28 mai 2009
Pêche et bronzette !
« SHHHHIOUUUUU!!!! », le réveil vient de sonner et encore couché dans le lit j'écoute les rafales de vent chanter dans les volets de la chambre. Météo France ne s'était donc pas trompé, les rafales doivent bien atteindre de bon matin les 75 km/h, heureusement qu'ils prévoient aussi très peu de vent pas plus de 30 km/h pour le Vigan.
Comme d'habitude je prends la route de la Vis sur les coups de 08h00, tout au long du chemin j'inspecte les arbres à la recherche d'une accalmie, au niveau de Sauve le vent est déjà moins puissant et il ne fait que faiblir tout au long de la route pour n'être que brise arrivé au bord de l'eau.
Une voiture est stationnée sur le remblais qui sert de parking, après inspection je m'aperçois qu'une tente a été monté sous les arbres non loin du bord de la rivière et que ce n'est qu'un couple de campeur. Je préféré ça, car lors de ma dernière sortie la semaine passée (que je n'ai point conté tant la bredouille et la pauvreté en évènements fût extraordinaire), je n'ai pêché que des parcours qui venait d'être parcourus par d'autres pêcheurs ( pont de l'ascension oblige...). A cette heure là ils n'ont sûrement pas encore fait trop de bruit et mon coin magique doit être encore dans de bonnes dispositions.
Je m'approche du bord de l'eau et comme pour me réconforter dans mon idée, une belle Fario mouche en plein milieu du léger courant qui s'offre à moi. Malgré plusieurs tentatives ce ne sera pas la première prise de la journée. Je décide de dépasser la tente pour pêcher un peu plus haut, seule madame est réveillée et effectue sa petite toilette matinale en « top-less », c'est vrai que la température est déjà plus que douce et mon débardeur est bien suffisant, gêné par la situation je décide de faire du bruit tout en continuant à avancer, surprise elle enfile un tee-shirt avec hâte et me salut la tête basse.
Après cet intermède cocasse, je reprends la pêche avec application et fait glisser ma cuillère dans toutes les veines d'eau. Une truitelle vient me souhaiter la bienvenue, elle mesure 18cm à peine et avec douceur je lui permet de regagner son territoire de jeux. Quelques mètres plus haut, sur le gros trou, quelques branches surplombent la rivière, à l'ombre de ce figuier je me dis que c'est un beau poste pour un poisson. Je ne me poserai pas longtemps la question car au premier lancer la cuillère est attaquée brutalement, je sens une belle résistance et comme il n'y a pas de courant à cet endroit c'est qu'elle doit être belle. En effet, elle mesure 27cm et me permet déjà à 10h00 d'éviter la bredouille.
Le courant suivant est magnifique, par contre il est toujours très difficile de s'en approcher tant l'encombrement des lieux par des gravats sur le sol fait que votre présence est vite détectée. Pour une fois j'arrive à m'approcher sans aucun bruit, le souffle court ( oui la pression est à son comble...), je propulse la cuillère en amont sur la rive opposée, là où de gros cailloux immergés procurent aux truites des caches magnifiques, ma Mepp's blanche à points rouges virevolte entre ceux-ci et soudain... c'est l'attaque! Elle se débat, tourne et retourne sur ma cuillère puis plus rien...elle s'est décrochée, je râle car c'était encore un beau poisson.
Me voilà sous la chute qui marque la fin du parcours, ici deux truitelles viendront se prendre à mon leurre mais elles n'ont pas encore la majorité pour m'accompagner.
Je retourne à la voiture, aujourd'hui je suis seul car les solides sont au boulot ( ça ne leur fait pas de mal ) et je n'ai pas proposé au padré de m'accompagner car j'avais dans l'idée de remonter sur un parcours, que je n'ai pas refait depuis l'ouverture, et dont les caractéristiques sont plus que physiques. Me voilà d'ailleurs rendu, je me gare sur le bas coté en cherchant à mettre la voiture à l'ombre tant la chaleur à 11h00 est déjà exceptionnelle.
Je descends au bord de l'eau, et quand je dis je descends croyez-moi c'est physique. Me voilà sur le petit pont submersible qui marque le début du parcours. J'aperçois comme tout à l'heure une belle Fario en train de moucher ( je sais c'est l'époque rien d'anormal ), elle détourne son attention de ma cuillère et je pense tout à coup à ma « sauterelle- rapala » qui traine au fond d'une boite. Je ne l'ai encore jamais essayé et je pense que son heure est venue. Premier lancer, elle flotte à la surface s'approche de la truite et...refus magistral... tant pis je retente ainsi ma chance plusieurs fois et c'est le même scénario qui se répète, lassée et sûrement un peu effrayée par ce flot ininterrompu de sauterelles un peu spéciales, elle finit par regagner sa cache.
Quelques mètres plus haut, la même configuration que lors de ma première prise s'offre à moi, je pose ma cuillère juste sous les branchages et comme tout à l'heure l'attaque est brutale et spontanée, elle tente de gagner le courant mais je la bride pour la laisser sur la bordure, épuisée elle se laisse ramener tranquillement jusqu'à ma main. Celle-ci mesure 30cm et je me dis « qu'elle chance d'avoir une si belle rivière ».
Me voilà sur les gros bouillons juste au-dessus, perché sur un rocher je me pose la question de savoir pourquoi je n'ai jamais réussi à sortir un poisson de ce coin magnifique. Je ne me la poserai plus jamais car sur le premier lancer, alors que la cuillère, emportée par la force du courant, effectue un demi cercle presque à la surface, une sauvageonne s'en saisit et effectue une chandelle d'anthologie pour retomber dans le courant d'en dessous. J'arrive tant bien que mal à la faire parvenir jusqu'à mon rocher et c'est une Fario de 25cm qui repose dans ma main.
Je continue mon excursion, sur les lents plats en amont j'observe de nombreuses truites moucher mais je ne râle point tant les postes sont encombrés, même si j'avais pris mon fouet il me serait impossible de les pêcher. J'essaie quand même de les leurrer à la cuillère mais dès que celle-ci perfore la surface, elles foncent se cacher...
Les postes ont été bouleversés par les crues de l'hiver et j'ai du mal à en reconnaître certains, le chemin aussi à été bouleversé et je dois me plier, ramper, m'égratigner et manger quelques tonnes de toiles d'araignées pour parvenir à y progresser.
En fin de parcours j'arrive sur un virage que j'affectionne tout particulièrement car même si je n'y ai jamais fait de pêche exceptionnelle, je peux à chaque fois en observer de belles se nourrir dans le courant.
Ici aussi le poste à été bouleversé et le courant et très puissant, j'ai beaucoup de mal à traverser et coincé au milieu j'aperçois une très belle truite se tenir à quelques mètres à peine en amont. Je décide de la tenter depuis ma position très inconfortable, la cuillère se pose à 50cm en amont de la truite, elle virevolte, frétille de toute sa palette et lorsque la cuillère la dépasse, elle effectue un demi-tour fulgurant pour s'en saisir. Le combat prend mauvaise tournure quand il lui prend l'envie de redescendre la rivière et d'emprunter les bouillons qui s'ensuivent, le frein du moulinet n'est pas bien réglé ( la faute à une casse précédente ) et la truite ne peux pas prendre du fil comme elle aurait dû, la voilà maintenant qui fait du surf sur les vagues le fil tendu dans le courant, je suis en train de me dire que même un débutant aurait mieux fait, je décide alors de la ramener de force sur la minuscule langue de plage qui sépare les deux forts courant. Le demi-tour et très hasardeux, les bottes glissent sur les cailloux poussées par le courant et commencent à se remplir d'eau, le temps m'est compté c'est pourquoi je me lance comme un forcené jusque sur cette langue et pose la truite en force dessus, elle est encore en pleine forme et fait des sauts vertigineux pour regagner la rivière, je me jette dessus en essayant de la bloquer entre mes jambes, malheureusement il est trop tard lorsque je tombe lourdement sur le sol, la belle s'est déjà décroché et j'ai beau regarder hagard entre mes cuissardes il ne reste que du sable et une pauvre cuillère. Pauvre cuillère bien triste qui doit regretter d'avoir si bien travailler pour un si triste résultat, un peu comme un chien qui trouve le gibier, le tient à l'arrêt et dont le chasseur claque deux coups de fusil dans le ciel...
Ce poisson été magnifique il devait bien mesurer 35cm au moins, en d'autres occasions j'aurai sûrement juré tant que je pouvais mais les trois beaux poissons qui ont précédés me font dire que ma journée est déjà bien remplie et que mon prélèvement est bien suffisant.
14H30, la faim me tiraille et je prend le chemin du Grenouillet pour manger un bout à l'ombre de ce soleil de plomb.
15H30 l'estomac bien rempli j'ai beaucoup de mal a reprendre la pêche, je vais essayer quand même quelques coups mais arrivé sur cette plagette qui invite à la bronzette, je pose cuissardes, canne et débardeur pour profiter des caresses du soleil sur ma peau.
Voilà il est temps de rentrer, deux autres truitelles seront remisent à l'eau pendant ce parcours effectué comme un touriste.
Commentaires
Oh le veinard!
Grace à ton commentaire, j'ai pu compenser mes desillusions. Les prises sont magnifiques ainsi que la vidéo. Te serais-tu pris pour Brad PITT en cette merveilleuse journée!!!!!!Il aurait fallu se mouiller un peu plus et se laisser aller dans le courant.... A bientôt de te lire, avec ,à nouveau de belles péripéties.
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