Enfin !!, après avoir attendu cinq ans, nous avons réussi a pouvoir programmer une sortie avec mes deux compagnons de pêche. Ce sera une sortie pêche au Bar, en espérant que ces deux gros pêcheurs de truites puissent enfin voir le Loup. En effet ceux ne sont pas de grands adeptes de la pêche en mer, je les amène pour la deuxième fois seulement.....cela pourrait changer.

 

     18H30, j'arrive chez Tit, lieu de rendez-vous et de départ de notre excursion nocturne. Le temps de m'apercevoir que les moustiques de Fons sont étrangement voraces. La jambe d'Emmy, gonflée de la cheville au genoux, en est la preuve inéluctable et ressemble a si méprendre à l'avant bras de ma fille une semaine plus tôt. Chris ne tarde pas, nous chargeons le coffre de la voiture qui, finalement, malgré son importante profondeur, est juste assez grand pour rentrer les sacs, glacières, cannes à pêches et autres habits de rechanges. Il faut bien dire que certains ont pris leur garde robes alors que d'autre en ont oublié la moitié à la maison.....mais pas de noms, motus et bouches cousues !

     La route à trois semble beaucoup moins longue, les sujets de conversations ne manquent pas tellement les jours ont passés depuis notre dernière rencontre. J'ai décidé de leur faire débuter la partie, par une pêche aux leurres de surface en étang.

     19H45, nous sommes sur le parking du Prévost à Palavas, nous nous équipons rapidement mais légèrement, la chaleur étant encore importante à cette heure là. Short de bain et chaussures pour marcher dans l'eau habillent le bas, gilet de pêche et musette le haut. Nous devons franchir un trou d'eau de quatre-vingt centimètres de profondeur avant de pouvoir accéder à de grandes plages tout juste immergées, à partir desquelles plusieurs postes de pêche s'offrent à nous. La confiance règne et c'est avec honneur qu'ils me proposent de passer en premier... Nos bouées effleurent à peine l'eau, surtout pour les plus grands, alors que le plus petit de l'équipe les a sûrement un petit peu plus au frais.

     20H10, la pêche peut enfin commencer, le soleil commence déjà a décliner, le cadre est vraiment agréable comme la température qui commence quand même a être supportable, surtout grâce au petit vent marin qui règne ici. De droite et de gauche nos leurres travaillent à la recherche du premier poisson. Christophe, qui n'a encore jamais pêché aux leurres de surface et dont la canne est un peu longue, a un peu de mal à prendre le coup. Thierry lui pour sa part n'a aucun mal, l'ayant déjà testé depuis longtemps en rivière. Pour ma part je pêche en tresse pour la première fois ainsi qu'avec un Z-CLAW si bien connu des adeptes de cette pêche de surface. Je trouvais son prix exorbitant, mais je dois bien avouer que sa nage les justifie amplement. Je suis surpris par la vitesse à laquelle Chris apprend le maniement de mon Popper ( ZEAPSEA POP), il s'en sort maintenant ma fois tout à fait honnêtement.

     Sur le fond, échoué, un mollusque attire notre attention. Il y en a en fait des dizaines sans vie mais nous sommes incapables de mettre un nom dessus. Je laisse ici une photographie d'elles pour toutes personnes qui pourraient les reconnaître.

     21H15, aucunes attaques sur nos différents leurres, la nuit est maintenant tombée, nous devons nous faire à l'idée que les premières captures ne se feront pas ici.

     21H45, installé sur le parking du canal de Carnon nous reprenons des forces.... Ici la technique de pêche va changer, nous allons pêcher au Raglou. La période estivale fait que le canal de manque pas de pêcheurs amateurs, le courant est rentrant mais manque un peu de puissance a mon goût. Ce canal je le connais comme ma poche, je place ainsi Tit et Chris sur les postes intéressants au rentrant, qui sont totalement différents de ceux au sortant.

     23H15, alors que Tit et Christophe peigne le courant, je reçois une châtaigne dans l'avant bras. « Poisson !! », « Poisson !! », la canne se plie, le frein commence a chanter, « Il est beau celui-là !! ». Je ne peux le décoller du fond pour le moment, je vois le fil remonter le courant, ceux qui est toujours signe de gros poissons. Il commence a monter en surface mais toujours de l'autre côté du canal pour l'instant, il frappe la surface une première fois et son remous, si je me posais encore la question, me persuade que c'est vraiment une belle prise. « Chris ! Va chercher le salabre ! », je ne pourrais sortir ce poisson qu'avec l'épuisette, étant perché sur un ponton. Alors que Chris commence à partir vers la voiture, le Loup revient claquer une deuxième fois à la surface presque dans mes pieds cette fois-ci. La canne se plie de plus en plus, Tit essaie de l'apercevoir mais la nuit sombre qui règne ici nous empêche de deviner sa taille, il exécute une dernière plongée pour tenter de passer sous le ponton. Le frein crie une dernière fois comme un dernier sanglot, la canne devient tout à coup toute légère, le raglou reprends sa nage ainsi que le Loup libéré de son piercing.... « Décroché !! décroché ! », « Put.., c'est pas possible !! », je n'en reviens pas, il vient de me fausser compagnie et me laisse avec dédain sur mon ponton des lamentations.

     23H45, je n'ai toujours pas avaler la pilule, Tit et Chris qui n'ont pas eu la chance encore de piquer un poisson ne sont pas au mieux aussi de leur motivation, c'est pourquoi je propose de faire une pause boisson.

     00H30, comme me le fait sagement rappeler Chris, Tit et lui-même n'ont pas l'habitude de cette pêche où nous pouvons rester sur place des heures à pêcher le même poste, contrairement à la truite où nous prospectons les différents courants, radiers et pools en remontant sans cesse la rivière.

     00H40, je sens bien la lassitude les attraper et leur propose de redescendre le canal en pêchant ça et là sur différents postes. Les portes sont malheureusement déjà occupées par un autre pêcheur, tant pis, une trouée entre deux bateaux amarrés nous laisse un poste de qualité. « Au pied du pont, il faut passer à ras du pied ! » leur dis-je, pied qui baigne dans le canal et crée un remous où les poissons sont toujours présent. Tit s'y essaie en premier, le raglou attaque sa courbe et vient passer au raz de la pile. « J'en ai un ! », sa canne est effectivement en train de travailler à cause du courant ici bien plus important, il le bride bien et sort le premier Bar de sa carrière de pêcheur. Un poisson maillé de trente-quatre centimètres, qui redonne le sourire à notre triplette. « Vas y Chris, à toi ! » lui disons nous. Le premier lancer ne restera pas dans les annales, car à part le fil du pêcheur, situé aux portes et qui a calé dans le courant, il n'attrapera rien d'autre. Une fois décroché et après nous être excusé, Chris envoi son leurre cette fois un peu plus en aval. Même dérive que pour Tit, même passage au raz de la pile du pont... et même résultat ! Chris vient lui aussi de sortir son premier Bar, plus petit celui-là, il mesure vingt-quatre centimètres et retournera à l'eau. Je ne sais pas qui est le plus heureux, si c'est eux d'avoir attrapé leur premier Loup ou moi de leur avoir fait attrapé...

     « PLOUF !! », le plomb du pêcheur des portes vient de tomber à notre hauteur, en plein milieu du courant. Cela me fait sourire et je comprends le message, blasé sûrement de notre odieuse réussite sous son nez, celui-ci ne veut plus nous voir dans les parages. Notre bonne humeur ne pourra être entamé par ce geste, tout aussi bas soit-il et nous préférons ne pas le relever et continuer notre quête plus en aval. Malheureusement le courant ici, devient beaucoup moins important. Après quelques autres tentatives et un bref retour sur les pontons il est maintenant l'heure de rentrer.

 

     02H00, le matériel est rentré mais la bonne humeur elle, est toujours de sortie, elle va d'ailleurs nous accompagner tout au long du retour. De bons souvenirs, c'est ce qui va rester de cette partie de pêche, en espérant que la triplette ne remette pas cinq ans à se reformer......