rêvais, les truites se font discrètes, j'en aperçois quelques unes qui fuit à mon arrivée mais aucune ne monte sur ma mouche. Alors que je pénètre dans l'eau pour la première fois de la journée,« Tiens mes orteils deviennent tout frais !», j'ai soudain un éclair de lucidité, ma cuissarde gauche était, il est vrai, trouée et je n'avais pas trouvé le temps de la réparer... Comme si le droit était soudain pris de jalousie, je le sens lui aussi se rafraichir soudainement, il ne me reste plus qu'à rustiner les deux de retour à la maison. C'est donc les pieds mouillés que je vais pêcher le reste de l'après-midi, je suis en train de pêcher un courant un peu plus profond et lent que les autres, ma mouche progresse de trente à quarante centimètres à chaque lancer, je la regarde flotter dans la veine d'eau et soudain disparaître au milieu d'un léger bouillonnement, la soie et la queue de rat se tendent, la belle est au bout, je la bride assez facilement grâce à sa faible taille. Elle mesure 20cm, c'est la première de l'année à la mouche alors malgré sa taille je suis ravi. Je vais réussir à en faire monter une autre un peu plus haut mais avec moins de réussite.
14H30, je trouve un chemin pour accéder sur la route, je l'emprunte car ne connaissant pas du tout le coin j'ai peur de m'aventurer trop haut et de devoir faire un trop long parcours avant de pouvoir remonter. En marchant sur la route pour revenir à la voiture je me dis qu'il sera intéressant d'y pêcher de nouveau lors d'un coup du soir.
Comme il me reste encore du temps avant de rentrer, je décide de redescendre l'Hérault bien plus bas vers St Julien de la Nef où j'ai repéré quelques temps plus tôt un trou très important qui pourrait abriter une très grosse truite qui aurait été emmenée lors d'une crue. Les premiers lancers sont ponctués d'attaques de Cabot plus ou moins gros. Je repère une très grosse pierre immergée dans un lent et très profond courant, je pose la cuillère à sa base et commence à ramener lorsque je ressens une très violente charge sur celle-ci, je ferre sèchement, le combat débute par un départ fulgurant dans le sens du courant, je me concentre pour garder le fil tendu, je ne m'enflamme pas trop car je me dis que ce n'est peut-être qu'un très gros Chevesne très courant par ici, j'arrive à brider le poisson finalement assez rapidement, il se rapproche de moi... un Barbeau de près d'un kilo gît sur les galets entre mes pieds. Je ne ferai plus d'autres prises.
16H00, il est temps de rentrer, la journée fut agréable avec une belle prise le matin à la cuillère et enfin ma première Fario de l'année à la mouche. Vivement la prochaine sortie !
08 juin 2009
Une pêche sportive !!!
Comme d'habitude, pour mes parties de pêche, je pars de la maison vers 07h45, ce matin le temps est gris, la météo n'annonce rien de bon mais pas de grosses pluies. Je n'ai pas trouvé les imperméables légers que je réserve pour la pêche, c'est pourquoi je charge le gros imperméable d'hiver dans le coffre au cas où...
Je retrouve Chris chez lui à l'heure convenu, il ne voulait pas se lever trop tôt car il commence demain les matinées ( levé 03h00 ), nous en plaisantons en nous disant que si Tit nous avait accompagné, il aurait fallu se lever au moins à 04h00. Aujourd'hui nous prenons la route de la Gagnière, rivière que connait bien Chris sur laquelle il pêche souvent seul ou accompagné de son père. Il me l'avait déjà fait pêcher l'année dernière à la même époque ( 20 mai ), les jours qui avaient précédés furent pluvieux c'est pourquoi nous avions trouvé une rivière très haute, le résultat ne fut pas mémorable avec seulement quelques petites au compteur, surtout pour Chris car mon cas fut bien plus piètre encore avec seulement une petite sur la fin du parcours. Étrangement ce ne fut pas le souvenir de cette pêche qui est resté gravé dans ma mémoire, mais plutôt la phénoménale randonnée qui permet d'accéder à la rivière.
09H30, nous voici arrivés sur la langue de chemin qui sert de parking, la place est déjà prise par un Belge, heureusement ce n'est pas un pêcheur, seulement un habitant du hameau. Garés à ses côtés, nous sortons notre attirail de la voiture, la température est un peu fraîche ( 15°), le temps est gris mais les nuages courent bien haut dans le ciel et ne sont pas très menaçants, je ne crois pas utile de me charger du gros imperméable et décide donc de ne prendre qu'une petite veste de survêtement pour faire face à la fraicheur matinale.
09H45, nous commençons notre raid-aventure qui nous mènera à la rivière, Chris prend les devants sur une allure canon qui dénote son goût pour les marathons. Je peine a suivre le rythme imposé, au bout de quinze minutes, la veste de survêtement me semble bien en trop tellement je transpire. Le rythme ne faiblit pas, voilà vingt minutes que nous marchons, je commence a être distancé, heureusement le site et la vue son grandioses, j'en profite pour regarder les paysages qui s'offrent à moi et oublier un peu ainsi la fatigue qui me gagne. Nous arrivons enfin au troisième petit ruisseau qui alimente la Gagnière, c'est par là que nous descendons vertigineusement vers la rivière qui coule à environ deux cents mètres plus bas.
10H15, nous sommes enfin au bord de l'eau, le niveau de la rivière est très bas, l'eau est claire, elle s'écoule d'un débit très lent, la caractéristique topographique provoque une alternance de vasques plus ou moins profondes, entrecoupées de petits courants dont la profondeur n'excède pas les quinze à vingt centimètres.
Nous pêchons maintenant depuis un quart d'heure à peine lorsque tout à coup le temps devient très sombre, quelques gouttes perforent la surface et soudain, sans avoir le temps de sortir de l'eau, une violente averse s'abat sur nous, nous courrons nous mettre à l'abri sous le premier arbre bien feuillu que nous trouvons. Je suis déjà bien mouillé et la journée ne fait que commencer. Alors que je peste de ne pas avoir pris mon imperméable, Chris me suggère d'enlever la veste de survêtement afin d'avoir quelque chose de sec à me mettre dessus plus tard. La suggestion est bonne , me voilà donc en débardeur sous la pluie, qui s'est maintenant calmée.
Sur le premier trou, en fin de lancer alors que la cuillère arrive presque à mes pieds une truitelle vient taper dedans mais sans s'accrocher. Je relance aussitôt en tête de vasque là où le courant bouillonne et la profondeur atteint bien les un mètre, premier tour de manivelle, l'attaque est franche et soudaine, la cuillère est stoppée nette dans sa course, je ferre mais il est déjà trop tard, elle s'est décrochée celle-là aussi. Rien à voir avec la première, cette truite était surement belle tant l'arrêt fut brutal.
Nous pêchons ainsi de façon alterné de vasques en vasques, le temps est bien couvert et la pluie fait souvent des apparitions éclairs.
12H15, Chris attaque une vasque un peu plus longue et profonde que d'habitude, sa cuillère jaune fait l'unanimité dans ce lieu, sur trois lancers il attrape trois truitelles, incroyable ! Les prises ont l'air d'être alterné au fil des pluies, nous remarquons que pour chaque petites éclaircies, les attaques reprennent.
Il est temps de manger un morceau, même si le petit encas pris pendant la grosse averse du matin nous à permis de tenir jusque là sans fringale, cette fois-ci l'heure du gros casse-croute a sonner. Nous attaquons par les pizzas que nous avons achetés sur la route chez une boulangère qui s'en souvient surement encore. En effet lorsqu'elle m'annonce le prix, dix euros et cinq centimes ( 2 pizzas, 2 roulés à la viande, 2 croissants, 1 pain au chocolat et une baguette), je lui tends mon billet de vingt euros et dans un élan de générosité lui dis : « ne vous embêtez pas pour les cinq centimes, rendez moi juste dix euros ! ». A peine ma phrase finit, je me rends compte de l'absurdité, les cinq centimes sont pour elle et non pour moi, heureusement la boulangère est agréable et prends tout ceci sur le ton de la plaisanterie, Chris ne donne pas sa part au chien et c'est ainsi que je me fait allumé bien amicalement.
13H00, nous reprenons la pêche, le temps ne s'est toujours pas amélioré, un léger vent fait même son apparition, j'en profite pour me changer.
« CHKRAKKK !!! », alors que Chris est en train de pêcher, nous entendons subitement un bruit énorme dans les arbres juste devant nous, l'arbre plie et craque sous le poids de quelque chose de très lourd, j'essaie d'apercevoir rapidement l'intrus mais mis à part une grosse masse sombre je ne distingue rien d'autre. Le calme et le silence sont revenu j'ai beau me plier, m'avancer, je ne vois plus rien... Nous pensons de suite à des sangliers très nombreux dans la région.
Nous continuons notre pêche et les résultats du matin se répètent, beaucoup de truitelles qui suivent ou tapent dans la cuillère mais rien d'autre. Nous sommes presque arrivé sur la fin du parcours, la dernière vasque intéressante est devant nos yeux, Chris me propose bien gentiment de la pêcher, sûrement un peu déçu du résultat de notre journée, il voudrait que je puisse sortir un poisson maillé avant de terminer. Je m'applique à la peigner du mieux possible, je sens ici encore deux petites attaques, mon lancer sur le courant qui alimente ce trou est victorieux, malheureusement c'est encore une truitelle de 19cm qui repose dans ma main.
Le chemin pour remonter au hameau est juste devant nous, il est 14h20, nous hésitons à l'emprunter et pêchons deux ou trois vasques de plus avec toujours les mêmes résultats.
Cette fois nous remontons le chemin, il est très pentu, j'ai déjà les jambes lourdes et ce dernier effort me coupe le souffle. Comme si de rien n'était, Chris monte lui à une vitesse incroyable, il doit même faire des pauses pour m'attendre, je me rends compte ici qu'il est grand temps de reprendre un peu les footings. Cette journée aura un goût mitigé, le temps nous a jouer un vilain tour, heureusement le fait de pêcher à deux nous aura permis de discuter et plaisanter et le caractère très sauvage du coin laisse quand même un très bon souvenir malgré la bredouille....
02 juin 2009
Le passage du relais ?
« Pep's irait bien sur la Vis demain, tu y vas toi ? », voilà le sms qui à tout déclenché, reçu le dans la soirée du 01 Juin il promet une agréable sortie pêche pour le lendemain.
« Dis donc ! Ça sentirait pas un peu l'essence ? », Céline vient de démarrer le scooter et l'essence coule par terre, cela nous est déjà arrivé et le garagiste nous avait dit que ce n'était pas grave qu'il s'agissait juste d'un reflux d'essence lors du démarrage. Céline part donc comme ça jusqu'au travail et moi je prends la route de la Vis.
08H10 je prends des nouvelles du scooter par téléphone, il ne coule plus et c'est donc avec l'esprit tranquille que j'arrive sur le lieu de rendez-vous où Pep's m'attend dans la voiture. Il est presque 09h00 quand j'aperçois sa voiture, je n'ai pas le temps de me garer car Pep's a déjà démarré, il s'élance vers la sortie avec un petit salut gestuel qui me fait dire que l'impatience le gagne.
Il ne nous faut pas plus d'un quart d'heure pour arriver sur le premier parcours, encore au volant de la voiture je râle car j'aperçois une voiture déjà garé sur le terre-plein, immatriculé dans le 31 je me dis qu'il reste une chance pour que ce ne soit qu'un campeur, malheureusement après une inspection rapide de l'intérieure de la voiture le doute n'est plus permis c'est bien un pêcheur qui à pris quartier sur mon lieu de prédilection.
Nous nous équipons quand même mais c'est sans grande conviction que nous effectuons nos premiers lancers. Ils ne sont d'ailleurs pas du tout fructueux, j'ai beau inspecter la rivière je ne vois pas le moindre poisson dehors. Après 15 minutes de pêche, je décide de remonter la rivière afin de trouver ce pêcheur, savoir où il en est du parcours et savoir à quoi il pêche.
J'entends tout à coup un bruit de portière, je me précipite vers les voitures et je tombe nez à nez avec le toulousain canne en main. Je l'aborde avec la question fatidique, « alors ça a mordu ? », la réponse ne se fait point attendre et c'est dans un long monologue qu'il me fait part de sa partie de pêche. Je vais, en quelques minutes, tout savoir sur sa pêche ainsi que sur une bonne partie de sa vie... quel tchatcheur ! Il pêche donc au ver et a pris une truite de 25cm, aujourd'hui il est seul car son collègue pêcheur n'a point daigné l'accompagner ce matin à cause de la bredouille effectuée la veille à la cuillère sur ce même parcours. Il est ici en vacances et ne connait pas cette rivière, il a beaucoup de mal à trouver des parcours tant les rives sont bordées de propriétés privées et de pêches gardées. Je l'aiguille donc sur un parcours plus en amont, avec Pep's nous faisons de même et le dépassons en voiture quelques kilomètres plus loin.
Nous voici au Grenouillet, il est encore très tôt, à peine 10h00 c'est pourquoi je décide de commencer le parcours plus bas que d'habitude. Je me souviens être descendu là une fois et si mes souvenirs sont bons il y avait quelques jolis courants. Le chemin est très propre ce qui souligne un passage régulier de pêcheurs, nous l'empruntons et redescendons la rivière ainsi sur plusieurs mètres, il longe la rivière et nous pouvons observer un mélange de trous et de courants plus ou moins profonds qui semblent intéressants. Arrêtés sur un trou, nous sommes un peu triste de voir que les truites ne sont pas dehors, en effet il n'y a pour l'instant aucune activité et c'est pourquoi nous décidons de continuer à descendre la rivière. Alors que je souligne a Pep's le fait que le chemin commence à devenir très encombré, j'entends un craquement de branches... « té ! vous êtes là vous ! »s'exclame le toulousain qui sort d'on ne sait où. Je n'en crois pas mes yeux, les siens sont interrogateurs, plantés au milieu d'un visage marqué de rides ils semblent se demander quel accueil va leur être réservés. Accompagné de Pep's je me socialise, c'est pourquoi je reste courtois et préfère emmener le padré plus haut sur le parcours et laisser le bas à cet acolyte plutôt pot de colle. Il a dû nous suivre dès qu'on l'a dépassé afin de connaître notre destination...
Au niveau du chemin qui remonte à la voiture, nous décidons de nous mettre enfin à pêcher, nous avons laissé suffisamment de parcours à notre poisson pilote pour enfin taquiner la truite tranquillement. Il ne me faut pas plus de 15 minutes pour ferrer mon premier poisson dans un courant lent et profond d'une soixantaine de centimètres. La belle mesure 25cm et je me dis qu'à 11h00 il était bien temps de toucher un poisson. Pep's situé un peu plus haut m'a aperçu et doit être un peu plus motivé après cette capture. Je sens bien que sa motivation réside surtout dans la pêche à la mouche et il attend l'après midi avec impatience. Pendant qu'il tue le temps au lancer tout en admirant cette magnifique rivière, je sors mon deuxième poisson dans un gros trou, au ras d'un bloc rocheux à l'ombre d'un figuier dont les fruits encore verts flottent sur la surface de l'eau. Elle a les mêmes mensurations que la première et rejoint sa congénère dans ma musette.
Je le rejoins un peu plus haut, nous observons quelques truites postées mais aucune ne mouche pour l'instant. Nous progressons vers l'amont, alors que nous surplombons la rivière à un endroit où les courants jouent à caresser les flancs des blocs rocheux, j'entends une voix qui m'irrite les tympans et qui s'exprime en ces termes « ben il n'y en a pas de grosses dans cette rivière ! ». Le pêcheur rose nous a rattrapé, il commence un long monologue de jérémiades sur l'état de la rivière, la grosseur des truites, les accès impraticables et je vous en passe. Ma Vis semble vouloir lui répondre à sa façon, une truite d'au moins 40cm redescend la rivière et passe sous notre nez comme pour le narguer, dès fois qu'il ne l'ai pas vu je m'empresse de lui indiquer sa trajectoire. Comme ma sociabilité touche à sa fin j'en profite pour lui recommander aussi la sienne à savoir de rebrousser chemin pour récupérer un chemin bien plus bas qui remonte aux voitures. « quoi ? » ah oui j'ai oublié le petit chemin qui est juste au dessus de nous et qui donne accès directement sur la route, sûrement un banal oubli...
Maintenant débarrassé de cet encombrant pêcheur, nous prenons le temps d'observer la rivière sur ces fins de plats qui nous semblent propices aux premiers gobages. « tu l'as vu ? », excité et heureux de voir enfin un mouchage qui je suis sûr va remettre un peu de baume au cœur à Pep's je lui indique l'endroit exact ainsi que le second puis le troisième etc etc.... Ils les avaient aussi bien vu que moi mais il était déjà dans l'observation et la recherche de la mouche exacte. Nous nous penchons sur le sujet mais malgré les nombreux mouchages nous ne pouvons savoir sur quoi elles montent, nous penchons pour des émergentes tant la surface semble vide de tout éphémère.
Il est 12h30, je signale à Pep's que nous ferions mieux d'aller manger afin de pouvoir rapidement repartir avec le fouet. Attablé à l'ombre de grands sapins, il doit bien faire 28°, nous reprenons des forces à coups de sandwichs accompagnés d'un délicieux vin rouge.
Sur les coups de 13h15, nous reprenons le chemin de la rivière, je suis toujours équipé de mon lancer tandis que Pep's a enfin pu sortir sa canne à mouche. Redescendus au tout début du parcours, je laisse ce courant profond, assez lent qui borde l'énorme bloc rocheux planté au milieu de la rivière, au moucheur. J'en profite pour aller découvrir un peu plus bas vu que le chemin continu encore. Je pêche maintenant depuis cinq minutes de très beaux courants profonds d'une quarantaine de centimètres, ce coin est magnifique, je ne suis plus qu'à quelques mètres en aval de Pep's, lors d'un énième lancer, je ressens ce coup de foudre fatal dans le poignet qui unit la truite et le pêcheur pour le meilleur et pour le pire ( le meilleur étant bien sûr réservé au pêcheur tandis que la truite ne peut se contenter que du pire ). Le combat est intéressant car la belle se sert très bien du courant, mon lancer commence à ressembler à un arc et j'aperçois Pep's qui se dit « celle-là elle doit être belle ». Je sors gagnant de ce combat bien déséquilibré, la Fario de 28cm gît sur les galets, il est 13h45 environ je me dis que ma journée est bien réussie et qu'il faudrait une ou deux belles moucheuses au compteur de Pep's pour faire de cette journée une réussite totale.
Je le rejoins, je lui montre ce joli poisson et me concentre maintenant plus sur d'éventuels mouchages que sur ma pêche. Nous remontons la rivière, Pep's met quelques coups de fouet par ci par là, surtout où la végétation le lui permet, mais sans aucun résultat. Il faut attendre le coin du matin où nous avions repéré plusieurs truites en postes pour enfin voir des gobages. Alors que le padré descend en aval de ceux-ci, perché sur le chemin à l'abri derrière des arbustes j'observe la truite en poste qui gobe régulièrement. Toujours impossible de détecter l'éphémère que prend cette truite, Pep's essaie avec une première mouche, plusieurs passages au-dessus de sa tête plus tard, nous comprenons qu'elle ne veut pas de ce type là. Deuxième essai, le même scénario ce reproduit....troisième essai, le même scénario encore une fois ! Elle commence à nous plaire celle-là ! Pep's décide de monter un sedge roux, mouche qui d'habitude décide même les plus récalcitrantes... Le sedge se pose délicatement quelques centimètres en amont de sa tête, de mon poste de guet je peux presque distinguer le regard de la truite se poser sur le sedge qui descend le courant, elle bouge, monte vers la surface, au moment de la saisir elle nous fait finalement faux bond et reprend son poste. « Elle est montée et l'a refusée ! », je ne tiens plus en place, voir ce spectacle est vraiment excitant, alors que j'essaie de contrôler mes émotions le scénario se répète encore quatre ou cinq fois. Pep's, toujours aussi calme, pense avoir la mouche adéquate. « Je vais lui mettre une Peute ! » ( dans l'argot du moucheur, une Peute est un éphémère mort qui retombe sur l'eau avec les ailes à plats et qui flotte dans la pellicule d'eau juste sous la surface ). Les deux premiers posés sont trop courts, le troisième est parfait, la mouche se rapproche de la belle, j'aperçois la truite monter rapidement et saisir enfin la Peute. « Schouffff ! », le ferrage vient de faire chanter la soie sur la surface de l'eau, le mou qui s'en suit prouve que celui-ci est raté, la tête entre mes mains je m'exclame « puta... ! Les boules ! » ( oui dans ces moments là, la poésie est rarement de rigueur ), nous l'avions enfin leurré... Elle a regagné sa cache, je suis sûrement tout autant si ce n'est plus déçu que Pep's qui est en train de me rejoindre. Nous essayons de trouver d'autres coins pour le fouet, mais mis à part une toute petite portion sur la fin du parcours, ceux-ci sont absents. Il est 16h45 quand nous faisons demi-tour, alors que nous marchons sur la route en nous refaisant verbalement un peu le fil de la journée, je propose à Pep's d'aller voir si sa truite n'est pas revenue au poste. Il ne faut pas lui dire deux fois, nous voilà postés dans les mêmes conditions que précédemment, la truite est bien là et elle gobe toujours, plusieurs passages ne déclenchent rien mais tout à coup, allez savoir pourquoi, elle se rejette violemment sur la mouche...deuxième raté, c'est ce qui arrive malheureusement souvent quand on sait qu'elle va monter, un ferrage trop tôt et la mouche lui est arrachée de la gueule...cette fois c'est fini la truite reprend sa cache et nous ne la verrons plus.
Verdict de la journée, un trois à zéro à marquer dans les annales, ce n'était encore jamais arrivé mais avec beaucoup d'humilité je n'en fais cas car le contraire lui ne se compte plus dans les deux décennies antérieures de parties de pêches communes. L'élève a peut être dépassé le maître, il était temps vous me direz. Il ne me reste plus, à mon tour cette fois, qu'à faire passer mes connaissances à ma petite puce ( 17 mois, il faudra encore attendre ) car si j'ai bien essayé avec Céline, qui avait des facilités indéniables pour la mouche, le virus est passé et elle s'est concentrée sur du scrap-booking dont elle détient elle aussi des secrets fabuleux...
28 mai 2009
Pêche et bronzette !
« SHHHHIOUUUUU!!!! », le réveil vient de sonner et encore couché dans le lit j'écoute les rafales de vent chanter dans les volets de la chambre. Météo France ne s'était donc pas trompé, les rafales doivent bien atteindre de bon matin les 75 km/h, heureusement qu'ils prévoient aussi très peu de vent pas plus de 30 km/h pour le Vigan.
Comme d'habitude je prends la route de la Vis sur les coups de 08h00, tout au long du chemin j'inspecte les arbres à la recherche d'une accalmie, au niveau de Sauve le vent est déjà moins puissant et il ne fait que faiblir tout au long de la route pour n'être que brise arrivé au bord de l'eau.
Une voiture est stationnée sur le remblais qui sert de parking, après inspection je m'aperçois qu'une tente a été monté sous les arbres non loin du bord de la rivière et que ce n'est qu'un couple de campeur. Je préféré ça, car lors de ma dernière sortie la semaine passée (que je n'ai point conté tant la bredouille et la pauvreté en évènements fût extraordinaire), je n'ai pêché que des parcours qui venait d'être parcourus par d'autres pêcheurs ( pont de l'ascension oblige...). A cette heure là ils n'ont sûrement pas encore fait trop de bruit et mon coin magique doit être encore dans de bonnes dispositions.
Je m'approche du bord de l'eau et comme pour me réconforter dans mon idée, une belle Fario mouche en plein milieu du léger courant qui s'offre à moi. Malgré plusieurs tentatives ce ne sera pas la première prise de la journée. Je décide de dépasser la tente pour pêcher un peu plus haut, seule madame est réveillée et effectue sa petite toilette matinale en « top-less », c'est vrai que la température est déjà plus que douce et mon débardeur est bien suffisant, gêné par la situation je décide de faire du bruit tout en continuant à avancer, surprise elle enfile un tee-shirt avec hâte et me salut la tête basse.
Après cet intermède cocasse, je reprends la pêche avec application et fait glisser ma cuillère dans toutes les veines d'eau. Une truitelle vient me souhaiter la bienvenue, elle mesure 18cm à peine et avec douceur je lui permet de regagner son territoire de jeux. Quelques mètres plus haut, sur le gros trou, quelques branches surplombent la rivière, à l'ombre de ce figuier je me dis que c'est un beau poste pour un poisson. Je ne me poserai pas longtemps la question car au premier lancer la cuillère est attaquée brutalement, je sens une belle résistance et comme il n'y a pas de courant à cet endroit c'est qu'elle doit être belle. En effet, elle mesure 27cm et me permet déjà à 10h00 d'éviter la bredouille.
Le courant suivant est magnifique, par contre il est toujours très difficile de s'en approcher tant l'encombrement des lieux par des gravats sur le sol fait que votre présence est vite détectée. Pour une fois j'arrive à m'approcher sans aucun bruit, le souffle court ( oui la pression est à son comble...), je propulse la cuillère en amont sur la rive opposée, là où de gros cailloux immergés procurent aux truites des caches magnifiques, ma Mepp's blanche à points rouges virevolte entre ceux-ci et soudain... c'est l'attaque! Elle se débat, tourne et retourne sur ma cuillère puis plus rien...elle s'est décrochée, je râle car c'était encore un beau poisson.
Me voilà sous la chute qui marque la fin du parcours, ici deux truitelles viendront se prendre à mon leurre mais elles n'ont pas encore la majorité pour m'accompagner.
Je retourne à la voiture, aujourd'hui je suis seul car les solides sont au boulot ( ça ne leur fait pas de mal ) et je n'ai pas proposé au padré de m'accompagner car j'avais dans l'idée de remonter sur un parcours, que je n'ai pas refait depuis l'ouverture, et dont les caractéristiques sont plus que physiques. Me voilà d'ailleurs rendu, je me gare sur le bas coté en cherchant à mettre la voiture à l'ombre tant la chaleur à 11h00 est déjà exceptionnelle.
Je descends au bord de l'eau, et quand je dis je descends croyez-moi c'est physique. Me voilà sur le petit pont submersible qui marque le début du parcours. J'aperçois comme tout à l'heure une belle Fario en train de moucher ( je sais c'est l'époque rien d'anormal ), elle détourne son attention de ma cuillère et je pense tout à coup à ma « sauterelle- rapala » qui traine au fond d'une boite. Je ne l'ai encore jamais essayé et je pense que son heure est venue. Premier lancer, elle flotte à la surface s'approche de la truite et...refus magistral... tant pis je retente ainsi ma chance plusieurs fois et c'est le même scénario qui se répète, lassée et sûrement un peu effrayée par ce flot ininterrompu de sauterelles un peu spéciales, elle finit par regagner sa cache.
Quelques mètres plus haut, la même configuration que lors de ma première prise s'offre à moi, je pose ma cuillère juste sous les branchages et comme tout à l'heure l'attaque est brutale et spontanée, elle tente de gagner le courant mais je la bride pour la laisser sur la bordure, épuisée elle se laisse ramener tranquillement jusqu'à ma main. Celle-ci mesure 30cm et je me dis « qu'elle chance d'avoir une si belle rivière ».
Me voilà sur les gros bouillons juste au-dessus, perché sur un rocher je me pose la question de savoir pourquoi je n'ai jamais réussi à sortir un poisson de ce coin magnifique. Je ne me la poserai plus jamais car sur le premier lancer, alors que la cuillère, emportée par la force du courant, effectue un demi cercle presque à la surface, une sauvageonne s'en saisit et effectue une chandelle d'anthologie pour retomber dans le courant d'en dessous. J'arrive tant bien que mal à la faire parvenir jusqu'à mon rocher et c'est une Fario de 25cm qui repose dans ma main.
Je continue mon excursion, sur les lents plats en amont j'observe de nombreuses truites moucher mais je ne râle point tant les postes sont encombrés, même si j'avais pris mon fouet il me serait impossible de les pêcher. J'essaie quand même de les leurrer à la cuillère mais dès que celle-ci perfore la surface, elles foncent se cacher...
Les postes ont été bouleversés par les crues de l'hiver et j'ai du mal à en reconnaître certains, le chemin aussi à été bouleversé et je dois me plier, ramper, m'égratigner et manger quelques tonnes de toiles d'araignées pour parvenir à y progresser.
En fin de parcours j'arrive sur un virage que j'affectionne tout particulièrement car même si je n'y ai jamais fait de pêche exceptionnelle, je peux à chaque fois en observer de belles se nourrir dans le courant.
Ici aussi le poste à été bouleversé et le courant et très puissant, j'ai beaucoup de mal à traverser et coincé au milieu j'aperçois une très belle truite se tenir à quelques mètres à peine en amont. Je décide de la tenter depuis ma position très inconfortable, la cuillère se pose à 50cm en amont de la truite, elle virevolte, frétille de toute sa palette et lorsque la cuillère la dépasse, elle effectue un demi-tour fulgurant pour s'en saisir. Le combat prend mauvaise tournure quand il lui prend l'envie de redescendre la rivière et d'emprunter les bouillons qui s'ensuivent, le frein du moulinet n'est pas bien réglé ( la faute à une casse précédente ) et la truite ne peux pas prendre du fil comme elle aurait dû, la voilà maintenant qui fait du surf sur les vagues le fil tendu dans le courant, je suis en train de me dire que même un débutant aurait mieux fait, je décide alors de la ramener de force sur la minuscule langue de plage qui sépare les deux forts courant. Le demi-tour et très hasardeux, les bottes glissent sur les cailloux poussées par le courant et commencent à se remplir d'eau, le temps m'est compté c'est pourquoi je me lance comme un forcené jusque sur cette langue et pose la truite en force dessus, elle est encore en pleine forme et fait des sauts vertigineux pour regagner la rivière, je me jette dessus en essayant de la bloquer entre mes jambes, malheureusement il est trop tard lorsque je tombe lourdement sur le sol, la belle s'est déjà décroché et j'ai beau regarder hagard entre mes cuissardes il ne reste que du sable et une pauvre cuillère. Pauvre cuillère bien triste qui doit regretter d'avoir si bien travailler pour un si triste résultat, un peu comme un chien qui trouve le gibier, le tient à l'arrêt et dont le chasseur claque deux coups de fusil dans le ciel...
Ce poisson été magnifique il devait bien mesurer 35cm au moins, en d'autres occasions j'aurai sûrement juré tant que je pouvais mais les trois beaux poissons qui ont précédés me font dire que ma journée est déjà bien remplie et que mon prélèvement est bien suffisant.
14H30, la faim me tiraille et je prend le chemin du Grenouillet pour manger un bout à l'ombre de ce soleil de plomb.
15H30 l'estomac bien rempli j'ai beaucoup de mal a reprendre la pêche, je vais essayer quand même quelques coups mais arrivé sur cette plagette qui invite à la bronzette, je pose cuissardes, canne et débardeur pour profiter des caresses du soleil sur ma peau.
Voilà il est temps de rentrer, deux autres truitelles seront remisent à l'eau pendant ce parcours effectué comme un touriste.
14 mai 2009
Qu'elle belle aventure !
En ce matin du Jeudi 14 mai 2009, deux
questions me trottent dans la tête. La première est
« Est-ce
que le scooter va démarrer ?» et la seconde «La grosse sera-t-elle
au rendez-vous ?».
Lundi 11 mai notre sortie sur la Vis avec le padré a été court-circuité par une panne de batterie, c'est donc aujourd'hui que nous allons taquiner la truite ensemble, événement qui n'est plus arrivé depuis bien longtemps.
«VROOM !!» voilà déjà une question qui ne se pose plus, Céline équipée de son casque , suçotant son bonbon à la menthe matinal, vient de démarrer le scooter. Cette fois c'est parti, il est 07h45 et à bord de la voiture, au moment de quitter la maison, plus qu'une seule question ne m'occupe l'esprit...
Le rendez-vous était fixé à 09h00 sur le parking du Super U de Ganges, il n'est que 08h35 lorsque je gare la voiture sur celui-ci. C'est étonnant de voir comment j'arrive a être si en avance à la pêche et à la bourre pour le reste... Pep's ne tarde pas et si tôt le bonjour de passé, nous voilà sur la route de la Vis.
Il est à peine 09h00 quand nous nous équipons aux abords du coin magique, cuissardes enfilées, ceinture de pêche accrochée à la taille, musette et panier sur l'épaule, nous attrapons nos lancers et nous élançons vers une belle aventure.
Je laisse à Pep's la primeur du coup, c'est bien la moindre des choses surtout sachant les rendements de ce coin, je me verrai mal sortir une belle devant son nez alors que cette sortie lui est dédiée.
Les débuts sont un peu compliqués, le poignet semble bien crispé et cette blessure au doigt n'arrange rien mais c'est aussi la faute à un matériel pas très adapté et de longues années de disette à la cuillère.
«SWIIT, SPLOUF !!» quelle chandelle ! «Tu l'a vu celle-là ?». Oh oui il l'a vu car sa cuillère est déjà en train de passer en plein où la belle vient de nous saluer, deux ou trois passages n'y feront rien, la belle n'est pas décidée à mordre et Pep's la bien compris il continue donc a peigner le coin. Sans résultat, il me laisse la place pour voir si je peux accéder à des postes qu'il n'arrive pas a atteindre. Après quelques lancers, en tombant sur la rive opposée, juste devant une belle pierre blanche immergée, alors que l'on suit des yeux la trajectoire de la cuillère, nous apercevons une très grosse truite suivre ma cuillère à quelques centimètres derrière sur plus de la moitié de la rivière. Malheureusement, à part une toute petite tape sur la cuillère, elle ne l'attaquera pas. J'essaie quelques lancers de plus sur la même trajectoire mais la belle ne daigne pas remontrer le bout de son nez, seule une petite de 18cm à peu près vient se prendre à mon leurre.
Nous continuons à pêcher chaque coins avec application, alors que je passe devant Pep's pour tenter le poste du dessus, une mère Colvert et ses six petits fuient à mon arrivée, elle leur fait traverser la rivière et longeant la berge opposée, les amène dans un coin plus sûr à l'abri de ces deux dangereux bipèdes.
11H00, nous arrivons au niveau de la petite chute qui marque la fin du parcours, Pep's change une nouvelle fois de cuillère, pas du fait d'une casse, qui semble impossible tant les décrochages incroyables ont déjà accompagnés son parcours, mais du fait d'un manque de confiance dans la couleur, la forme ou le poids de son leurre.
«HOULA ! Celle-la elle est belle!», je viens de piquer une truite dans un contre courant sur le bord, contre courant trompeur car une fois la truite sortie de l'eau je m'aperçois en fait qu'elle atteint à peine les 20cm. Je lance une nouvelle fois juste entre les deux courants, une belle décharge se fait ressentir dans mon poignet, je n'ose plus dire qu'elle est belle mais il me semble quand même que celle-ci est maillée. Elle mesure 25Cm et sa robe est d'un jaune d'or. Me voilà ravi et je me dis qu'il ne faudrait pas plus qu'une truite pour Pep's pour que cette sortie soit réussie.
Nous revenons vers la voiture et sur le chemin nous décidons avant de repartir de tenter une nouvelle fois la très grosse du départ. Malgré toute mon application sur plusieurs lancers, la belle ne semble plus être là.
Nous voici sur le deuxième parcours, je décide de l'amputer de la première partie qui me semble bien trop pénible physiquement pour ses vieilles jambes. Le temps assez clair jusqu'ici commence a s'assombrir, on ressent comme une torpeur de dame nature et cela nous semble vraiment de mauvaise augure. Au vu de l'activité des truites, nous prenons le temps de discuter de précédentes aventures et j'en profite pour lui montrer les coins où j'ai découvert quelques morilles. Nous finissons cette portion sans aucune touche, le temps semble vraiment se désagrégeait au fil des minutes et nous décidons de remonter sur le dernier parcours où quelques tables installées sous de grands sapins nous accueillerons pour manger.
Il est 12h45, le jambon, le pâté, les œufs, les salades, le pain et le vin ( il y a aussi de l'eau ! Si si promis) sont disposés sur la table et nous nous jetons dessus comme si nous n'avions pas mangé depuis des jours. BROOOMM !, le tonnerre gronde, il semble faire nuit tant le temps c'est couvert subitement et les premières gouttes font leur apparition. Les gouttes de la taille d'une bille qui s'abattent sur notre tête nous font comprendre qu'il est grand temps de tout rentrer dans la voiture pour y finir de manger au sec. Nous avons juste le temps de fermer les portières qu'un violent orage se déchaine.
Il est 13h30, l'estomac bien rempli je guette par la fenêtre les éclaircies qui s'approchent, il pleut encore mais l'orage est passé, je propose de reprendre la pêche mais Pep's me dit « t'es fou, il pleut encore trop fort !». Je pense en fait que cette pluie n'est pas là pour lui déplaire et qu'il pourrait en elle y trouver une excuse pour plonger tranquillement dans une sieste réparatrice. Oui mais voilà nous ne sommes qu'à quelques mètres du monstre et je ne lui laisse pas la chance de fermer une paupière.
Les imperméables sur les épaules, nous reprenons la pêche, il pleut toujours mais nous sommes ici bien abrités par de grands sapins magnifiques. Nous ne faisons rien jusqu'au poste fatidique, Pep's y est arrivé en premier sans le savoir et heureusement il ne s'est pas encore trop avancé. «C'est ici !», avant de m'avancer pour voir si elle est en place, je décide d'effectuer un lancer sur la gauche de l'arbre immergé, dans le cas où elle aurait changer de poste... ce serait bête de la faire fuir sans aucun essai. C'est une truitelle qui se saisit de ma cuillère arrivée au niveau de mes pieds.
Cette fois-ci je n'y tient plus! Le cœur battant, les mains tremblantes, je m'avance lentement vers son poste...«Elle y est !», décrivant l'endroit exact où elle se trouve, je me recule et lui laisse la place pour aller la voir. «Elle est belle effectivement !», nous prenons le temps de la regarder vivre et nous notons qu'elle se nourrit entre deux eaux. Décision est prise de la pêcher à la longue canne avec une mouche noyée. Je garde les lancers et surtout le poste, pendant que Pep's retourne à sa voiture chercher sa canne au toc à fil intérieur et une boite à mouche. Le voilà de retour, reculés sur le petit chemin qui surplombe le poste et abrités derrières les arbustes nous montons la canne. Après réflexions, nous décidons de mettre une noyée de couleur marron claire et montée sur un hameçon de 16 ou 18, deux petits plombs à une trentaine de centimètres au dessus viennent finir la monture.
C'est Pep's qui s'avance, je lui avais réservé celle-là, tout doucement il dépose la noyée un peu en amont de la truite... un passage, deux passages, trois passages rien le monstre ne bronche pas. Pas la peine d'essayer plus et de risquer de l'effrayer, elle ne veut pas de cette mouche. Nous étudions une nouvelle fois la boite et cette fois-ci nous succombons sur une nymphe plombée marron à tête d'or. Je me charge de faire les nœuds car les yeux du padré ne voient plus aussi bien qu'avant (qu'elle pression ! imaginez que le nœud lâche pendant la bagarre ).
Pep's se positionne à nouveau et tente de faire passer la nymphe devant la truite, le temps sombre et quelques dixième en moins font qu'il lui est très difficile de suivre sa course. «Aie !», Pep's vient d'accrocher une branchette qui pendouille au dessus du poste, avec délicatesse et sans aucunes brusqueries il réussit à décrocher. Elle n'a pas bougé, d'un geste sûr il dépose à nouveau la nymphe mais cette fois-ci quelques centimètres plus en amont, derrière lui je filme ce grand moment, le monstre effectue un brusque déplacement sur la droite et alors que je pense «elle est en train de fuir», j'entends «Je l'ai !!». Le premier scion de la canne est pliée en deux, «l'épuisette dans mon panier !», j'en laisse tomber la caméra aux pieds, dans les buissons, l'épuisette en main je fais une Chabal par la droite de Pep's, rien ne me résiste, les branches et les arbustes plient et craquent sous mon passage, j'arrive à glisser l'épuisette dans l'eau et le padré la fait descendre à l'intérieure. «Oh put.. qu'elle est belle !», je n'en reviens pas, on l'a eu. Je filme Pep's pour avoir ses impressions à chaud, il ose me faire le blasé alors que je vois bien qu'il jubile à l'intérieur. Elle mesure 43cm et pèse 749g, sa robe est en fait d'un noir et argent magnifique. Les sms sont envoyés pour faire part à tout le monde de notre réussite. J'en reçois à mon tour de félicitations et Tit sature mon portable de sms et d'appels (on en rigole tant on le devine faire des va et vient et bouillir d'impatience de connaître les moindres détails).
Nous poursuivons le parcours avec plein de bonheur dans les yeux et pour mon cas quelques grammes en plus dans la musette car c'est moi qui est hérité du monstre (ça pèse dur). Pep's fera sur cette fin de parcours très intéressante sa première truite au lancer et moi encore une petite qui aurai pu servir de vif au monstre tant ses mensurations sont ridicules.
Nous voilà aux voitures, une pomme et un panach' bien frais essaient de nous remettre de nos émotions, nous discutons encore un peu de cette agréable journée avant de prendre le chemin du retour.




