Les vacances facilitant les sorties, nous avons pu enfin trouver une date pour effectuer une sortie « truite » sur la Vis avec Lolo. Le réveil sonne à 06h30, oui cela peut sembler être une torture si c'était pour tout autre chose qu'une partie de pêche..... Après avoir fait quelques kilomètres je reçois un texto de Lolo pour me signaler qu'il aurait une petite demi-heure de retard, étant parti un peu en avance déjà il va me falloir tuer le temps, qu'à cela ne tienne j'ai ma petite idée.....

 

     07H22, me voilà au point de rendez-vous bien en avance. Je décide d'aller prospecter la fin de la Vis, là où elle se jette dans l'Hérault. Ce n'est qu'à deux kilomètres de là. Problème ! Ce n'est pas les vacances que pour moi, le site est envahi par des campeurs, je pousse quelques centaines de metres plus loin où étonnamment, malgré un bel emplacement pour se garer, aucun campeur ne semble avoir pris demeure.

     07H45, une fois descendu de la voiture je comprends mieux pourquoi ce coin ne les attire pas, en effet la rivière se trouve un dizaine de mètres plus bas et le chemin pour y accéder descend à pic. Ce n'est pas ça qui va m'arrêter, équipé de mon gilet et de ma canne seulement je peux descendre facilement. La rivière ici est très belle aussi, elle est une succession de courants qui serpentent entre de gros blocs rocheux. Quelques lancers seulement vont me prouver qu'en plus d'être belle elle est à ce niveau déjà très poissonneuse. Derrière ma cuillère suivent beaucoup de vairons et pas mal de blancs qui remontent de l'hérault.

     07H52, la cuillère s'est arrêtée de tourner, le fil s'est tendu, mon poignet se crispe sur le manche et la faute à qui ? A cette belle Fario qui combat et défend chèrement sa peau. Une belle truite de vingt-trois centimètres, qui après une séance photo, regagne sa demeure. Je suis ravi du retard de Lolo qui m'aura permis de trouver ce petit parcours que je ne connaissais pas encore. Dix minutes plus tard une autre Fario, plus petite celle-là, vient succomber aussi à ma cuillère. Avec une troisième décrochée quelques mètres plus haut, le ratio de ce parcours est impressionnant. Je m'arrête ici de peur d'être cette fois-ci, moi-même en retard.

     08H15, garé sur le parking j'attends Lolo en ayant déjà le sentiment d'avoir réussi ma journée. Un quart d'heure plus tard Lolo est là, nous chargeons ces affaires dans ma voiture est nous nous mettons en route pour un parcours situé beaucoup plus haut, non loin du cirque de Navacelles.

    Nous avons décidé aujourd'hui, de descendre en voiture jusqu'à une ancienne maison forestière située au bas d'un chemin tout juste carrossable. L'entrée du chemin est équipé d'une barrière qui heureusement n'est jamais fermée, car le Mas se situe quand même à petite dizaine de kilomètres plus bas au bord de l'eau. Sage décision que nous avions prise, car Lolo qui est allé courir hier avec de nouvelles semelles, s'est fait des ampoules sous les pieds que je ne saurai qualifier tellement elles sont impressionnantes. Il peut d'ailleurs à peine marcher convenablement après les avoir protégées avec des pansements et du strap.

     09H30, « Dis moi pas que c'est pas vrai ?????!!!!! ». Nous voilà devant la barrière.......fermée par une chaîne et deux gros cadenas qui réduisent nos espoirs de découvrir ce nouveau parcours à néant. Des années que je passe par là et c'est la première fois qu'elle est fermée, si c'est pas la faute à pas de chance ça ?!! Après réflexion nous décidons de garer la voiture non loin de là et d'emprunter le premier chemin qui descend à la rivière pour limiter les déplacements et épargner une douloureuse marche à Lolo qui, de toute façon, ne nous laisserai guère de temps pour pêcher. En passant devant l'algeco où réside le vigile, nous le saluons et lui demandons l'autorisation d'emprunter la route à pied. Aucun problème pour lui, il nous explique que c'est EDF qui restaure le petit canal et comme ils se sont fait voler des groupes électrogènes ils ont demandé à fermer l'accès au site.

 

     10H35, nous voici enfin au bord de l'eau après avoir pris une fausse piste en premier lieu et avoir dû rebrousser chemin sur quelques centaines de mètres. Décidément, rien ne nous sera épargné aujourd'hui. Pendant que Lolo enfile comme il peut ses cuissardes, je lance quelques coups ma cuillère et en profite pour tester mes lunettes polarisantes que j'utilise pour la première fois. La canicule annoncée ne nous semble pas être terrible vu d'ici tellement la température est agréable. Comme d'habitude sur cette rivière, les gobages ne sont pas au rendez-vous. Lolo décide de monter une noyée même s'il ne maîtrise pas encore tout à fait cette technique, apprise il y a peu avec Yannick Rivière, guide de pêche dans l'Aude. Les courants s'enchaînent mais ni lui ni moi ne touchons de poisson, nous n'en voyons pas en poste ou se promener non plus....

     12h50, enfin je décèle le premier gobage de la journée. Lolo, qui est repassé en sèche vu qu'il n'avait pas plus de résultat en noyé, va s'employer à la faire monter. Les premiers passages ne donnent rien mais nous décidons d'insister tellement les gobages ici sont rares. Un éclair jaillit du fond de l'eau et perce la surface pour se saisir de la petite mouche araignée grise montée par Lolo.... « Qu'est-ce que c'est que ce vieux ferrage ??!! » lui demandais-je. Je crois, qu'échaudé par les heures précédentes et les premiers passages, il n'y croyait plus vraiment. Malgré le fait qu'il démente toute déconcentration j'ai bien vu que ce ferrage ne ressemble en rien avec ceux réalisés d'habitude. C'est bien dommage car les occasions de faire du poisson ici en sèche ne sont pas légion, je me pose d'ailleurs la question de savoir pourquoi et si quelqu'un qui lis ces quelques lignes peut m'en apporter la réponse je lui en serai gré.

     13H10, nous trouvons une place à l'ombre pour manger un morceau, place qui nous permet en même temps de scruter la rivière pour déceler toute trace d’activité en surface. Si les gobages sont toujours absents nous avons quand même la chance de pouvoir assister au spectacle d'une Fario chassant de petits vairons jusqu'à nos pieds.

     16H00, nous voici arrivé sur la fin du parcours, il reste un petit courant que je peigne quand même à tout hasard..... « Poisson !!! », je viens de ferrer une belle Fario de vingt-cinq centimètres à peu près. Incroyable coup de chance juste avant de partir, une photo et la belle est remise à l'eau avec précaution.

     17H00, nous voilà revenus à hauteur des voitures après un périple usant pour les pieds de Lolo. Il nous aura fallu une heure pour remonter le chemin que nous faisons d'habitude en la moitié de temps. Quel courage quand même quand on voit l'état de ses ampoules......je crois que nous prenons tellement de plaisir à se retrouver au bord de l'eau que rien ou pas grand chose ne peut nous empêcher de réaliser ces magnifiques sorties.

 

     17H30, je quitte Lolo sur le parking où il récupère son véhicule et prendra la route de l'Aude, moment toujours un peu triste même si cette fois-ci nous nous retrouverons bientôt dans le Lot pour d'autres aventures et qui sait peut-être une matinée à la pêche..........je dis ça je dis rien  ;-)