Le réveil sonne en ce matin du vendredi 21 Juin, ça y est nous y sommes... La date du départ pour un week-end de pêche en lac et rivière de haute montagne, avec Lolo et Pep's, est enfin là. C'est Lolo qui nous offre ce week-end pêcheur à l'hôtel des Bones Hores, en demi-pension, au pied du lac des Bouillouses qui se situe à 2050 mètres d'altitude. On ne déroge pas aux bonnes règles, et c'est après avoir déposé Eva à l'école à 09h15, que je prends la route de Jacou, afin de récupérer Pep's et son matériel. Les bisous aux filles ce matin étaient un peu plus longs que d'habitude et chargés d'émotions car je les laisse pour la première fois pendant trois jours...

 

     10H15, je repars de la maison familiale avec Pep's en direction cette fois-ci de Coursan, pour prendre Lolo. Il nous faut une bonne heure de route afin de le rejoindre, celle-ci est rapidement avalée par les récits de Pep's sur sa dernière sortie au Loup, à Carnon, qui s'est soldée par la prise d'un joli poisson.

     11H45, Lolo nous attend dans le jardin, au téléphone avec maman qui se languit déjà sûrement de notre retour. Il nous a concocté un bon repas, que nous prenons sur la terrasse à l'ombre, tant la température est agréable. Le soleil chauffe fort aujourd'hui et le thermomètre affiche déjà vingt-sept degrés...

     13H15, cette fois-ci la voiture est pleine, les bagages et le matériel de pêche occupent une moitié entière de la voiture...nous l'autre. Deux heures quinze et quelques cent soixante kilomètres nous séparent maintenant de notre Graal.

     La première partie de notre parcours se fait sur l'autoroute par un grand soleil, mais les nuages noirs que nous apercevons au loin, accrochés aux montagnes, nous font craindre le pire. Jusqu'à Perpignan le soleil nous accompagne, c'est aux alentours d' Ille-sur-Têt que la météo commence a se gâter sérieusement. Les choses ne vont qu'empirer, au fil de la montée vers le col.

     15H45, nous sommes arrivés au pied de l'hôtel, le cadre est grandiose même s'il nous est difficile de l'apprécier à sa juste valeur, tant la météo ici est triste. Nous venons de perdre plus de quinze degrés, il fait ici seulement onze degrés et les nuages sombres nous frôlent la tête. Pourtant il en faudrait bien plus pour doucher notre enthousiasme. Nous nous pressons de sortir les bagages de la voiture afin de prendre possession des chambres, et nous projeter le plus rapidement possible vers le début de notre aventure.

     16H20, garés au bord de la Têt, nous enfilons rapidement nos cuissardes ou waders, gilets de pêche, casquettes et prenons enfin en main nos fouets. Lolo qui connaît le parcours pour l'avoir déjà pêché a bien choisi le coin car la rivière ici semble prometteuse malgré son niveau plus élevé qu'à l'habitude. Pep's remontera la rivière par la berge de droite, étant gaucher cela lui sera plus pratique, et nous les droitiers, par la gauche.

     16H30, Lolo ouvre les hostilités avec un premier poisson, après seulement trois minutes de pêche puis un second quelques minutes plus tard. Nous alternons les postes avec Lolo quand la largeur de la rivière ne nous permet pas de pêcher ensemble. Les prises s'enchaînent dans les minutes qui suivent, tant pour Lolo que pour moi, mais aussi pour Pep's qui nous a rejoints un peu plus en amont. Certes se sont des prises modestes, mais avec ces conditions météorologiques particulières, nous en tirons une certaine fierté quand même.

     19H00, Les conditions s'aggravent encore avec l’apparition d'une bruine glaciale, accompagnée d'une brise léchant la neige quelques mètres plus haut. Ce package va doucher nos derniers espoirs pour ce soir, nous posons encore notre mouche ça et là mais sans grande conviction.

     20H15, Nous regagnons la voiture, le thermomètre affiche six degrés...nous sommes abasourdis. Heureusement un bon repas au restaurant de l'hôtel nous attend pour nous réchauffer (salade de lardons-tranche d'agneau avec son gratin de patate-assiette de fromage-petit vin rouge-café ou infusion).

     22H30, une fois l'organisation de la journée du lendemain établie, nous regagnons nos chambres. Pep's loge au deuxième étage (Ch. 203) tandis que Lolo et moi sommes dans la même chambre (Ch.106) au premier étage. Deux lits individuels occupent l'ensemble de la pièce où seul s'ajoute une petite table et deux chevets. La chambre est équipée d'une petite salle de bain où l'on trouve toilette, lavabo et baignoire.

     23H00, Extinction des feux, il faut récupérer pour être en forme demain...

 

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     07H00, Tout le monde debout, une longue et belle journée nous attend. Le temps n'a plus rien à voir avec la veille, le ciel est immaculé d'un bleu azur et la température est déjà bien douce.

     07H10, Attablés dans la salle du restaurant, nous avalons notre copieux petit déjeuner.

     07H45, Nous voici équipés, prêts à prendre le départ du G.R des trois lacs. Nous entamons le début d'une marche agréable sur un sentier bien tracé et dans une forêt de grands pins magnifiques. On y croise un cairn et quelques vaches sauvages. Il nous suffit de vingt minutes pour atteindre le premier lac (Long d'en bas). Nous le longeons doucement lorsque nous apercevons une truite se promener le long de la berge, gobant ça et là. Lolo, le seul équipé du fouet ce matin, monte sa canne et s'apprête a tenter ce poisson. L'approche est délicate tant on est à découvert, la transparence extrême de l'eau n'arrange rien. Lolo pose sa mouche avec délicatesse et précision, la truite, qui fait toujours le même tour, passe et repasse sous la mouche sans y prêter attention. Lolo essaie à trois reprises sans plus de réussite, jusqu'à ce que la belle nous voit et prenne la fuite.

     Pep's et moi avons opté pour le lancer, c'est le vétéran de l’équipe qui va d'ailleurs subir la première attaque, sur un de ses tout premiers lancers. Équipé d'un poisson nageur suspending à longue bavette il semble avoir plus de réussite que moi qui peigne doucement le fond avec un vairon factice. Nous apercevons plusieurs autres poissons nous suivre mais aucun d'eux ne daigne attaquer les leurres.

     09H20, Alors que nous serpentons sur le sentier qui mène au second lac, j'entends tout à coup sonner mon téléphone...un, deux, trois......je ne sais plus combien je reçois de messages d'un coup. Je n'avais jusqu'ici pas de réseau c'est pourquoi je suis assailli tout à coup. J'en profite pour prendre des nouvelles de mes filles pendant que Lolo et Pep's continuent leur descente vers le deuxième lac (Lac noir). Tout le monde va bien, c'est donc avec plein d'entrain que je peux continuer tranquillement mon séjour. Heureusement que j'ai pris le temps d'appeler car je ne retrouverai jamais plus le réseau....

     09H30, Nous voici au pied du second lac, il n'a rien à voir avec le premier, ici les bordures sont très peu profondes et encombrées d'herbiers. Obligé par un gros bloc rocheux, a faire une montée ardue, Pep's s'en trouve les jambes et le souffle coupés. Hésitant à continuer de peur de ne pas avoir la force de faire le retour, Lolo sort la carte et s'aperçoit qu'il sera facile de rentrer par l'autre côté, la dénivellation étant quasi nulle. Pep's, remotivé par cette bonne nouvelle, a retrouvé ses jambes et nous pouvons continuer la pêche.

     09H40, Lolo aperçoit avant tout le monde, une truite se promener sur la bordure, dans l'ombre, et décide de tenter sa chance. Encore une fois le poser est précis et nous n'avons plus qu'a attendre le verdict. Celui-ci ne se fait pas trop attendre, puisque dans les secondes qui suivent, nous voyons la mouche disparaître dans un joli gobage. « PENDU ! » criais-je, ça y est Lolo vient de prendre le premier poisson de la journée. C'est une magnifique Fario de plus de trente centimètres.

     09H45, seulement quelques mètres plus loin, nous observons cinq truites se promener à quelques encablures de nous. Pep's a l'honneur de les essayer, son leurre est suivi plusieurs fois mais sans être attaqué. Dans ces cinq poissons, une se distingue plus des autres de part sa taille. C'est un poisson qui doit faire au moins trente-cinq centimètres. Je vais me poster quelques mètres plus haut pour essayer de les leurrer à mon tour. Après plusieurs passages infructueux, nous changeons et changeons encore de leurre, jusqu'à ce que ma cuillère vaironnée fasse enfin déclencher un réelle attaque. Malheureusement le poisson se décroche, mais j'ai quand même mes premières sensations de la journée.

     10H00, Nous avons rendu nos armes sur ces poissons qui sont plus rusés que nous aujourd'hui. Nous sommes à peine à sept ou huit mètres plus loin, lorsque nous repérons un autre poisson se promener en bordure. Il gobe, c'est un coup pour Lolo. La mouche se pose à l'endroit exact du dernier gobage, la truite s'en saisit, la soie se tend, la canne se plie devant tant de grâce et voilà la deuxième belle Fario pour Lolo. Encore une très belle prise, un poisson de trente centimètres avec une robe bien noire.

     Un autre poisson mouche quelques mètres au-dessus, Lolo à juste le temps de sécher sa mouche qu'il la repose déjà sur la surface de l'eau. Il faut quand même attendre presque une minute pour que la truite vienne s'en saisir. Le ferrage est bon, voilà la troisième prise pour Lolo, même si enchevêtrée dans les herbiers du bord, elle finira par se décrocher avant que l'on puisse voir sa frimousse.

     10H30, On ne l'arrête plus, alors que nous tentons en vain avec pep's de prendre un poisson au lancer, Lolo est déjà en train de sortir son quatrième poisson. Toutes aussi belles les unes que les autres, c'est encore un poisson d'une bonne trentaine de centimètres.

Ce n'est que justice, et cela me ravi, car il ne faut pas oublier que c’est grâce à Lolo, si nous sommes là aujourd'hui à partager ces moments merveilleux de pêche tous les trois.

     10H45, « POISSON » ça y est me voilà en train de combattre avec ma première belle truite de la journée. Un joli poisson qu'on peut classer dans la même catégorie que les précédents. Pep's est pour l'instant le moins chanceux de l'étape. Je lui propose de mettre le même leurre que moi puisque qu'il semble quand même avoir plus de résultats, ayant déjà décroché un ou deux autres poissons avant cette prise...Malheureusement pour l'instant rien n'y fait.

     11H30, Nous sommes cette fois-ci sur les bordures du troisième lac (Lac de Pradeille). Encore une fois celui-ci est bien différent des précédents. Complètement dégagé et facile d'accès si l'on y vient directement par l'autre côté, il est arpenté par des dizaines de touristes et pêcheurs. Le cadre n'en reste pas moins fabuleux et une petite photo pour l'éternité s'impose.

     12H00, Je pense que Pep's manque d'oxygène au cerveau quand je le vois monter une cuillère aux couleurs roses et vertes fluorescentes. Je me demande même s'ils le vendent ça...et pourtant la pêche n'est pas une science exacte, nous allons en avoir encore la preuve lorsque nous le voyons sortir son premier poisson avec ce leurre de foire.

    Ici les chevaux sauvages nous accompagnent sans sembler être perturbés par notre présence, on est vraiment dans un autre monde...

     12H15, Il est temps de prendre le chemin du retour en finissant la boucle du G.R. C'est à peine croyable, alors que je ne porte qu'un débardeur par cette journée chaude, nous arrivons a croiser des poches de neige encore gelées qui ne fondent même pas.

     13H10, Nous avons quitté les lacs et c'est au bord de la rivière la Têt, qui coule depuis le Lac des Bouillouses, que nous dégustons les casse-croûte pris à l'hôtel. Copieux repas constitué d'un taboulé agrémenté d'une tranche de jambon, d'une compote, d'une pomme, de deux petits pains, d'une pâte de fruit, d'une barre de céréales et d'un babybel.

     13H45, Je suis cette fois-ci équipé du fouet moi aussi comme le reste de l'équipe d'ailleurs. Je monte tranquillement un bas de ligne neuf avec une jolie mouche au corps vert et un dos en poil de chevreuil quand Lolo me dis, « Tu vas faire ce courant ». C'est un très beau courant qui coure doucement dans quatre-vingt centimètres d'eau, il longe trois gros troncs d'arbres couchés à cheval sur la rive et au dessus de la rivière. « Tu la fais passer juste devant, au bord, et fais gaffede ne pas attraper les branches dans l'eau en fin de courant... », tel son les conseils de Lolo avant que je lance ma mouche. Nous sommes le Samedi 22 Juin 2013 et je vais vivre la plus belle sensation de pêcheur à la mouche de ma vie.

     Pour être le plus discret possible je ne fais que deux faux lancers, juste assez pour sortir la soie nécessaire avant de poser délicatement la mouche. Je suis content de mon poser, il est doux et précis. Nous observons avec Lolo descendre ma mouche tranquillement lorsque monte de nulle part une truite phénoménalement grosse. Nous pensons d'abord à une bûche qui se serait décollée du fond, mais les points rouges et noirs qui décorent sa robe marron foncé ne laisse aucune place au doute. Elle monte presque au ralenti prendre ma mouche en surface, je la laisse replonger sans paniquer, même si je pense être en apnée à ce moment là, puis tends la soie doucement pour un ferrage en douceur. La soie glisse a m'en brûler les doigts, c'est maintenant au tour du moulinet de crier sa douleur alors que la truite prend le large à une vitesse folle. « JE SAUTE ! JE SAUTE ! », rien ne peut m'arrêter à ce moment là, je survole les trois troncs avec une légèreté absolue et saute à l'eau sans regarder s'il y a quatre-vingt centimètres d'eau ou un mètre cinquante. Par chance la hauteur d'eau ne dépasse pas mes cuissardes mais peu s'en faut. La belle essaie d'abord de regagner un tas de branches sur la rive opposée, j'arrive tant bien que mal à l'en dissuader. Puis elle plonge vers l'aval et le courant puissant, là encore j'arrive à être décisif, je crie à Lolo, qui est pourtant à trente centimètres de moi... « METS TOI DERRIERE POUR LUI FAIRE PEUR, QU'ELLE NE REDESCENDE PAS !! » . Notre tactique fonctionne, elle remonte en passant juste devant mes jambes. Pep's, qui finissait encore son casse-croûte quand j'ai commencé à pêcher, est à deux doigts de s’étouffer en voyant la bête. Elle tente maintenant à plusieurs reprises de passer sous une souche mais je la bride toujours avec bonheur. « AIE ! J'AVAIS PAS VU CETTE BRANCHE ! », elle a réussi à passer sous une branche immergée et a entourer le fil autour, Lolo essaie de m'en dépêtrer mais lorsqu'il il y parvient la belle s'est fait la malle...je rembobine mon fil doucement, j’attrape ma mouche dans la main et là je m'aperçois que l'hameçon s'est ouvert !?! Je n'en reviens toujours pas qu'elle ait réussi à tordre mon hameçon.

     Nous restons tous les trois un peu abasourdis par ce poisson, comment une telle truite peut-elle hanter une telle rivière ?

     14H00, Pep's, boosté par ce qui vient de se passer, pose à son tour sa mouche en tête du même courant. A la surprise générale, malgré le vacarme que je viens de réaliser, il en fait monter une aussitôt. Il relance en plein milieu de la rivière au cœur d'un courant très rapide et là encore il fait monter un poisson. Une autre truite se met a moucher sur la rive opposée. seul Lolo, équipé de waders, peut aller la pêcher. Il traverse, se met en position et commence à faire passer sa mouche au niveau du gobage. C'est au bout du sixième passage au moins que la truite se décide à monter, cette fois-ci le ferrage est une réussite. C'est un petit poisson qui est remis à l'eau aussitôt.

     Je me retrouve à mon tour au milieu de la rivière et commence à pêcher vers l'amont, il ne faut pas attendre longtemps pour que je ferre une petite truite de dix-huit centimètres environ. Ce courant est décidément exceptionnel.

     D'autres petits poissons viennent égayer les minutes qui suivent pour tous les trois. Ensuite nous faisons traverser Pep's pour qu'il soit du bon côté pour un gaucher et avec Lolo comme la veille nous alternons les postes sur notre rive. La rivière ici prend la forme d'un torrent de montagne, les coups sont rares, il se caractérise par des fenêtres de quelques centimètres entre des bouillons où la mouche ne pêche qu'une ou deux secondes quelques fois.

     Ce type de rivière n'est pas la tasse de thé de Pep's, c'est pourquoi lorsque nous réussissons enfin à le retrouver, des centaines de mètres plus en amont, nous décidons de rebrousser chemin pour pêcher bien plus bas en aval, où la rivière a un tout autre visage.

     16H45, Nous voici sur une portion de la Têt qui n'a plus rien à voir avec ce que nous venons de pêcher, ici la rivière serpente tranquillement au beau milieu de grands près, en plein découvert.

     Malheureusement à peine arrivés, un vent très fort se met a souffler et nous gène considérablement. Alors que nous avons laissé Pep's sur un plat profond des plus prometteur, Lolo et moi commençons quelques mètres plus en aval. Ici il n'y a que Pep's qui va prendre un peu de plaisir, seulement au début, sur ce grand pool , où il va faire monter plusieurs petits poissons, mais aussi une très belle truite qu'il va malheureusement rater...deux fois !

     19H30, Nous voici remontés jusqu'au niveau où nous avons garé la voiture. Vu que les truites ont l'air d'avoir complètement disparues de la rivière, nous décidons d'arrêter là notre pêche et d'aller prendre un bon repas au restaurant.

     20H30, Cette fois-ci un petit apéro ouvre les débats, trois Monaco et quelques olives nous ouvrent tranquillement l’appétit. Le repas est composé ce soir d'un potage maison, d'une paëlla et pour moi d'une assiette de fromage comme la veille, alors que les deux gourmands qui m'accompagnent, eux, se font plaisir avec une énorme part de tarte au myrtille.

     22H30, il est temps d'aller se coucher maintenant. Nous avons décidé pour demain de pêcher l'Aude qui longe le chemin du retour, si l'on redescend par la route de Quillan.

     00H15, après avoir discuté un bon moment avec Lolo dans nos lits respectifs, nous nous rendons compte qu'il est plus que temps de dormir si nous voulons être opérationnels demain matin à 06H00.

 

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     06H00, Le temps est encore sublime ce matin, même si je m'aperçois que la température est fraîche, lorsque je prends une photo de la vue depuis notre chambre.

     08H00, Le petit déjeuner est pris, les chambres et autres casse-croûte sont réglés, c'est avec un grand soleil mais un petit pincement au cœur que nous quittons ce lieu exceptionnel.

     08H15, alors que nous patientons derrière la navette, derrière seule laquelle nous sommes autorisés à circuler, nous nous étonnons du bulletin météorologique que nous avons lu à la réception de l'hôtel. Il annonce de la pluie et des températures qui tournent autour de cinq ou six degrés pour toute la journée, alors qu'il fait un grand soleil et déjà une dizaine de degrés.

     08H45, Nous sommes maintenant sur la D60 en direction d'Axat, nous comprenons rapidement qu'ils ne se sont finalement pas trompés sur le bulletin météo-France car les nuages nous recouvrent maintenant et la température a chuté vertigineusement. La D118 qui longe l'Aude dans ses gorges nous laisse un goût amer, car c'est une rivière en crue, un torrent sale, qui nous accompagne. Les kilomètres ont beau s'enfiler, il faut se faire à l'idée qu'elle n'est pas pêchable dans cet état là. Il ne nous reste qu'un mince espoir, c'est celui d'une petite rivière qui porte le nom de Rébenty, elle coule au pays de Sault, quelques kilomètres plus en aval.

     10H00, Miracle ! Nous apercevons ce joli ruisseau qui coule des jours paisibles sous une végétation luxuriante. Ces eaux sont d'un niveau tout à fait normal et sa couleur légèrement trouble est tout à fait à notre goût. Nous respirons mieux car nous pensions que la journée était perdue pour la pêche.

     10H15, Nous essayons à tour de rôle de toucher un poisson. Pep's et moi avons opté pour le lancer léger, Lolo comme à son habitude est resté fidèle au fouet. Au bout de quelques minutes, Pep's à droit à la première petite attaque, mais le poisson ne se pique pas. Nous décidons de nous séparer et de nous étaler le long de la rivière, espacés de quelques centaines de mètres.

     10H40, Je sors ma première truite du Rébenty, c'est un petit poisson de dix-huit centimètres environ, sa robe grise argentée est sublime. Cinq minutes plus tard je ferre un nouveau poisson, plus grand celui-là, il mesure vingt-trois centimètres. Pep's me rejoint quelques minutes plus tard, il a aussi pris deux poissons de taille quasi similaire. Nous rejoignons Lolo qui à un peu moins de réussite en sèche, il faut dire que les conditions météo ne jouent pas en sa faveur.

     12H30, Alors que Lolo parvient tout de même a faire monter un poisson sur un courant magnifique qui lèche un muret en pierre, nous sentons bien que les dernières minutes de pêche sont là...

     14H00, C'est à Campagne-sur-Aude que Lolo a choisi de nous faire manger, afin de découvrir le fief de notre guide de pêche préféré, Yannick Rivière. Il est d'ailleurs présent quelque part sur la rivière puisque nous découvrons sa voiture sur le parking où nous sommes attablés. Un de ses collègues nous explique d'ailleurs qu'il est en pleine démonstration, plus en amont, avec un client Australien.

     17H00, Nous sommes revenus à Coursan où depuis quelques kilomètres à peine nous avons retrouvé un temps estival. Après avoir laissé Lolo et l'avoir remercié encore pour ce superbe week-end, je reprends la route pour ramener Pep's, cette fois-ci, à Jacou. C'est chose faite vers 18H00, où nous attend impatiemment maman avec un large sourire.

     19H00, J'arrive à mon tour à la maison et c'est un accueil bien chaleureux que je reçois quand je retrouve mes chéries.

 

     Il va sûrement falloir laisser passer quelques jours, pour que le goût amer de la fin d'un tel week-end, puisse passer. Mais combien faudra t-il de nuits, pour que le fantôme de cette truite fabuleuse, arrête de me hanter... ?