Ces quelques jours à passer ensemble chez « mémé », Lolo et moi en famille, à côté de Souillac dans le Lot, vont nous permettre de programmer une sortie pêche...reste à savoir où ?  Notre choix, guidé par le temps restreint qui nous est compté pour cette sortie, se porte sur la Dordogne qui est la rivière la plus proche. Lolo pêchant exclusivement à la mouche, nous choisissons un parcours adapté que nous connaissons bien, ou plutôt devrais je dire que nous connaissions bien. C'était il y a quelques années de ça, dans un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Pinsac, ce nom chante à nos oreilles tant il nous rappelle de bons souvenirs de pêche passés, à l'époque, à trois  avec Pep's.

     07H45, ici rien n'a changé, les bruits de la nature, les odeurs et l'ambiance qui y règnent, semblent ne pas subir les effets du temps qui passe. Cette fois-ci Céline nous a accompagnés, équipée de son appareil photo elle pourra faire des clichés de nos exploits, enfin nous l'espèrons...

     J'en avais presque oublié comme la rivière est puissante, les courants même peu profonds sont d'une force impressionnante, mon lancer léger ,après quelques minutes seulement, me semble vite inapproprié. Heureusement j'ai pensé à prendre aussi une autre canne, un lancer de deux mètres dix qui me sert d'habitude pour la pêche des carnassiers et du Loup. Monté avec un leurre de surface il fera très bien l'affaire.

     Le début du parcours est un grand courant très rapide, la rivière est ici large d'une trentaine de mètres et il est bien difficile d'y pêcher tant les leurres sont amenés avec une rapidité extrême vers l'aval.. Lolo remonte directement quelques dizaines de mètres plus en amont, la rivière reste aussi large mais alors qu'un courant profond et puissant lèche la berge opposée, notre côté est bien plus calme avec des herbiers espacés d'une dizaine de centimètres, caches formidables pour les poissons. Ces poissons, que l'on peut rencontrer à ce niveau de la rivière sont, perches, chevesnes, ablettes, barbeaux sûrement aussi quelques sandres et des truites même si ces dernières ne sont pas très nombreuses on peut attraper des spécimens de belles tailles.

     08H15, nous observons Lolo effectuer ses premières arabesques de soie, installé au milieu de la rivière il propose sa mouche sur la carte des mets de nos poissons gourmets. La lumière du jour qui se lève fait étinceler de mille éclats la surface de l'eau, le paysage est grandiose, nous semblons tout petit au milieu de cet immensité naturelle. Les débuts ne sont pas fructueux, nous n'observons pour l'instant quasiment aucun gobage, chose extrêmement rare sur ce parcours si notre mémoire ne nous trompe pas.

     08H30, j'aperçois une petite chasse de perche sur le bord. Nous laissons donc Lolo sur son coin prometteur et remontons d'une centaine de mètres voir si on peut faire venir ce poisson. Malheureusement, il y a si peu d'eau au bord que ce n'est pas pêchable, plus au large ce sont des herbiers, je préfère donc laisser ce parcours pour le fouet de Lolo.

     09H00, je vois Céline entrain de mitrailler quelque chose avec son objectif, c'est ce magnifique château perché sur la falaise, je l'avais presque oublié concentré que je suis à la recherche de mon premier spot. Le château de la Treyne est une splendeur, il a d'ailleurs eu droit à une visite insolite. Un jour, le propriétaire de celui-ci a eu l'improbable surprise de voir un hélicoptère se poser dans son jardin, sa stupéfaction arriva à son comble lorsqu'il vît les occupants de cet engin en descendre...Brad Pitt et Angélina Jolie, rien que ça, éblouis eux aussi par la beauté du château, alors qu'ils survolaient la région, décidèrent de se poser afin de faire une proposition d'achat au châtelain ! On dit qu'ils se firent envoyer sur les roses toutes stars qu'ils sont...

     C'est d'ailleurs au pied de sa majesté que je trouve mon premier spot de pêche intéressant, la rivière fait ici un large virage avec un profond contre la falaise d'en face qui crée un grand calme jusqu'à ma berge. Le fond tapissé de galets descend tout doucement vers la berge opposée, ce coin me plaît particulièrement et je sens tout à coup le palpitant s'emballer. Je pourrai ici pêcher avec la petite cuillère mais la technique du leurre de surface me passionne tellement que je ne peux m'en passer.

     09H25, mon z-claw se met en action, il zigzague avec application et soudain c'est l'attaque ! Il n'est pas encore pendu mais il chasse derrière mon leurre avec énergie, les éclaboussures qui giclent derrière sont frissonnantes. « Poisson ! », cette fois-ci il est accroché, le combat ne dure que peu de temps car la canne me permet de le brider rapidement. Une jolie perche de vingt-huit centimètres environ vient de succomber à mon leurre, les couleurs de ce poisson sont toujours magnifiques et celui-ci ne déroge pas à la règle, il mérite bien sa séance photo dirigée par Céline.

     10H30, un autre poste quelques mètres plus en amont me semble aussi très intéressant, ce sont des remous, sous un pont, crées par le courant qui vient se casser sur les piles. Premier passage, « chasse derrière ! » c'est par ce cri que je signale à Céline qu'elle doit se focaliser sur mon leurre plutôt que sur les alevins et autres grenouilles qui se promènent sous son nez. La photo de la chasse est ratée...tout autant que mon poisson qui ne s'est jamais piqué. Un lancer plus en aval, sous des branches qui surplombent la rivière va être gagnant. L'attaque cette fois est franche et virile, le poisson se pend de suite à mon leurre, son combat est bien plus puissant que ma première perche, il commence à plonger et décrire des va et vient de gauche à droite avec une vitesse folle. « Celui-là il est beau ! », ou plutôt aurais je dû dire il était beau...Il vient de se décrocher, mon leurre remonte tout penaud à la surface et semble n'oser me regarder, je crois pourtant qu'il n'est pas le plus coupable.

     Lolo vient de nous rejoindre, je lui compte mes exploits, même si le terme semble peu approprié, et j'apprends que lui de son côté n'a malheureusement fait aucun poisson ni vu aucun gobage.

     La sortie touche à sa fin, le temps qu'il nous reste est vraiment trop court pour pouvoir aller prospecter plus en amont. Nous descendons donc vers la voiture en longeant la rivière, ce qui me permet de retenter ma chance sur le poste de la perche, ce sera sans succès.

 

     11H45, de retour à la voiture, une fois tout le matériel rentré, nous ne pouvons nous empêcher d'aller inspecter à pied quelques postes plus en aval pour voir si...peut-être une autre fois ? Qu'est-ce qu'il est bon de pouvoir revivre des moments qui rappellent de si bons souvenirs.