Comme chaque année, c'est avec un mélange de joie et d'amertume que nous nous retrouvons au bord de l'eau pour aborder la fermeture de la truite en première catégorie. C'est devenu une tradition depuis une paire d'années, et j'espère pour longtemps, faire la fermeture avec Lolo dans les gorges de la Vis.     C'est un mélange de randonnée, sortie VTT et pêche. En effet, l'accès à ces parcours se fait d'abord par une descente en VTT sur quelques kilomètres, puis il faut crapahuter tout au long de la partie de pêche dans des endroits plus fréquentés par les sangliers que par les pêcheurs. Le retour est toujours épique et un grand moment de sport !

 

 

     08H20, je suis un peu en avance au point de rendez-vous. Lolo, vient de me prévenir qu'il aurait quelques minutes de retard. J'en profite pour m'équiper mais aussi pour finir mon petit déjeuner avec ces quelques mûres magnifiques qui décorent ce roncier si peu abordable.

 

     08H45, lolo vient d'arriver, il s'équipe à son tour et nous prenons par précaution une veste et un imperméable, même si pour l'instant il fait beau avec une température fraîche mais agréable.

 

     09H00, nous voici prêts à partir pour l'aventure lorsque nous commençons à sentir quelques gouttes alors que le soleil est là et le ciel presque tout bleu... Il en faudrait bien plus pour nous arrêter de toute façon, nous posons donc pour la photo traditionnelle et enclenchons les premiers tours de roues. Quelques minutes plus tard, après avoir contourné la première montagne qui nous bouchait quelque peu la vue, nous comprenons pourquoi ces quelques gouttes et pensons que nous avons bien fait de prendre vestes et imperméables. Ici le ciel est chargé de nuages gris et un léger arc-en-ciel nous montre le chemin.

 

     09H30, il nous aura fallu trente minutes de descente vertigineuse pour rallier le point où nous laissons les vélos à l'abri et où débute vraiment la session de pêche. Lolo veut découvrir la rivière plus en amont, nous décidons donc de remonter celle-ci jusqu'au niveau où nous nous sommes arrêtés l'année dernière.

 

     10H00, cette fois la pêche commence ici ! Lolo change sa tenue de sport pour celle de pêcheur, pendant ce temps je m'essaie à quelques lancers sur ce premier courant. La rivière est ici aussi très belle, même si son niveau est exceptionnellement bas. Les postes s'enchaînent en ce début de journée mais les poissons restent invisibles. Rien au lancer, rien à la mouche et rien non plus dans l'eau qui se promène. Les conditions ne semblent pas être réunies pour faire une grande partie de pêche aujourd'hui sachant qu'en plus elles se dégradent à une vitesse folle.

 

     13H00, nous décidons de manger un morceau sur cette fin de pool qui nous permettra peut-être de voir sortir quelques truites où apercevoir, l'espoir fait vivre, un gobage. Le vent devenant si violent et la température ayant dégringolé, nous enfilons avec hâte veste et même imperméable pour ma part qui fera un très bon coupe vent.

 

     15H00, alors que je n'ai attrapé que deux petits poissons, Lolo fait à son tour monter deux truites coup sur coup dans le même courant. Un regain d'activité qui ne sera malheureusement qu'un pétard mouillé. Il faudra encore attendre trente minutes pour apercevoir enfin le premier gobage de la journée. Une petite truite vient de monter plusieurs fois juste devant nous, même si le poisson est plus que modeste, par les temps qui courent nous ne bouderons pas notre plaisir de le leurrer. Je filme d'ailleurs cette prise en direct qui ne restera pas comme un poisson trophée...Mais est-ce que le plaisir ne doit pas en être aussi fort ? N'est-ce pas ça l'essence même de la pêche...réussir à leurrer le poisson, quelque soit sa taille ou sa nature ?

 

     16H00, nous avons compris depuis longtemps que ce ne serait pas une fermeture exceptionnelle, nous nous penchons sur un autre problème qui va être de trouver une trouée, dans cette végétation plus qu'épaisse, qui nous permettra de regagner le GR qui se trouve, nous l’espérons quelques quarante ou cinquante mètres au dessus de nos têtes. Nous avons déjà fait un essai infructueux quelques centaines de mètres plus en aval, mais maintenant il est temps de trouver un accès car si nous devons rebrousser chemin par l'eau jusqu'à notre point de départ,la nuit accompagnera nos derniers pas...

 

     16H15, nous trouvons non sans mal une porte de sortie qui nous ramène sur un sentier qui rejoint lui-même le GR. La route du retour nous semble longue mais qu'aurait-elle été si nous avions rebroussé chemin...

 

     17H00, nous avons rallier le point de départ où nous attendent sagement nos vélos. Un dernier petit lancer, un dernier regard pour ces paysages magnifiques que nous ne reverrons que l'année prochaine.

 

     18H00, une dernière bise à Lolo et nous prenons chacun notre route. Difficile de ne pas s'arrêter une dernière fois plus en aval... Les postes de pêche sont tous occupés par de nombreuses voitures, je dois donc me résigner à tenter ma chance sur un parcours qui se situe en toute fin de rivière, juste avant que celle-ci ne se jette dans le fleuve Hérault. Ici, les truites bien moins nombreuses, côtoient les poissons blancs dominants. J'arrive tout de même à ferrer une dernière petite Fario d'une vingtaine de centimètres qui va pouvoir maintenant passer quelques jours paisibles sans la présence de pêcheurs.

 

 

     Si cette journée ne fût pas une réussite au niveau de la pêche, elle en reste quand même un grand moment de partage, de bonne humeur, de loisirs et de découverte. Qu'elle chance de pouvoir partager une même passion avec son frère. Frérot..., la Vis...à bientôt !